OL-OM: Samia Ghali demande à Gérard Collomb «de dissoudre les Bad Gones», groupe de supporters «violents et fascistes»

FOOTBALL La sénatrice des Bouches-du-Rhône Samia Ghali vient de demander au ministre de l’Intérieur Gérard Collomb « de dissoudre les Bad Gones ». Elle porte également plainte, pour injures et diffamation, contre ce groupe de supporters de l'OL ayant rédigé un tract insultant Marseille…

Jérémy Laugier

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Le Kop Virage Nord du Parc OL, dans lequel se trouvent les Bad Gones, dimanche lors du match entre Lyon et Marseille.
Le Kop Virage Nord du Parc OL, dans lequel se trouvent les Bad Gones, dimanche lors du match entre Lyon et Marseille. — Jérémy Laugier/20 Minutes
  • Le groupe de supporters lyonnais des Bad Gones s’est distingué dimanche, avant OL-OM, en distribuant dans son virage un tract insultant envers Marseille.
  • De nombreuses réactions ont suivi depuis deux jours, à commencer par Jean-Michel Aulas, qui a pointé « un tract odieux et inadmissible ».
  • La sénatrice des Bouches-du-Rhône Samia Ghali vient même de porter plainte contre ce groupe de supporters pour injures et diffamation.
  • Elle a également envoyé un courrier à Gérard Collomb pour lui demander « de dissoudre les Bad Gones ».

Lorsque des polémiques embrasent le monde des virages et des ultras en France, elles ne mettent jamais bien longtemps à être suivies de récupérations politiques. Dans ce registre, Samia Ghali, sénatrice des Bouches-du-Rhône et maire des 15e et 16e arrondissements de Marseille, aura du mal à être détrônée au sujet de l’actualité du dernier OL-OM (4-2).

Deux jours après qu'un tract (distribué avant le match) insultant envers Marseille a enflammé les réseaux sociaux et est tombé dans la spirale médiatique, les Bad Gones, principal groupe de supporters lyonnais, sont vivement pointés du doigt de toutes parts. Historiquement proche d’eux, Jean-Michel Aulas avait dès dimanche soir regretté « un tract odieux et inadmissible ».

« Des provocations incessantes et un racisme coupable »

Samia Ghali est allée beaucoup plus loin ce mardi, en portant plainte pour injures et diffamation contre ce groupe de supporters et en envoyant un courrier au ministre de l’Intérieur (et grand suiveur de l’OL), Gérard Collomb. Dans celui-ci, la sénatrice demande à l’ancien maire de Lyon de « dissoudre le groupe des Bad Gones dont les provocations incessantes et leur racisme coupable sont en train de tuer le supporterisme ainsi que l’image d’ouverture et de tolérance des Lyonnais ».

« Vous ne pouvez pas, en tant que ministre de l’Intérieur, laisser un groupe de supporters si violents et fascistes en toute impunité », insiste également Samia Ghali dans ce courrier.

Une banderole anti-Ch’tis 2.0 ?

Il est évidemment délicat d’estimer le nombre d’extrémistes dans ce Kop Virage Nord du Parc OL (6.000 membres). Mais de là à vouloir à ce point généraliser une sanction en s’appuyant sur le salut nazi d’un individu (d’ores et déjà exclu à vie du stade par le club) mercredi dernier à Manchester, et sur un tract initié par quelques membres du noyau dur des Bad Gones…

« Je maintiens que ce sont des cas individuels, assure Xavier Pierrot, stadium manager de l’OL dans Le Parisien. On travaille petit à petit à exclure les fauteurs de troubles. Cela prend du temps. A chaque fois qu’il y a des incidents, on exclut des personnes. On espère avoir fait le plus gros du ménage. Régulièrement, la justice ne suit pas forcément avec des condamnations et la fermeté nécessaire. On a besoin d’actes forts de ce point de vue. »

« Les Bad Gones ont décidé depuis quelques années déjà d’afficher leur racisme, leur homophobie et leur pensée fascisante dans les travées de leur stade et à l’extérieur », persiste et signe la maire des 15e et 16e arrondissements de Marseille. 10 ans après la banderole anti-Ch'tis sortie par les Boulogne Boys avant PSG-Lens, les supporters du virage nord lyonnais peuvent à leur tour redouter des sanctions exemplaires.