Ligue 1: Les OL-OM sont-ils particulièrement violents? Avant le choc, les supporters se jaugent

FOOTBALL Avant le choc de ce dimanche (21 heures) au Parc OL, on a interrogé des supporters lyonnais et marseillais sur l'antagonisme qui les oppose depuis plusieurs saisons...

Jean Saint-Marc (avec Jérémy Laugier)

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Des supporters marseillais et lyonnais, la saison dernière, en Ligue Europa.
Des supporters marseillais et lyonnais, la saison dernière, en Ligue Europa. — SIPA
  • La rivalité entre l'OL et l'OM est jugée « un peu factice » par les supporters des deux camps.
  • L’opposition entre les deux clubs est récente et a été montée en épingle par les dirigeants et les médias sportifs, à commencer par le terme d'Olympico lancé par Canal +.
  • Il n’empêche que des faits de violence émaillent régulièrement les matchs entre les deux équipes, même si ce dimanche (21 heures), les Marseillais seront (encore) privés de Parc OL.

Ils ont connu des destins européens contrastés, cette semaine. Ils se regardent en chiens de faïence avant de se retrouver en Ligue 1, ce dimanche (21 heures) au Parc OL. Ils ne sont d’accord sur rien et, pourtant, ils se retrouvent sur l’essentiel. On a tenté de mettre d’accord supporters lyonnais et marseillais.

>> D’accord sur un point : l’Olympico n’est pas un derby.

« C’est une rivalité un peu factice, un peu imposée de l’extérieur, et en tout cas très récente », note Boris, abonné chez les Ultras marseillais. « C’était le rêve de Jean-Michel Aulas de créer cet antagonisme, pour exister », abonde Omar Keddadouche, président de l’ASC Vivaux Sauvagère et grand supporter de l’OM.

« C’est naze de parler d’Olympico, mais ça reste un des matchs les plus attendus de la saison, nuance Richard, abonné dans un virage lyonnais. Il y a aujourd’hui une rivalité sportive puisqu’on joue les places à 40 millions d’euros avec eux, donc ça exacerbe le truc ! »

« Chaque année, maintenant, la réception de l’OL au Vélodrome est un match noté sur mon agenda », reconnaît Boris. Le mot de la fin (du paragraphe) pour le rappeur Sat l’Artificier :

C’est assez récent, ça, le fait de se passionner pour le match contre Lyon. Faut pas se raconter de conneries : c’est parce que le titre est promis au PSG, alors Lyon et Marseille mettent un peu de piment en Ligue 1.

>> Oui, il y a eu un passage de relais… A jamais les premiers VS le king des années 2000.

Les supporters aiment beaucoup l’histoire. Ils aiment beaucoup chambrer, aussi. « Même quand ils marchaient sur la Ligue 1, dans les années 2000, ils n’étaient pas soutenus en dehors du Rhône. Alors que l’OM, même en Super D2, a toujours rempli les stades et les parcages », se marre Omar Keddadouche. Passons en vitesse sur la victoire de l’OM en Ligue des champions 1993, sujet qui escagasse les Lyonnais. Richard, par exemple, note un « deux poids, deux mesures » : « On n’envie pas leur popularité ! OK, leur parcours en Ligue Europa l’an dernier était formidable. Mais l’année précédente, les médias n’en faisaient pas des tonnes avant notre demi-finale contre l’Ajax ! »

Sat l’Arficier démine : « A la fin de l’époque Dreyfus, l’OM avait perdu sa place dans le haut de la hiérarchie, on était un peu sortis des écrans radars. Au contraire, la régularité des Lyonnais en haut de tableau est spectaculaire ! » Comme la violence des chocs entre les deux clubs ?

>> Les OM-OL sont-ils violents ?

Pour interdire le déplacement des Marseillais à Décines, ce week-end, le préfet du Rhône a fait une liste de « troubles » longue comme le bras. On y croise pêle-mêle une violente baston sur un péage vauclusien, en 2013 ou… « le jet de nombreuses boulettes de papier par les Lyonnais en direction du terrain », en janvier 2016. Face à cette orgie de violence, on a demandé l’avis de nos supporters.

Olivier, ancien habitué du virage sud marseillais, se souvient d’une soirée « un peu chaude » à Gerland, lors de la saison 2001-2002. « Les anciens groupes du virage sud nous ont balancé pas mal de projectiles, des pierres, des pièces de monnaie… Rien de dramatique mais il y avait aussi eu un gros mouvement de foule ce soir-là ! »

« Franchement, je me sentais plus menacé au Parc des Princes qu’à Lyon, affirme Omar Keddadouche. Au Parc, mon voisin de stade avait reçu un bout de sanitaire sur la tronche, il avait fini chez les pompiers. Par contre, à Lyon, on voit des trucs malsains : j’ai vu des saluts nazis, des croix celtiques, j’ai entendu des cris de singe… »

Un salut nazi a été filmé mercredi dans le parcage lyonnais, après la victoire face à Manchester City. L’OL va d’ailleurs « exclure à vie » ce supporter de l’enceinte de Décines. « Quand l’OM se déplace, provoquer sur le thème de l’extrême droite, c’est quelque chose qui marche très bien pour faire partir les choses en vrille », note Boris, du Commando Ultra.

Les provocs… Ça ne vaut pas seulement pour les Lyonnais, d’ailleurs. « C’était parfois chaud dans l’ancien Vélodrome… Il y a plus de pression que dans tous les autres stades », répond, en miroir, Richard. « Dans les tribunes marseillaises aussi, on a nos fatigués, nos fondus du cerveau », conclut Sat l’Artificier.