OL-OM: «Tract odieux» du virage nord, chasse aux supporters marseillais, que s’est-il vraiment passé dimanche à Lyon?

FOOTBALL L’arrêté préfectoral interdisant le déplacement des supporters marseillais, dimanche au Parc OL pour l’affiche entre Lyon et l’OM (4-2), n'a vraiment pas eu l’effet escompté…

Jérémy Laugier

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Très remonté contre les supporters marseillais présents dans les tribunes latérales, le virage nord s'est aussi distingué par un tract qui a choqué Jean-Michel Aulas.
Très remonté contre les supporters marseillais présents dans les tribunes latérales, le virage nord s'est aussi distingué par un tract qui a choqué Jean-Michel Aulas. — Jérémy Laugier/20 Minutes
  • Malgré le nouveau succès majeur de son équipe, dimanche contre l’OM (4-2), Jean-Michel Aulas était très remonté contre certains de ses supporters.
  • Sont notamment en cause un tract du virage nord insultant Marseille et le comportement de certains ultras se lançant dans une chasse aux supporters de l’OM, présents au Parc OL malgré un arrêté préfectoral.

Lorsque Florian Thauvin a égalisé (1-1, 39e), dimanche à Lyon, il a entendu une telle clameur s’élever du Parc OL qu’il a stoppé sa célébration pour chercher le parcage de supporters marseillais. En vain car un arrêté préfectoral interdisait leur venue dans le Rhône pour cette affiche de Ligue 1 remportée par l’OL (4-2). Plusieurs dizaines de fans de l’OM ont pourtant réussi à acheter des places de manière individuelle et étaient dispersés un peu partout dans les tribunes latérales de l’enceinte de Décines. Il y a alors eu jusqu’à la mi-temps une étrange impression de « mini-Besiktas » dimanche.

A savoir des gestes de provocation de supporters marseillais fêtant ce but sans retenue et des mouvements de foule dans les deux virages lyonnais, de nombreux ultras locaux cherchant à chasser « les intrus » du soir. Certains fans de l’OM ont rapidement été exfiltrés par le personnel du stade. Malgré une augmentation de 10 % du nombre de stadiers pour ce sommet par rapport au dispositif classique, même dans un stade prévu 100 % lyonnais pour l’occasion, des incidents ont éclaté durant quelques minutes, notamment dans les coursives du Parc OL. Un blessé léger était à déplorer dimanche soir, et davantage d’interpellations à en croire un Jean-Michel Aulas très remonté sur le sujet.

« Ces gens-là n’ont pas idée de la détermination que j’ai »

« Il y a eu des interpellations en flagrant délit et les personnes arrêtées, qu’elles soient de Marseille ou de Lyon, seront sévèrement sanctionnées par la justice, indique le président lyonnais. 99 % de nos supporters sont formidables. Mais moins d’1 % se sont distingués par des gestes que je n’ai absolument pas appréciés après le premier but marseillais. Ces gens-là veulent exister par ce biais mais ils n’ont pas idée de la détermination que j’ai pour que ça cesse. »

Pointant « des comportements déviants » et rappelant le huis-clos quasiment officiel lors de la prochaine rencontre de Ligue des champions contre le Shaktar Donetsk [le 2 octobre, même si l’OL a effectué un dernier recours devant le Tribunal arbitral du sport], JMA n’a pas connu une soirée sereine, malgré l’emballant succès de son équipe.

« Ce tract n’est pas diffamatoire en tant que tel »

Car il a également été alerté d’un tract distribué par le virage nord avant la rencontre, et visant de manière vulgaire l’OM. Dans celui-ci, il y est en effet question « d’une ville sale », « d’un club de donneurs de leçons », « d’un accent insupportable » et « d’ultras prétendument antiracistes mais plus sûrement anti-français ». Le tout en concluant par le refrain d’un chant de virages tristement célèbre : « Marseille est une ville où règne le sida ».

« Ce tract odieux est inadmissible et totalement inapproprié », peste Jean-Michel Aulas, qui s’est empressé d’initier un communiqué du club afin de « déplorer une telle initiative ». D’après ses dires, le dirigeant de l’OL a même été prêt à se mettre à dos son principal groupe de supporters (les Bad Gones) en lançant une action en justice. « Si j’en avais la possibilité, j’aurais porté plainte parce que ce tract tente de discréditer un club ayant une image formidable auprès de tous les clubs européens, précise-t-il. Mais il n’est pas diffamatoire en tant que tel. »

« Il ne faut pas se laisser déborder par une frange extrémiste »

Un habitué du virage nord est formel : « Ces tracts insultant Marseillais et Stéphanois sont réguliers. C’est juste qu’avant les réseaux sociaux, leur existence ne sortait jamais du virage. Maintenant, ça fait le tour du monde en 30 secondes ». Qualifié de « comportement n’ayant rien à faire dans un stade de foot » par Bruno Genesio, ce texte des Bad Gones a contribué à tendre encore davantage les relations entre supporters lyonnais et marseillais sur les réseaux sociaux dimanche.

Et donc à rendre JMA plus déterminé que jamais : « Je ferai en sorte que tout ça ne se reproduise plus. Il ne faut pas se laisser déborder par une frange extrémiste ». Quatre jours après l’affaire du salut nazi d’un supporter à Manchester, le président lyonnais doit se dire que la fête ne peut décidément pas être totale, malgré une brillante semaine sur le terrain.