OL: Pourquoi les virages lyonnais ne se sont pas débarrassés de tous leurs «supporters radicaux»

FOOTBALL La procédure disciplinaire ouverte par l’UEFA contre l’OL, notamment pour « comportement raciste », interpelle quant à la situation des virages de supporters lyonnais…

Jérémy Laugier

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Des affrontements ont éclaté jeudi avant OL-CSKA Moscou entre  des supporters et les forces de l'ordre. ROMAIN LAFABREGUE
Des affrontements ont éclaté jeudi avant OL-CSKA Moscou entre des supporters et les forces de l'ordre. ROMAIN LAFABREGUE — AFP
  • Sous le coup d’une exclusion avec sursis des compétitions européennes, l’OL risque gros avec la nouvelle procédure disciplinaire ouverte par l’UEFA après Lyon-CSKA Moscou jeudi.
  • « Le comportement raciste » de certains supporters évoqué par l’UEFA pose de nombreuses questions quant à ces virages lyonnais, réputés d’extrême droite depuis très longtemps.

« Nous sommes sur un tel niveau de détail et de rareté que je n’ai pas l’impression que ça nous amène une image négative. » En novembre 2015, le stadium manager de l’OL, Xavier Pierrot, qualifiait ainsi auprès de 20 Minutes, les actes de violence et de racisme constatés dans les virages lyonnais. La procédure disciplinaire ouverte par l’UEFA contre l’OL, notamment pour « comportement raciste », lors du match contre le CSKA Moscou ce jeudi, pourrait clairement changer la donne.

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Le club a vite condamné via un communiqué « de tels agissements honteux provenant de quelques individus isolés ». Des débordements qui pointent les difficultés à maîtriser pleinement la vie de son propre stade. « Il peut y avoir des ratés mais le club fait le nécessaire au niveau des tribunes, assure un membre actif d’un groupe de supporters lyonnais. Il est hyper vigilant quant à son image, je n’ai aucun doute là-dessus. »

« Il est connu qu’une frange de supporters lyonnais est d’extrême droite »

A ce sujet, Xavier Pierrot précisait fin 2015 la véritable priorité, toujours d’actualité depuis l’arrivée au Parc OL : « Nous organisons des matchs avec une règle absolue imposée : pas de politique à l’intérieur du stade. Nous ne sommes pas là pour faire le ménage dans les jeunesses identitaires à Lyon ». Les virages lyonnais ont historiquement eu une dimension politique forte et assumée.

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« Il est connu qu’une frange de supporters lyonnais est d’extrême droite, explique à l’AFP Nicolas Hourcade, sociologue spécialiste des supporters. Les Bad Gones sont devenus un groupe plus institutionnel et affichant son apolitisme. A côté de ça se sont développées des franges plus réduites de supporters radicaux. » Si les groupes semblent résolus à traîner « à vie une réputation de droite aux yeux des autres clubs », ont-ils vraiment évolué vers l’apolitisme ?

« Les noyaux durs des principaux groupes restent nationalistes »

« Notre discours est très clair : on refuse toute intrusion politique que ce soit au sein de notre groupe et on sanctionne tous les dérapages », assurent les Lyon 1950, contactés mardi par 20 Minutes. Ce groupe majeur du virage sud n’a pas hésité à virer l’un de ses membres il y a quelques mois en raison d’un geste raciste.

Les extrémistes ne sont-ils pour autant plus que parmi les groupes d’indépendants comme la Mezza Lyon (virage sud) ? « Il ne faut pas se voiler la face, les virages se sont bien assagis mais les noyaux durs des principaux groupes, au nord comme au sud, restent nationalistes, nuance un abonné de longue date. Si les saluts nazis de supporters de l'OL évoqués par l'UEFA sont avérés, cela ne serait pas la première fois à Lyon. »