FC Nantes: Pourquoi Claudio Ranieri est tenté par le projet lyonnais

FOOTBALL L'entraîneur nantais doit faire ses valises en juin prochain...

David Phelippeau

— 

Claudio Ranieri.
Claudio Ranieri. — DAMIEN MEYER / AFP
  • Claudio Ranieri n'envisage pas faire une année de plus au FC Nantes.
  • Ses relations avec le président Kita sont cordiales, mais quasi inexistantes.
  • L'Italien serait tenté par le défi lyonnais s'il se concrétise.

La liste des entraîneurs sous l’ère Kita va s’enrichir d’un nouveau nom dans les semaines à venir. En comptant les intérimaires (Larièpe et Mao) et Michel Der Zakarian une seule fois (rappelé en 2012 après 2007-2008), le président nantais va choisir son 13e coach en 11 ans. Comme 20 Minutes l’annonçait il y a un mois, Claudio Ranieri ne fera pas son année de contrat restante.

>> A lire aussi : FC Nantes: Sélection italienne ou pas, Claudio Ranieri devrait quitter la Jonelière en mai

Samedi, Presse Océan évoquait la piste lyonnaise. Une information que 20 Minutes confirme, même si néanmoins rien n’est acté.

En attendant, le technicien a déjà fait son choix de ne pas poursuivre à Nantes. Autopsie d’une décision prise depuis un certain temps par Claudio Ranieri.

Parce qu’au bout d’un mercato, il a compris qu’il ne s’inscrirait pas sur la durée à Nantes. A l’inverse de Girard, Ranieri est un diplomate. Il n’aime pas, n’est pas d’accord, mais il dit sa contrariété tout en rondeur. Fin du mercato de l’été dernier, Ranieri n’avait pas caché son insatisfaction de ne pas avoir obtenu les joueurs qu’il avait érigés en priorité à certains postes. Paroles de l’époque : « Le président a fait le maximum. […] Je voulais certains joueurs qui ont dit non. Puis d’autres encore ont dit non, donc à la fin j’ai dit oui à tout le monde [sous-entendu, aux joueurs proposés par Kita]. » Ranieri n’avait finalement choisi que Tatarusanu et Pallois et avait validé du bout des lèvres : Krhin, Girotto, El Ghanassy ou Coulibaly.

Avant le mercato de janvier, il aurait même expliqué très clairement au président Kita qu’il n’accepterait aucun joueur de son réseau (estival) d’agents pour le mercato hivernal tant certaines recrues (dont elles étaient issues) l’avaient déçu…

Parce qu’il sait que la direction n’apprécie pas son mode de fonctionnement. Entre Kita et Ranieri, les relations ne sont pas mauvaises. Elles sont cordiales, mais quasi inexistantes. Ranieri et son staff italien vivent en « autarcie » sportive. A juste titre, le président nantais leur reproche d’ailleurs de ne pas du tout s’intéresser aux jeunes du centre de formation (contrairement à Conceição et son staff présents quasiment à chaque match de la réserve). Mi-février, dans un long entretien à Ouest-France, il avait exhorté son coach à « communiquer et faire vivre la culture du club ».

La direction estime aussi que le coach italien - qui a toutefois installé le FCN dans le Top 6 depuis plusieurs mois - a bénéficié du travail et de l’élan de son prédécesseur Sergio Conceição. La comparaison avec l’entraîneur portugais ne s’arrête pas là. Kita regrette le manque d’interventionnisme et de travail de Ranieri et son staff au quotidien. Les allers-retours fréquents de l’Italien entre Nantes et Rome ont souvent crispé Kita. D’autant plus quand on sait que le Mister touche plus de 300.000 euros par mois… Le départ de Ranieri dans deux mois et demi ne devrait pas « traumatiser » le président nantais, déjà en phase de réflexion pour la succession.

>> A lire aussi : FC Nantes: Qui sont les deux hommes de l'ombre qui ont «fait» le mercato cet été?

Parce qu’il a des ambitions plus importantes. Il s’en est vite rendu compte cet été lors du mercato. Le président Kita ne possède pas les moyens financiers permettant de rivaliser avec les mastodontes français (sur la scène nationale). A 66 ans (67 en octobre prochain), Ranieri sait que le temps est compté pour qu’il prenne en charge un projet sportif d’un club d’envergure. A Nantes, il a dû rapidement comprendre qu’il ne pourrait pas aller plus haut qu’une 5 ou 6e place…

Parce que la sélection italienne devrait lui échapper. C’était son rêve. Selon toute vraisemblance, il ne se réalisera pas. Claudio Ranieri espérait avoir la Squadra Azzura, mais il ne semble pas être la priorité des instances italiennes. Au fil de la saison, sa communication sur ce dossier a été parfaitement orchestrée. Jusqu’à faire acte de candidature fin février.

>> A lire aussi : FC Nantes: Claudio Ranieri voit l'Italie lui filer sous le nez

Parce que Jean-Michel Aulas l’adore. La scène avait immortalisé par les caméras de Canal + fin août lors de la venue de Lyon à la Beaujoire (0-0). Jean-Michel Aulas avait dit à Claudio Ranieri tout le bien qu’il pense de lui : « J’aurais aimé un jour pouvoir travailler avec un grand monsieur comme toi… »

Un contact a bien été établi entre les deux parties. Aulas a fait de Ranieri sa priorité. Le Mister envisagerait - si ce dossier se concrétise - de partir avec deux de ses deux fidèles adjoints (l’adjoint principal Paolo Benetti et le préparateur physique Andrea Azzalin). L’entraîneur des gardiens de but Paolo Orlandoni n’accompagnerait pas le trio, mais privilégierait une nouvelle aventure en Turquie qu’il a déjà vécue.

Dimanche, Ranieri a évacué d’un revers de la main le sujet lyonnais en conférence de presse : « Je veux parler de ce que vous écrivez. Il n’y a rien. Et même s’il y avait quelque chose, je ne dirais rien de toute façon ! Avant, on parlait de la sélection italienne, maintenant c’est un club, puis un autre… Je suis à Nantes, ok ? » Reste à savoir pourtant qui s’occupe actuellement de la gestion du recrutement et de la préparation estivale de la future saison…