FC Nantes: «Peut-être qu'il faut que je parte oui...», avoue Najib Gandi, éternel espoir du club

FOOTBALL Le milieu de terrain de 23 ans a goûté de manière fugace au haut niveau en début de saison, mais il a totalement disparu depuis…

David Phelippeau

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Najib Gandi, le 15 octobre, à Bordeaux.
Najib Gandi, le 15 octobre, à Bordeaux. — NICOLAS TUCAT / AFP
  • La seule titularisation avec les pros de Najib Gandi date d’octobre 2017, une piteuse élimination à Tours (3-1).
  • Ce milieu de terrain, arrivé à Nantes en 2010, n’a pratiquement jamais eu sa chance en pro.

On ne l’entend jamais, on ne le voit jamais. Et cela fait presque 8 ans que ça dure. Najib Gandi, milieu de terrain professionnel de 23 ans, est arrivé à la Jonelière en 2010. Deux ans plus tard, il passe professionnel. Les saisons passent, les entraîneurs aussi, mais l’ancien pensionnaire du centre de formation de Toulouse ne perce jamais. Jusqu’à ce début de saison 2017-2018 sous les ordres de Ranieri. Le milieu de terrain relayeur fait 5 apparitions en L1 puis est titularisé en Coupe de la Ligue lors du « désastre » à Tours (3-1) en octobre. Depuis, il a totalement disparu des radars. Najib Gandi, très marqué par un deuil familial récent, explique les raisons de sa « disparition » et celles de sa carrière qui ne décolle pas.

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Comment vivez-vous cette saison ?

Je la vis bien et mal. Le positif, Claudio Ranieri est le seul qui m’a fait jouer. C’est la première fois que j’ai pu évoluer en L1. Je la vis mal car tout footballeur veut jouer plus. J’ai eu des phases difficiles. Il faut l’accepter c’est comme ça.

Qu’appelez-vous des « phases difficiles » ?

J’ai perdu des proches. J’ai dû m’absenter. Je suis tombé un peu malade et je me suis blessé souvent.

Quel souvenir gardez-vous de votre dernier match avec les pros à Tours ?

Un très mauvais souvenir. On perd contre les derniers de Ligue 2. C’est la première fois que j’étais titulaire. J’en parle encore avec mes collègues. Ils savent que je l’ai encore en travers de la gorge ce match.

Pourquoi n’avez-vous jamais réussi à vous imposer à Nantes ?

On me dit que j’ai des qualités pour, pourtant. Avec Ranieri, je n’ai pas vraiment joué mon poste donc je ne pouvais pas montrer mes qualités premières. Je ne sais pas pourquoi je ne m’impose pas. Peut-être qu’il y a meilleur que moi ?

On dit souvent de vous que vous ne vous faites pas violence ?

C’est ce qu’on me dit oui. Peut-être que c’est ma nature. En début de saison, j’ai joué car je me suis fait violence sans doute. Mais, comme on dit, le naturel revient toujours au galop.

Mais c’est une réalité ou une impression ?

Moi, je trouve que je fais les efforts. Peut-être que je ne fais que les efforts offensifs, et pas les défensifs. On m’a de toute façon toujours reproché de jouer plus les coups offensifs que défensifs.

Vous auriez pu partir l’été dernier ?

On en a parlé avec mon agent. J’ai souhaité rester avec ce coach pour progresser. Peut-être que des nouvelles couleurs m’auraient fait beaucoup de bien.

Quel championnat européen vous plairait ?

L’Espagne. J’aime quand ça joue au ballon. Peut-être aussi parce que ça ne défend pas beaucoup là-bas… (rires)

Quitter ce cocon nantais ne vous serait-il pas profitable ?

Je suis bien ici, mais peut-être qu’il faut que je parte oui… Je pense que je suis plus proche d’un départ [il est en fin de contrat en juin] même si ce n’est pas ce que je souhaite.

Avez-vous connu des saisons aussi galères que celle que vous vivez depuis votre arrivée en 2010 ?

En CFA, j’ai connu des saisons où je ne jouais plus du tout. Mais, là, c’est plus difficile car j’ai goûté à la Ligue 1… puis je me suis retrouvé hors groupe. Après, je me suis retrouvé en N3, je me suis blessé, je suis tombé malade…

Vous pensez que vous allez réussir un jour au plus haut niveau ?

Je vais percer, je le sais. Pourquoi ? Parce que c’est ce que je veux et c’est ce que mon père souhaitait. Son vœu était que je joue en Ligue 1. J’ai joué. Et avant de partir [il est décédé il y a quelques semaines], il m’a dit que j’allais percer donc je vais percer. Je le sais, je le sens. Ça va prendre du temps, mais ça arrivera.

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Si vous partez cet été, vous resterez une énigme pour tous les observateurs nantais…

Un anonyme… Ou un mystère si je réussis ailleurs. Car si je ne réussis pas ailleurs, ils diront que c’est normal.

Ranieri a dit de vous en début de saison : « Najib, il faut le bouger un peu car sa niaque il l’a laissée à la maison ! ». Vous en pensez quoi ?

Ça m’a servi de leçon car j’avais mis plus de niaque après à l’entraînement. C’est ce qui m’a fait un peu jouer je pense… Après, j’ai eu des malheurs… Le groupe s’est refermé. C’est la vie. Mais, avec ce coach, j’apprends beaucoup. J’aimerais bien connaître un joueur qui n’a pas appris avec cet entraîneur. Surtout mentalement.

Prenez-vous du plaisir au quotidien ?

Franchement oui. Le groupe est exceptionnel. Après, dans ma tête c’est toujours difficile. Quand on perd des proches, on ne rigole pas. Mon corps, ça va, ça tient.