Supporters: L'OL n'est «pas là pour faire le ménage dans les jeunesses identitaires à Lyon»

FOOTBALL Le « stadium manager » et le responsable des relations avec les supporters de l’OL sont revenus pour « 20 Minutes » sur les incidents impliquant des supporters lyonnais depuis quelques mois…

Jérémy Laugier

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Le club lyonnais préfère souligner la fidèle ferveur du virage nord de Gerland que les débordements impliquant ces derniers mois des indépendants situés dans le virage sud.
Le club lyonnais préfère souligner la fidèle ferveur du virage nord de Gerland que les débordements impliquant ces derniers mois des indépendants situés dans le virage sud. — JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP

Depuis l’arrivée de Jean-Michel Aulas à la tête de l’OL et la création des Bad Gones, en 1987, le club lyonnais n’a pas toujours eu des relations apaisées avec ses supporters. La dissolution du groupe de la Cosa Nostra (Virage Sud) en 2010, par décret du ministère de l’Intérieur, en est l’exemple le plus criant. Dans ses deux derniers mois de relation avec l’OL, Gerland va vivre deux rendez-vous explosifs cette semaine, face au Zenit Saint-Pétersbourg ce mercredi (20 h 45) puis son dernier derby contre l’ASSE dimanche (21 heures), marqué par l’absence de déplacement officiel de supporters stéphanois.

Le stadium manager de l’OL Xavier Pierrot loue « un rapport de confiance dans les deux sens », entre les supporters et Jean-Michel Aulas. Une situation favorisée par la stricte procédure mise en place par le club. « On sait tout ce qui va se passer dans les tribunes à l’avance, jusqu’à la moindre banderole que les groupes souhaitent déployer. On leur demande de faire valider les textes par le club avant le match », confie Florian Charrel, responsable des relations avec les supporters de l’OL.

Les indépendants de la Mezza Lyon dans le viseur

Il n’en demeure pas moins que des pseudo-supporters ont fait parler d’eux vendredi, comme en juin dernier, en signant des tags d’insultes au siège de l’ASSE, à la boutique et au centre d’entraînement. L’OL précise ce mardi, via un communiqué, qu’il s’associe à la plainte du club stéphanois en se portant partie civile. Le 12 septembre face à Lille, une banderole « Refugees not welcome » brièvement apparue au cœur du virage sud avait déclenché l’indignation. « Nous avons une complexité dans le virage sud en raison de la présence d’indépendants qui ne sont reconnus par aucun groupe de supporters et encore moins par l’Olympique Lyonnais. Ils ont réussi à détourner notre vigilance, ce qui arrive de temps en temps », admet Xavier Pierrot.

S’affichant en tant que Mezza Lyon sur les réseaux sociaux, « la petite vingtaine » d’auteurs de la banderole étaient « cagoulés » et donc non reconnaissables à Gerland ce jour-là. « A mon sens, ils ne viennent pas régulièrement au stade, et même de moins en moins », annonce Florian Charrel. « C’est simple, on les connaît, ils sont identifiés nominativement, complète Xavier Pierrot. Mais pour interdire l’accès au stade à quelqu’un, il n’y a que deux solutions. Soit le club décide "à la parisienne" de faire du refus de vente, soit on attend que la préfecture prenne une interdiction administrative de stade ou qu’il y ait réellement un incident avec identification entraînant une procédure judiciaire. C’est notre politique plutôt légaliste. »

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Xavier Pierrot : « Nous sommes sur un tel niveau de détail et de rareté »

Ces indépendants de la Mezza Lyon étaient-ils également à l’origine, le 4 avril à Guingamp, d’une chanson aux paroles racistes à l’encontre de Clinton Njie, publiée par la suite sur Youtube ? « Il y a gros débat là-dessus. Pour moi, il n’y a que quatre ou cinq personnes qui prononcent le mot "noir" et tout le parcage dit "nul" dans la chanson. Si je l’avais entendu, je serais intervenu », assure Florian Charrel, qui était dans le parcage ce jour-là.

Interrogé sur la véritable volonté de l’OL de faire le ménage, le « stadium manager » de l’OL répond fermement : « Nous ne faisons pas le travail de la société civile, policière ou judiciaire mais nous organisons des matchs avec une règle absolue imposée : pas de politique à l’intérieur du stade. Nous ne sommes pas là pour faire le ménage dans les jeunesses identitaires à Lyon ». Et ce avant de relativiser ces agissements : « Nous sommes sur un tel niveau détail et de rareté que je n’ai pas l’impression que ça nous amène une image négative. Les gens retiennent plus les tifos d’hommage à Gerland et le Ahou… »