ASSE-OM: «On ne peut pas jouer en marchant»… Pourquoi ce frustrant nul va servir à Marseille pour la deuxième place

FOOTBALL Les Olympiens ont mené à deux reprises vendredi dans le Chaudron avant d'y lâcher de précieux points...

A Saint-Etienne, Jérémy Laugier

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Ici cerné par Mathieu Debuchy et Neven Subotic, Dimitri Payet n'a pas trouvé la faille vendredi.

Ici cerné par Mathieu Debuchy et Neven Subotic, Dimitri Payet n'a pas trouvé la faille vendredi. — PHILIPPE DESMAZES / AFP

  • Pour la première fois depuis deux mois, l’OM a lâché des points en Ligue 1 contre une équipe hors Top 4, vendredi à Saint-Etienne.
  • Un coup d’arrêt qui pourrait servir de leçon aux partenaires de Dimitri Payet dans leur lutte pour cette fameuse deuxième place.

Les deux orgies offensives enchaînées en cinq jours contre Metz (6-3) et à Bourg-en-Bresse (0-9), ne pouvaient servir de référence significative à l’OM. Les partenaires de Dimitri Payet en ont bien la preuve depuis leur nul (2-2), vendredi à Saint-Etienne, qui constitue la première véritable contre-performance marseillaise en 2018. Ce coup d’arrêt, après une série de huit succès et d’un nul (2-2) contre l’AS Monaco lors des neuf derniers matchs officiels, pourrait bien servir aux Phocéens pour trois raisons, dans leur quête de deuxième place.

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Les relâchements coûtent cher. La lutte avec l’AS Monaco et l’OL promet d’être acharnée jusqu’au bout pour déterminer le qualifié direct en Ligue des champions. Déjà coupable d’une fin de match bâclée contre Metz (6-3) la semaine passée, l’OM est retombé dans ses travers à Saint-Etienne. Et cette fois avec de vraies conséquences, comme le regrette Rudi Garcia.

« Nous ne sommes pas allés chercher la victoire. On ne peut pas gagner un match en jouant la seconde période comme nous l’avons fait. On ne peut pas jouer en marchant. Ce n’est pas suffisant pour nous. Nous nous sommes endormis. Il n’y avait plus de mouvement. Il faut continuer à serrer les boulons et redescendre sur terre. »

Un petit coup de gueule qui en dit long sur les ambitions marseillaises. « Ce match nul est un petit rappel à l’ordre, poursuit le capitaine Dimitri Payet, qui reconnaît que son équipe « a un peu baissé le pied » dans le Forez. « On s’est un peu relâché, on ne jouait plus trop, confie de son côté Valère Germain. On n’a pas fait assez individuellement pour remporter ce match. On a énormément de qualités dans ce groupe mais on n’est pas le Real Madrid ou Barcelone. Quand on n’est pas à 100 %, on ne gagne pas. »

Tout ne se jouera pas que sur les confrontations directes. Le constat de Valère Germain peut donc aussi s’appliquer aux rencontres face aux équipes moyennes de L1. Dans ces rendez-vous-là, l’OM est impressionnant de régularité depuis longtemps, avec aucun point laissé en route sur les deux derniers mois avant vendredi, et même seulement deux nuls à Bordeaux et Montpellier depuis mi-octobre. Les Marseillais auraient-ils donc pris cette ASSE convalescente (12e) à la légère, surtout après le deuxième but de Morgan Sanson (1-2, 20e) ?

Sans doute un peu à en croire Dimitri Payet. « Ça nous montre que rien ne nous sera donné, glisse le milieu offensif de l’OM. Il nous faut être au même niveau chaque week-end. » Malgré la forme incroyable de Florian Thauvin (6 buts sur les 6 derniers matchs), reparti de Saint-Etienne en boitant sérieusement, le « courant alternatif » (dixit Rudi Garcia) ne suffira pas pour éviter les pièges de certains rendez-vous a priori moins cruciaux d’ici mai.

L’OM doit se retrouver une solidité défensive. « Les Stéphanois n’étaient pas dangereux », insiste Rudi Garcia. Certes, mais face à un Romain Hamouma aussi insaisissable que souvent maladroit dans le dernier geste, la défense marseillaise ne s’est pas montrée bien rassurante vendredi. Adil Rami a été mystifié par l’attaquant de l’ASSE sur un premier but conclu par un Kévin Monnet-Paquet absolument seul face à Steve Mandanda (1-1, 9e). L'égalisation de Robert Beric (2-2, 74e) met en lumière la passivité de Yohann Pelé et de Bouna Sarr sur le coup.

« Les deux buts encaissés ne sont pas admissibles », admet l’entraîneur d’un OM ayant tout de même pris 7 buts lors des 3 dernières rencontres de Ligue 1. Jusque-là, la défense marseillaise (29 buts) tient encore la comparaison avec celle de l’OL (28) et de l’AS Monaco (26). Mais la déchirure aux ischio-jambiers de Steve Mandanda pourrait être un symbolique coup dur.