Coupe du monde de rugby: Sayonara! Le XV de France s'incline d'un coude contre les Gallois et est éliminé du Mondial

RUGBY Le XV de France s'est incliné face au pays de Galles en quarts de finale de la Coupe du monde 2019

William Pereira

— 

Virimi Vakatawa n'aura pas suffi
Virimi Vakatawa n'aura pas suffi — Christophe Ena/AP/SIPA

De notre envoyé spécial au Japon,

Si proches, et pourtant si loin. Le XV de France s’est incliné d’un point (20-19) contre le Pays de Galles en quarts de finale de la Coupe du monde 2019. D’un point, d’un poing, ou plutôt d’un coude, celui de Sébastien Vahaamahina, venu secouer la tête de Wainwright et les espoirs des Bleus avec, quand tout allait si bien eux. Imprenables en première mi-temps, ces derniers n’auront donc pas fait mieux que lors du Tournoi des 6 nations en s’inclinant au bout de l’histoire. Fin du voyage pour Jacques Brunel et Guilhem Guirado.

Champions du monde de première mi-temps

19-10 à la pause. C’était moins qu’au Stade de France au mois de février, mais qu’importe. Le XV de France a fait parler son savoir-faire en termes d’entame en collant coup sur coup deux essais à la 5e (Vahaamahina) et à la 7e minute (Ollivon) aux Gallois. Comme dirait l’autre : meilleure défense du monde ou pas, « m’en bats les couilles ». Son savoir-faire en distribution et emballage de cadeaux, aussi, comme ce ballon paumé par un Guirado sans soutien qui permet à Wainwright d’aplatir et immédiatement réduire le score. Petite nouveauté ceci dit : après avoir été quasi-rejoints à 12-10, ils ont cette fois été en mesure de remettre un peu de gaz. Les leaders ont réussi à calmer les feu follets tentés de… tenter le diable en première main pour les remettre dans le cadre. Récompense immédiate puisque Vakatawa, idéalement servi par Penaud en offload, inscrit un troisième essai à la demi-heure de jeu. Sans en-avant rageant, l’essai de Guirado n’aurait pas été invalidé et les Français auraient même pu repartir au vestiaire avec un matelas encore plus épais.

Pas ça, Vahaa… Pas maintenant…

A ce moment du match, un constat et une question : les Bleus sont un gros ton au-dessus du pays de Galles, mais seront-ils capables d’éviter l’inéluctable seconde période pourrie ? Car celles-ci sont, depuis le début du Mondial, le pendant négatif de nos entames idéales. Absent de la feuille de match, Sofiane Guitoune parlait en début de semaine d’un plan anti-panique au cas où les joueurs seraient pris d’une crise de jambes en cotons. Ils auraient dû aussi en prévoir un au cas où le cerveau de Sébastien Vahaamahina se débrancherait. Auteur d’un vilain coup de coude sur Wainwhright, logiquement sanctionné d’un carton rouge à la 48e, le Clermontois a ruiné tout le boulot abattu auparavant. Un geste d’une stupidité et d’un égoïsme sans nom auquel la petite accolade d’excuses à Guirado en quittant la pelouse ne changera rien : la France est réduite à 14 jusqu’à la fin du match. Merci Seb.

Et à la fin, c’est la France qui perd

Idée de pitch pour le prochain rôle de Tom Cruise : tenir un avantage de neuf points pendant une demi-heure en infériorité numérique. Impossible ? Difficile, en tout cas. D’autant que l’affaire est très mal embarquée. Immédiatement mis sous pression, les Bleus concèdent une pénalité que Biggar ne se prive pas de convertir pour revenir à six points. Moins d’un essai transformé. L’étau se resserre. Les organismes sont à bout. A l’heure de jeu, Poirot, Slimani et Ollivon tirent la langue, leurs jambes pèsent dix tonnes, alors les Gallois appuient là où ça fait mal. Des passes, des temps de jeu longs, on élargit à droite, on revient à gauche, ça finira bien par craquer, qu’ils doivent se dire, les Gatland-guys. Mais ceux de Brunel sont coriaces. A la 68e Vakatawa est encore dans les cinq mètres gallois dans l’espoir d’aller chercher l’essai du break. Il ne viendra pas. Celui de Moriarty, en revanche, s’abat comme la foudre sur les têtes françaises. Biggar transforme, les Gallois sont devant pour la première fois du match. La seule fois qui compte. C’est quand le gong sonne que l’on fait des comptes. Cette équipe de France est championne du monde des premières mi-temps, mais pour elle, le vrai Mondial s’arrête là, en quarts.