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RugbyAttention danger ! L’Irlande pourrait pourrir le Mondial du XV de France

Irlande - France : Attention danger ! Ces Irlandais pourraient pourrir la Coupe du monde des Bleus

RugbyMalgré un match très correct, la France a subi la loi de l’Irlande samedi (32-19) lors de la deuxième journée du Tournoi des VI Nations. En attendant les retrouvailles lors du Mondial ?
François Cros et le XV de France ont subi la loi de l'Irlande, ce samedi à Dublin, lors de la 2e journée du Tournoi des VI Nations.
François Cros et le XV de France ont subi la loi de l'Irlande, ce samedi à Dublin, lors de la 2e journée du Tournoi des VI Nations. - Peter Fitzpatrick / Action Plus / Shutterstock / Sipa / Sipa
Nicolas Stival

Nicolas Stival

L'essentiel

  • L’Irlande a confirmé son statut de meilleure équipe mondiale samedi à Dublin, en dominant la France (32-19) dans un match de très haut niveau.
  • Le XV au Trèfle a encore impressionné par la maîtrise de son rugby et sa faculté à mettre l’adversaire sous pression.
  • Versés dans la poule A de « leur » Coupe du monde avec la Nouvelle-Zélande, les Bleus pourraient croiser les Verts (poule B, avec l’Afrique du Sud et l’Ecosse) dès les quarts de finale, cet automne au Stade de France, si l’une des deux formations termine première de son groupe, et l’autre deuxième.

De notre envoyé spécial à Dublin,

La phrase est prononcée par Anthony Jelonch dans les entrailles de l’Aviva Stadium, après le superbe combat gagné par l’Irlande, n° 1 mondiale, face à la France, sa dauphine (32-19). Elle peut paraître paradoxale. Pourtant, on voit tout à fait ce que le 3e ligne veut dire, et ça en est un peu effrayant, quand on sait que les Bleus risquent de se coltiner les Verts cet automne, dès les quarts de finale de « leur » Coupe du monde : « On prend 30 points, mais on n’est pas loin. »

« On n’a pas à rougir de cette défaite », poursuit dans la même veine le tracteur gersois, avant de donner la clé de cette « finale » du Tournoi des VI Nations disputée dès la deuxième journée : « Ils nous ont fait jouer chez nous, on a bien défendu mais au bout d’un moment on a craqué. »



Car c’est ça l’Irlande. Une terrible machine à étouffer l’adversaire, avec un jeu au pied oppressant, même quand l’équipe est privée de titulaires du calibre de Sheehan, Furlong, Gibson-Park et Henshaw, tous blessés. Une machine qui sanctionne l’adversaire sur quasiment chaque errance – lorsque la France laisse trop de munitions en route – et semble lancée en klaxonnant sur la route d’un quatrième Grand Chelem, après 1948, 2009 et 2018.

Beaucoup mieux qu’en Italie, mais pas suffisant

Et pourtant, Dieu sait que les Bleus ont redressé la barre, six jours après la triste copie rendue à Rome, malgré la victoire (24-29). La discipline ? Le nombre de fautes est passé de 18 à 7 (avec quand même un carton jaune en prime pour Atonio), soit le même total que lors du succès contre le XV du Trèfle l’an passé à Saint-Denis (30-24). La défense ? Les Bleus ont réussi 92 % de leurs plaquages, la palme revenant au 2e ligne Thibaud Flament (28 sur 28 !). La conquête a assuré aussi.

Mais les hommes de Fabien Galthié ont énormément subi près de leur ligne et n’ont dû qu’à leur abnégation de ne concéder « que » quatre essais, dont le dernier assassin de Garry Ringrose (72e). « Jusqu’à ce moment, on est dans la partie et il y a match, lâche le sélectionneur français. On n’est pas loin. Si on marque les points dans nos temps forts, ce n’est pas la même histoire. »

Avec des « si », son équipe serait repartie de Dublin avec une 15e victoire de rang, le statut honorifique de n° 1 planétaire, et une vue presque dégagée sur un deuxième Grand Chelem d’affilée.


Les statistiques de l'un des plus beaux matchs de ces dernières années.
Les statistiques de l'un des plus beaux matchs de ces dernières années. - Sofascore / 20 Minutes

« « Nous avons fait un match costaud dans tous les secteurs mais il y a encore des détails à régler si on veut accrocher la première équipe mondiale, lâche Romain Ntamack, œil noir et mâchoire serrée. On a tenu le choc pendant 80 minutes. Cependant, on est amochés, alors que j’ai l’impression qu’ils peuvent jouer deux jours encore. Mais ils ont disputé trois ou quatre fois moins de matchs que nous à ce stade de la saison. » »

A en croire Galthié, Antoine Dupont était tellement éreinté d’avoir couru et malaxé de l’Irish stew sur la pelouse de l’Aviva Stadium que le capitaine, pas ailleurs victime d’un « coup au ventre », n’a même pas pu venir causer à la presse, comme le protocole le veut… On en revient au débat sur l’avantage dans ce domaine du rugby des provinces (notamment du Leinster, principal pourvoyeur de l’équipe nationale, avec les automatismes qui vont avec), où les internationaux sont bien plus ménagés que dans notre éreintant Top 14. Sans oublier que l’Irlande avait joué le samedi, pour sa promenade à Cardiff (10-34), ce qui lui donnait un jour de récup' de plus que la France.

Une préparation salvatrice ?

La donne aura changé au moment d’attaquer la Coupe du monde (8 septembre - 28 octobre) puisque les Bleus auront deux mois et demi pour se préparer au plus grand défi de leur carrière. Ceci dit, les Irlandais ne vont pas passer leur été à prendre des coups de soleil à Narbonne Plage…

Au fait, ils en disent quoi, les héros du jour, de cette démonstration face une équipe qui les avait battus lors des trois face-à-face précédents ? « Même si on a gagné et qu’on finit avec cinq points, je n’ai jamais senti qu’on était à l’aise », assure le capitaine et buteur Jonathan Sexton, que ses 37 ans et un physique de plus en plus réticent n’ont pu porter au-delà de la 48e minute.

Bientôt un record pour Johnny Sexton

« Mais quel match ! » a aussi lâché le futur recordman du nombre de points dans le Tournoi (il n’est plus qu’à 7 points des 557 de son compatriote Ronan O’Gara). Le sélectionneur Andy Farrell qualifie cette partie de « titanesque ». « C’est notre force de caractère qui nous permet de gagner : le combat, la volonté de se battre les uns pour les autres, de montrer l’unité et notre esprit. On voulait le montrer à tout le monde du rugby. »

Ce dernier ne doutait déjà pas un instant des qualités d’une équipe que l’on imagine mal stoppée par l’Italie, l’Ecosse (quoi que, à Murrayfield…) ou l’Angleterre, même si tous les Bleus passés devant la presse s’étaient donné le mot pour émettre cette hypothèse et entretenir l’espoir.

A moyen terme, l’Irlande est même LA grande favorite du prochain Mondial, une compétition où elle n’a encore jamais atteint les demi-finales. « Tôt au tard, on aura un [nouveau] match à jouer face à eux », prophétise Gaël Fickou. Si c’est en quart le 14 ou 15 octobre à Saint-Denis, on ne vous promet pas de miser notre Livret A sur le centre tricolore et les siens.

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