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Vous avez aimé le jeu des Bleus ? Profitez-en, ça risque de ne pas durer

Irlande-France : Vous avez (quand même) aimé le jeu des Bleus ? Profitez-en, ça risque de ne pas durer

RugbyLes Français ont régalé, surtout en première mi-temps, ce samedi en Irlande. Mais ils ont perdu, et Fabien Galthié aurait aimé davantage de jeu au pied
Nicolas Stival

Nicolas Stival

L'essentiel

  • L’équipe de France a subi sa première défaite depuis l’été 2021 face à la meilleure nation du monde, presque injouable chez elle (32-19).
  • Habituellement plus pragmatiques, les Bleus ont tenté beaucoup de tenir le ballon beaucoup plus souvent qu’à l’accoutumée, un choix stratégique pas toujours compris par Fabien Galthié et même le coach irlandais

De notre envoyé spécial à Dublin,


Cette action, survenue à la 18e minute d’un fabuleux Irlande – France (32-19) va rester dans la légende des Bleus, comme l’essai du bout du monde aplati par Jean-Luc Sadourny en Nouvelle-Zélande en 1994 (enfin dans les compiles youtube tout du moins). D’un ballon tout pourri de Romain Ntamack à Thomas Ramos dans ses propres 22 mètres, Damian Penaud a fait de l’or, avec la complicité de son arrière, qui l’a servi dans un geste peu académique, puis d’Anthony Jelonch, au relais du pur-sang auvergnat (et futur Bordelais).

80 mètres plus loin, Penaud inscrivait son 22e essai en Bleu, transformé par Ramos pour donner 6 points d’avance à son équipe (7-13). Un (très) bien pour un mal ? C’est presque ce qu’on a traduit des paroles de Fabien Galthié, une fois la première défaite de son équipe depuis l’été 2021 consommée.



« Il aurait fallu davantage taper, jouer haut en première mi-temps », a regretté le sélectionneur, qui a évoqué une histoire de « ressenti ». « L’essai de Damian a fait penser que c’était possible de marquer beaucoup d’essais comme ça. »

Finalement, la splendide réalisation n’a pas fait de petits pendant le match, alors que les Irlandais ont aplati quatre fois dans l’en-but français, sans compter les fois où un corps bleu (celui de Cyril Baille souvent) les a empêchés de convertir leur domination territoriale et physique. Cliniques, comme toujours.

« On s’est un peu trop exposés » selon Fickou

Si Galthié avait annoncé avant le début du Tournoi la fin de la dépossession à outrance (autrement dit, des grands coups de tatane pour dégager son camp), il ne souhaitait pas forcément que ses joueurs poussent le curseur tout à l’opposé. « J’ai été un peu surpris par la façon dont ils ont attaqué le match dans la première demi-heure, a d’ailleurs commenté son homologue irlandais Andy Farrell. A quel point ils ont joué au milieu de terrain. D’habitude, ils sont plutôt très pragmatiques. »

A multiplier les passes après contact, parfois très audacieuses, les Bleus ont régalé le public et les téléspectateurs, mais ils se sont « un peu trop exposés », pour reprendre les mots de Gaël Fickou. Et ils ont paumé des munitions précieuses dans leur camp, qui ont abouti in fine, entre autres, au carton jaune de Uini Atonio (24e) ou à la pénalité du 22-16 signée Jonathan Sexton juste avant la mi-temps, après un ballon relâché devant sa ligne par Anthony Jelonch, qui ne s’attendait pas à le recevoir.

« En fait, on voulait aller jouer chez eux, mais ils nous ont vraiment perturbés dans ce domaine », confesse le 3e ligne des Bleus. Romain Ntamack poursuit sur le même registre : « On se fait contrer trois ou quatre fois, ils nous ont empêchés de sortir de chez nous », relève l’ouvreur.

Ramos, un match contrasté

Comme sur le dégagement contrarié de Thomas Ramos, lors du renvoi irlandais qui suit l’essai de Penaud, et qui amène le très bel essai de James Lowe (20e). Pourtant convaincant dans son rôle de buteur (14 points dont un drop, un seul échec sur 5 tentatives), l’arrière a d’ailleurs prématurément laissé sa place à Matthieu Jalibert (62e minute) par vraiment un spécialiste du poste. « Nous avions besoin de longueur au pied et de fraîcheur », a argumenté Galthié.

Il ne serait pas étonnant que le sélectionneur relance un autre Toulousain, Melvyn Jaminet, titulaire du poste lors du Grand Chelem 2022 mais hors du groupe ce samedi, dans 15 jours contre l’Ecosse. Un arrière moins « frisson », mais plus adapté à un jeu de dépossession et tout aussi fiable que Ramos devant les perches.

Vous avez adoré le match de cet après-midi, malgré la fin d’une série bleue de 14 victoires d’affilée ? On espère que vous en avez profité. Pas sûr qu’on revoit ce type d’envolées aussi grisantes que périlleuses dans un prochain match à enjeu. Un France – Irlande en quart de finale de Coupe du monde par exemple ?