Passer au contenu principalPasser à l'en-têtePasser au pied de page
On décrypte les situations litigieuses de France - Argentine

Finale France - Argentine : « Arrêtons de chercher des excuses », un ancien arbitre décrypte les situations litigieuses

FOOTBALLLa finale de la Coupe du monde 2022 a été marquée par plusieurs situations très litigieuses auxquelles a dû faire face Szymon Marciniak, l’arbitre polonais de la rencontre
Adrien Max

Adrien Max

L'essentiel

  • L’Argentine a remporté la finale de la Coupe du monde 2022 dimanche au Qatar en s’imposant face à l’équipe de France (3-3, 4-2 t.a.b.).
  • L’arbitre polonais de la rencontre Szymon Marciniak est critiqué pour son arbitrage.
  • L’ancien arbitre de Ligue 1, Philippe Malige décortique pour 20 Minutes ces quatre actions litigieuses.

Après le seum belge, le seum anglais et le seum marocain, place au seum français. Difficile lendemain de défaite ce lundi, après le sacre de la bande à Lionel Messi dimanche au Qatar, malgré les exploits de Kyky. Et comme pour chaque perdant, ou presque, déjà beaucoup de polémiques sur l’arbitrage du polonais Szymon Marciniak, crédité d’une note de 2 dans L’Equipe, mais d’un 7.5 pour un média argentin. L’ancien arbitre professionnel Philippe Malige revient pour 20 Minutes sur quatre situations polémiques, tout en prévenant dès le départ : « Il faut arrêter de chercher des excuses à notre défaite ».

Dembélé fait-il faute sur Di Maria ?

La moitié de la première mi-temps n’était pas encore jouée qu’un penalty était déjà sifflé pour l’Argentine. Comme par hasard, tiens, tiens. L’Argentine bénéficie depuis le début du tournoi de penalties parfois généreux, et à voir Di Maria s’écrouler, on s’est dit que c’était encore un coup de la Fifa pour titrer la Pulga. Sauf que Dembélé ne doit jamais se jeter sur la première feinte de l’Argentin, parce que défendre par derrière mène souvent à la catastrophe.

L’avis de Philippe Malige : « A vitesse réelle, je suis plutôt d’accord avec l’arbitre, j’avais aussi l’impression qu’il y avait contact. Et en regardant les ralentis, je n’arrive pas à savoir s’il y a contact, ou pas contact. Mais à partir du moment où il y a léger contact, il y a contact, et donc penalty. Toutes les actions de but sont revisionnées par le VAR, et s’ils ne l’ont pas appelé, c’est qu’ils estiment qu’il n’y avait pas d’erreur manifeste. La procédure a été respectée. »


Dembélé au contact avec Di Maria dans la surface lors de la finale entre la France et l'Argentine.
Dembélé au contact avec Di Maria dans la surface lors de la finale entre la France et l'Argentine.  - Capture d'écran beIN Sports

Otamendi méritait-il le rouge pour sa faute sur Kolo Muani (78e) ?

Les Argentins mènent deux buts à zéro, il ne reste qu’une dizaine de minutes à jouer et on sait déjà que Messi va soulever le seul trophée qui lui manque. C’est sans compter sur l’entrant Kolo Muani, qui parvient à prendre le dessus sur Otamendi pour filer au but après une ouverture de Mbappé. Mais le malin Argentin déséquilibre l’attaquant avant qu’il n’ait le temps de tirer. Penalty. Une petite victoire déjà, mais le banc des Bleus se précipite sur le 4e arbitre pour réclamer un carton rouge. Sauf qu’Otamendi ne sera même pas averti.

L’avis de Philippe Malige : « En réalité, la notion de dernier défenseur n’a jamais existé, c’est la notion d’annihilation d’occasion nette de but qui rentre en compte. Sur le coup, ça ne m’a pas choqué que Szymon Marciniak ne donne pas de carton. La règle, c’est que, dans la surface, il n’y a plus de double peine. Avant, c’était penalty et carton rouge, maintenant, c’est plutôt jaune si l’action est dans la surface, rouge si c’est en dehors de la surface. Il y a aussi la notion d’intention de toucher le ballon qui rentre en jeu. »



Randal Kolo Muani s'effondre dans la surface après une faute d'Otamendi.
Randal Kolo Muani s'effondre dans la surface après une faute d'Otamendi.  - Capture d'écran beIN Sports

Szymon Marciniak annule une contre-attaque française (90+7)

Un criminel. C’est le meilleur qualificatif qui nous vient lorsqu’on repense à ce coup de sifflet de Szymon Marciniak à la toute fin du match, alors qu’il ne reste plus que 30 secondes dans le temps additionnel. Coman récupère le ballon à l’entrée de la surface des Bleus et se projette vite vers l’avant. Mais Acuna lance un tacle décollé pour tuer la contre-attaque dans l’œuf. Le joueur du Bayern parvient tant bien que mal à se relever pour pousser son effort, mais l’arbitre polonais siffle la faute et avertit Acuna. Mbappé et Kolo Muani étaient pourtant lancés vers le but adverse, avec un seul défenseur adverse visible, et un autre hors-champ.

L’avis de Philippe Malige : « Globalement, je trouve qu’il a fait un arbitrage remarquable en matière de gestion des événements. Mais, s’il y a une chose qu’il n’a pas trop bien faite, c’est d’avoir coupé cet avantage. Peut-être n’avait-il pas le bon champ de vision, ou un champ de vision pas assez étendu, pour voir la position de contre-attaque. Il a sifflé trop vite, techniquement il aurait dû attendre et revenir à la faute.


Coman tente de se relever pour poursuivre la contre-attaque, mais Szymon Marciniak siffle faute.
Coman tente de se relever pour poursuivre la contre-attaque, mais Szymon Marciniak siffle faute.  - Capture d'écran beIN Sports


Le deuxième but de Messi était-il valable (110e) ?

On a d’abord cru à une position de hors-jeu. Puis à un sauvetage miracle de Koundé sur sa ligne. Mais que nenni, le troisième but argentin inscrit par Messi a bien été validé par Szymon Marciniak. Alors qu’il n’aurait pas dû l’être parce que deux remplaçants argentins étaient sur la pelouse au moment ou Messi poussait le ballon du pied droit. Ces intrusions constituent une violation de la loi 3, alinéa 9 de l’Ifab (International Football Association Board) qui régit ce sport : « Si, après qu’un but est marqué, l’arbitre se rend compte avant la reprise du jeu qu’une personne supplémentaire était sur le terrain au moment où le but a été marqué : l’arbitre doit refuser le but si la personne supplémentaire était : un joueur, un remplaçant, un joueur remplacé, un joueur exclu ou un officiel de l’équipe qui a marqué le but ; le jeu doit reprendre par un coup franc direct à l’endroit où se trouvait la personne supplémentaire. »

L’avis de Philippe Maligne : « Il y a une différence entre la théorie et la pratique. Effectivement s’il y a plus de 11 joueurs sur le terrain, un coup franc doit être sifflé contre le ou les joueurs en trop. Mais, déjà, il faut le voir, et je pense qu’il ne s’en est pas rendu compte sur le coup. Moi-même je m’en suis rendu compte que ce [lundi] matin. Et de toute façon, la présence de ces joueurs n’influe en rien le jeu. Je suis à la fois supporteur et arbitre et je pense qu’il faut arrêter de chercher des excuses à notre défaite. »



Deux joueurs argentins sont sur le terrain au moment ou Messi pousse la ballon dans le but.
Deux joueurs argentins sont sur le terrain au moment ou Messi pousse la ballon dans le but.  - Capture d'écran beIN Sports

Y avait-il main d’Upamecano avant le deuxième penalty français (115e) ?

Sur une vidéo qui a fait surface ce lundi matin sur les réseaux sociaux, on voit le défenseur de l’équipe de France, Dayo Upamecano, toucher assez grossièrement de la main le ballon sur un centre de Coman. Dans la foulée, Mbappé récupère le ballon et tire. Le défenseur argentin Montiel détourne le ballon du coude et Szymon Marciniak indique le point de penalty. Mais, si Upamecano fait bien une main comme sur la vidéo, le penalty aurait dû être annulé. Sauf qu’en revisionnant l’action sous différents angles, on se rend compte qu’à aucun moment Upamecano ne touche le ballon de la main, mais de la tête, avec effectivement un mouvement de bras qui semble accompagner la trajectoire du ballon.


L’accès à ce contenu a été bloqué afin de respecter votre choix de consentement

En cliquant sur« J’accepte », vous acceptez le dépôt de cookies par des services externes et aurez ainsi accès aux contenus de nos partenaires.

Plus d’informations sur la pagePolitique de gestion des cookies


L’avis de Philippe Malige : « Je me méfie maintenant de toutes ces vidéos qui sortent et qui peuvent être des fake très bien faits, surtout avec les moyens techniques de nos jours. Sur la vidéo, la main est vraiment énorme et je serais très surpris que ce soit passé à travers. A moins que ce soit Gilbert Montagné au VAR, sinon ce n’est pas possible de passer à travers ça. Et, d’une manière générale, je me méfie des ralentis, qui peuvent être trompeurs. Est-ce que l’arbitre n’a pas donné assez de cartons ? Je préfère envisager sa prestation globalement et je trouve que les trois décisions importantes qu’il a prises [les trois penalties] semblent se justifier. Il a gardé la maîtrise, et n’a pas influencé le résultat, alors qu’il avait une énorme pression, en matière d’enjeu, d’ambiance. Et à chaque Coupe du monde, des nouvelles consignes sont dictées, et mis à part le match entre l’Argentine et les Pays-Bas, les arbitres n’ont donné que très peu de cartons ».