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Menacés par les talibans, sept snowboardeurs afghans débarquent en France

Menacés de mort par les talibans, sept snowboardeurs afghans débarquent en France

ASILEAprès avoir fui leur pays il y a plus d’un an, grâce à l’aide du snowboardeur professionnel français Victor Daviet, ils ont pu rejoindre Paris lundi
Jérémy Laugier

Jérémy Laugier

L'essentiel

  • En janvier 2022, le snowboardeur professionnel Victor Daviet avait raconté à 20 Minutes l’extradition « irréelle » de l’équipe afghane de snowboard, menacée de mort par les talibans, qu’il avait coorganisée.
  • Neuf mois plus tard, parmi les 14 athlètes afghans, âgés de 19 à 24 ans, sept d’entre eux ont enfin pu rejoindre Paris lundi.
  • Ceux-ci vont effectuer leur demande d’asile, alors que l’association Snowboarders of solidarity (SOS) cherche à les loger en Auvergne-Rhône-Alpes.

Depuis plus d’un an, le snowboardeur professionnel Victor Daviet est devenu expert en « bouteilles à la mer » lancées à tout va. Cet Annécien de 32 ans a en effet remué ciel et terre, durant de longs mois, afin de permettre l’extradition des 14 membres de l’équipe nationale afghane de snowboard, qu’il avait rencontrés par hasard lors d’une compétition en janvier 2021 au Pakistan. Menacés de mort par les talibans en raison de leur pratique de ce sport, sept d’entre eux ont pu « être placés en sécurité » entre Etats-Unis, Canada, Suède et Allemagne, comme le révélait à 20 Minutes Victor Daviet, il y a neuf mois dans une longue interview.


Les jeunes snowboardeuses du team afghan étaient les plus menacées, durant l'été 2021, par le retour au pouvoir des talibans.
Les jeunes snowboardeuses du team afghan étaient les plus menacées, durant l'été 2021, par le retour au pouvoir des talibans.  - V.Daviet

Pour les sept autres, âgés de 19 à 24 ans, il a fallu apprendre à vivre cachés au Pakistan, « en situation précaire avec un visa de tourisme », loin de leurs proches et de leur rêve olympique. Avec pour seule aide financière l’argent collecté par Snowboarders of solidarity (SOS), l’association co-créée l’an passé par Victor Daviet, dont l’opération de crowdfunding a dépassé les 16.000 euros collectés (370 dons).

« Notre vie va repartir de zéro ici »

Le freerideur tricolore, vice-champion d’Europe de slopestyle en 2010, a vécu un moment fort lundi après-midi, en allant récupérer à l’aéroport de Roissy Charles-de-Gaulle, avec son van familial, ces sept jeunes athlètes afghans. « Il y a sans cesse eu des hauts et des bas ces derniers mois, raconte Victor Daviet. L’aide précieuse d’une avocate depuis cet été nous a finalement permis d’obtenir un visa de trois mois pour chacun des jeunes. C’était un moment unique de les accueillir enfin en France, on n’y croyait pas. Ça montre les incroyables connexions qui se sont faites grâce à l’univers du snowboard. Chaque étape s’est débloquée de contact en contact, de générosité en générosité. »


La prochaine grosse échéance pour ces sept jeunes Afghans (six hommes et une femme, Nassima) sera d’obtenir leur demande d’asile. SOS cherche également pour eux une solution de logement « à moyen terme » autour d’Annecy, Chambéry ou Grenoble. Une perspective montagnarde qui permettrait à tout ce beau monde d’enfin se réunir pour rider dans les Alpes durant l’hiver. « C’est incroyable, après plus d’un an d’attente, d’avoir rejoint Paris, confie Musawer (19 ans), l’un des snowboardeurs afghans. Il y a des moments où on a perdu espoir au Pakistan, mais on n’avait aucune autre option que de s’accrocher, donc c’est ce qu’on a fait. C’était difficile de dire au revoir à notre famille. Notre vie va repartir de zéro ici. »

L’association Snowboarders of solidarity a ouvert depuis plusieurs mois une cagnotte en ligne afin d’aider ces jeunes réfugiés afghans ici. Plus d’infos sur le site de l’association ici. Mail : [email protected]