OL-Angers : « Libéré » dans un rôle de milieu défensif, Corentin Tolisso est de retour au premier plan
FOOTBALL•Epatant de maîtrise contre Angers (5-0) samedi, l’international tricolore a disputé l’intégralité d’un match professionnel pour la première fois depuis neuf moisJérémy Laugier
L'essentiel
- L’Olympique Lyonnais (3e de Ligue 1) a facilement disposé d’Angers (5-0) samedi.
- L’une des principales satisfactions de la soirée est venue de la prestation tout en maîtrise du milieu de l’OL Corentin Tolisso, dans un registre plus défensif que sur les quatre précédents matchs.
- A écouter celui qui a disputé 90 minutes pour la première fois depuis neuf mois, son épanouissement viendra d’un positionnement comme numéro 6.
Au Parc OL,
Cela fait neuf mois et un Klassiker remporté (2-3) à Dortmund, que Corentin Tolisso courait après sa première rencontre disputée en intégralité. Le milieu de terrain lyonnais est enfin redevenu un footballeur à plein temps samedi, avec la bénédiction d’un milieu angevin noyé, qui lui a permis de retrouver ses sensations dans le cœur du jeu. A l’image de son ouverture millimétrée pour Malo Gusto, à l’origine du but de son pote Alexandre Lacazette (2-0, 32e), « Coco » s’est mué avec justesse en chef d’orchestre du 4-3-3 de Peter Bosz, pour faire danser le SCO quasiment de bout en bout (5-0).
Car il y avait une différence de taille samedi : Johann Lepenant est resté sur le banc et le numéro 88 de l’OL a délaissé ce poste de milieu relayeur qui était le sien lors des quatre précédents matchs de Ligue 1. Ce changement tactique a contribué à pleinement faire ressortir les qualités de vista et de justesse technique à la baguette de l’intéressé, tel un Andrea Pirlo lyonnais. Sans surprise, celui-ci a confié s’être davantage régalé à ce poste, où sa prestation tranchait avec ses atermoiements voire son criant manque d’influence sur le jeu lyonnais lors de ses apparitions comme numéro 8.
Le revirement de Peter Bosz sur le mercato s’explique
« Comme relayeur, j’avais un peu plus de mal dans le rythme et pour retrouver mes repères, car ça faisait un moment que je n’avais pas joué dans cette position un peu plus haute, reconnaît-il. Face à des équipes assez basses et laissant peu d’espaces entre les lignes, je m’étais retrouvé dos au jeu et ça avait été un peu compliqué. Je touchais peu de ballons et je n’avais pas réussi à me mettre en confiance. Ce soir, je me suis senti mieux, plus libéré. J’ai pu essayer d’orienter le jeu, de trouver Alex [Lacazette] et de diriger mes camarades. Avec le jeu face à moi, je suis plus à l’aise, en tout cas en ce moment. »
Ce n’est sans doute pas un hasard si Corentin Tolisso a enchaîné les sorties médiatiques samedi soir (zone mixte, Prime Video, OL Play), il avait un message clair à passer : il se voit dans la peau d’un numéro 6 et non plus comme le numéro 8 qu’il était lors de son premier bail professionnel sous le maillot de l’OL (de 2013 à 2017). Tiens donc, ne viendrait-on pas de résoudre le mystère du grand écart de communication de Peter Bosz sur le mercato. Jugez plutôt :
- 16 juillet : « Si on veut continuer à jouer en 4-3-3 avec un seul 6, alors oui, on cherche une sentinelle. On a des joueurs dans l’effectif pour jouer à deux 6. Mais pour jouer avec un seul 6, on n’a que Johann [Lepenant]. Il faut absolument un deuxième joueur qui évolue à ce poste-là. Corentin [Tolisso] n’est pas là pour ce poste, il va jouer plus haut ».
- 29 août, alors qu’aucune autre recrue n’avait signé entretemps au milieu et que Lucas Paqueta était sur le point de s’engager à West Ham : « Un milieu défensif supplémentaire ? Non, pas pour le moment. Pour moi, non ».
« Il a démontré qu’il pouvait aussi jouer en 6 »
Un revirement qui semblait s’expliquer par une mise au point du trio Aulas-Ponsot-Cheyrou quant à la volonté du club de ne pas investir davantage cet été. Mais Corentin Tolisso a confié samedi sur Prime Video avoir « parlé avec le coach » : « Dans ce système à l’OL, il faut arriver à se retourner rapidement en tant que relayeur, ce n’est pas ma qualité principale et je n’étais pas forcément à l’aise à cette position ». Etant donné son statut de recrue phare du mercato et de vice-capitaine (mais aussi de champion du monde et de vainqueur de la Ligue des champions), il ne fait guère de doutes que l’international tricolore de 28 ans (et 28 sélections) a son mot à dire quant à son utilisation. Désormais habitué à un poste axial dans un 4-4-2 au Bayern Munich, celui-ci a donc visiblement su convaincre Peter Bosz de reven sur son annonce de mi-juillet.
« Je continue de travailler à l’entraînement et je jouerai où le coach me dit de jouer », glisse-t-il néanmoins. « On connaît la très bonne polyvalence de Corentin, loue d’ailleurs son jeune partenaire Castello Lukeba. Il nous apporte beaucoup, que ce soit en 6 ou en 8. Son rôle était différent ce soir et il a démontré qu’il pouvait aussi jouer en 6. » On serait d’ailleurs prêt à parier qu’on le verra à présent surtout dans ce registre. Mais l’essentiel était presque ailleurs samedi soir : tous les supporteurs lyonnais ont été rassurés pour de bon sur l’état de santé de ce joueur clé, dont l’intersaison avait été perturbée, tout comme les quatre années précédentes. « J’ai beaucoup parlé avec les docteurs de l’OL depuis mon arrivée en juillet, a-t-il précisé sur OL Play. On essaie d’établir une stratégie pour que j’arrive à enchaîner le plus de matchs en intégralité. Là, je me sens bien. On verra si je peux enchaîner mercredi à Lorient mais il ne faut pas que j’aille trop vite. Je sais tous les soucis physiques que j’ai eus. » On ose à peine imaginer à quel point la prudence sera de mise cette saison à son sujet.



















