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Comment l’OL s’est-il métamorphosé après sa saison galère ?

OL-Angers : Comment les Lyonnais se sont-ils métamorphosés après leur saison galère ?

FOOTBALLIncapables d’enchaîner les bons résultats en 2021-2022, les joueurs de Peter Bosz en sont à quatre succès consécutifs à domicile, après avoir étrillé le SCO samedi (5-0)
Jérémy Laugier

Jérémy Laugier

L'essentiel

  • L’Olympique Lyonnais a enchaîné une quatrième victoire de rang à domicile, samedi soir, avec à la clé une démonstration contre Angers (5-0).
  • Synonyme de place provisoire sur le podium de la Ligue 1, cet éclatant succès permet à Peter Bosz et ses hommes d’ambitionner un tout autre parcours qu’en 2021-2022.
  • Les joueurs lyonnais, tellement habitués à laisser des points en route contre des mal classés, tentent de comprendre ce criant changement de « mentalité ».

Au Parc OL,

En filant en zone mixte samedi soir, on a retrouvé Paul Bernardoni le regard dans le vide, assis au pied du bus de son équipe pour manger sa pasta box. Trente minutes plus tôt, le gardien angevin encaissait le cinquième et dernier but lyonnais, une frappe en angle fermé de Moussa Dembélé tant qu’à faire, épilogue d’un match cauchemardesque pour le SCO au Parc OL (5-0). Bien que moyennement garnie (39.586 spectateurs), l’enceinte décinoise a au contraire basculé dans une euphorie qu’on n’imaginait pas pour pareil rendez-vous, surtout après une première demi-heure quelconque (0-0).



Mais cet an II de l’ère Peter Bosz à Lyon dégage un truc, à commencer par un réel sérieux pour boucler un impeccable 4/4 à domicile cet été contre des mal classés en puissance (Ajaccio, Troyes, Auxerre et donc Angers). C’est simple, le coach néerlandais avait dû attendre la 9e journée l’an dernier pour voir son groupe récolter 13 points, un total cette fois déjà validé en cinq matchs, avec une troisième place en Ligue 1 à la clé. Le jour et la nuit avec ses deux premiers mois en 2021, marqués par un flippant bilan de 7 points sur 18 contre les six adversaires de deuxième partie de tableau affrontés.

Le Parc OL redécouvre la ola

« On avait du mal contre ces équipes l’année dernière, on se faisait accrocher, reconnaît le milieu lyonnais Romain Faivre. Là, je ne sais pas trop comment l’expliquer mais on fait un carton plein. On a mis des courses et de l’intensité dans tout ce qu’on a fait. Les individualités se mettent au service du collectif. On s’est régalé, et je pense que tout le monde a pris du plaisir ce soir au stade. Il y a un nouvel élan et une nouvelle mentalité en ce début de saison. » Une fois le match débloqué grâce à Karl Toko Ekambi (1-0, 32e), l'OL a tout bien fait ou presque.

Premier clean sheet de la saison, faculté à se procurer des wagons d’occases comme jamais la saison passée contre un bloc bas (en 5-3-2), et donc au final une démonstration qui n’a eu qu’un équivalent en 2021-22 (6-1 contre Bordeaux en avril dernier). Comment donc expliquer un tel contraste en quelques mois dans l’approche d’un rendez-vous a priori guère funky contre un « petit », et bouclé samedi avec une ola qu’on n’avait plus vue depuis une éternité au Parc OL ?


A l'image d'Alexandre Lacazette, félicité par ses partenaires samedi pour son 132e but synonyme de rang de troisième meilleur buteur de l'histoire de l'OL, l'état d'esprit dans le groupe lyonnais semble en net progrès.
A l'image d'Alexandre Lacazette, félicité par ses partenaires samedi pour son 132e but synonyme de rang de troisième meilleur buteur de l'histoire de l'OL, l'état d'esprit dans le groupe lyonnais semble en net progrès. - Laurent Cipriani/AP/SIPA

« Il y a cette envie de ne pas perdre quoi qu’il arrive »

« On sait qu’on perdait beaucoup de points face à ce genre d’équipes et qu’on manquait de régularité, indique Castello Lukeba, auteur du quatrième but samedi [4-0, 62e]. Cette saison, on corrige bien cela jusque-là. On est plus rigoureux, plus concentrés. On a tous la même vision, avec l’envie de presser haut et de récupérer le ballon pour vite se projeter. On sait qu’il ne faut pas sous-estimer ces équipes mais au contraire tuer les matchs d’entrée. » Un discours que tenait Corentin Tolisso, il y a deux mois lors de sa présentation devant la presse, en s’appuyant sur ses cinq années vécues au sein de l’immense Bayern Munich. Pour autant, le milieu lyonnais refuse d’assumer la responsabilité de cette quasi-métamorphose.

« Non, ça ne vient pas de moi. C’est un travail quotidien : à l’entraînement, il y a cette envie de ne pas perdre quoi qu’il arrive quand on fait des petits jeux. Ça se retranscrit sur le terrain, même lorsqu’on se retrouve menés comme à Reims [1-0, 1-1 au final]. C’est cette mentalité qu’il faut avoir. Il ne faut surtout pas se relâcher et penser le match fini à 1-0 ou 2-0. A nous d’essayer de mettre le 3e, le 4e, ou même le 5e comme ce soir. C’est cette mentalité-là qu’il faut avoir si on veut aller loin cette saison. » »

Parole de quintuple champion d’Allemagne et de vainqueur de la Ligue des champions 2020, qui a apprécié « le match plein de l’équipe » samedi. En consultant le classement de la Ligue 1 ce dimanche matin, Peter Bosz va prendre goût, comme ses joueurs, à cette place dans le Top 5, lui qui n’avait jamais été mieux placé que 6e en 2021-2022 (à seulement trois reprises). Corentin Tolisso martèle à ce sujet, avec détermination : « On est l’Olympique Lyonnais, on se doit d’être en haut du classement ».