Grand Prix de France : « Un Ricard bien frais », la Formule 1 se met aux chaleurs caniculaires

FORMULE 1 Les trois jours du Grand Prix de France sur le circuit Paul-Ricard au Castellet, se disputent sous des fortes chaleurs alors que le département du Var est placé en vigilance orange alerte canicule pour toute la durée du week-end

Adrien Max
Le patron d'Alfa Romeo, Fréderic Vasseur se prête à une petite bataille d'eau avec ses pilotes lors du GP de France sur le circuit Paul Ricard au Castellet.
Le patron d'Alfa Romeo, Fréderic Vasseur se prête à une petite bataille d'eau avec ses pilotes lors du GP de France sur le circuit Paul Ricard au Castellet. — Alfa Romeo
  • Le Grand Prix de France de Formule 1 se dispute ce week-end sur le circuit Paul-Ricard au Castellet, dans le Var.
  • Les trois jours du week-end se déroulent sous des fortes chaleurs, plus de 30 degrés dans l’air, et pas loin du double sur la piste, alors que le département du Var est placé en vigilance orange alerte canicule.
  • Des fortes chaleurs qui ont des conséquences sur les voitures, et notamment les pneus, mais aussi sur les pilotes.

De notre envoyé spécial sur le circuit Paul-Ricard, au Castellet,

Les paddocks de Formule 1 sous des chaleurs caniculaires. Le Grand Prix de France a lieu ce week-end sur le circuit Paul-Ricard, au Castellet, dans le Var, sous une chaleur de plomb alors que le département est placé en alerte orange canicule pour ces trois jours de course. Jusqu’à 34 degrés dans l’air, et pas loin du double sur la piste, les organisateurs ne pouvaient pas tomber plus juste en surnommant la course, la « Summer Race », après ce changement de date à la fin du mois de juillet, contre la fin juin habituellement.

Un « week-end forcément particulier » pour Frédéric Vasseur, le patron d’Alfa Romeo F1 Team Orlen que l’on a aperçu en train de se mener à une bataille d’eau avec ses deux pilotes, Valtteri Bottas, et Zhou Guanyu, jeudi en fin d’après-midi. Pour lui, l’impact se situe essentiellement sur les monoplaces. « On a eu des températures de pistes qui sont dans le domaine du record, avec Barhein. C’est vraiment un challenge du côté de la dégradation des pneus, là et tout le monde est en train de préparer la course en fonction de ça. Personne n’a utilisé les pneus durs pour les garder pour dimanche. L’autre sujet c’est le refroidissement en général. On est à peu près tous au maximum de ce qu’on peut faire en terme de refroidissement et après on gérera en course », confie le directeur de l’écurie.

Le record de chaleur est de 36 degrés dans l’air et 61 sur la piste

Du côté de chez Pirelli, le fournisseur de pneus, pas plus de contrôle que d’habitude sur les pneumatiques, mais la température, « un sujet populaire ce week-end », pourrait modifier la physionomie de la course. Même si on n’est pas sur le record de chaleur, détenu lors de la deuxième session d’essai en Malaisie en 2016, qui avait atteint des températures de 36 degrés dans l’air et 61 sur la piste, contre 34 degrés dans l’air et 56 degrés en piste vendredi sur le circuit Paul-Ricard. « On doit aussi regarder la particularité du circuit parce que le Paul-Ricard a un troisième secteur avec des virages très rapides qui mettent beaucoup d’énergie sur les pneus. Il y a donc la chaleur liée à cette énergie, plus la chaleur de l’air et de la piste. Ça augmente le stress sur les pneus, donc on s’attend à une dégradation plus importante », avance Mario Isola, directeur de Pirelli Motorsport.

Une dégradation plus importante qu’à la normale qui va forcément influer sur la séance de qualification de samedi. « Ce sera principalement sur les softs, mais on essaye de voir s’il peut y avoir une amélioration du grip après un tour de refroidissement, je pense que c’est possible. Ça pourrait être important pour les qualifications lors desquelles les équipes utilisent les pneus soft », rappelle le directeur de Pirelli Motorsport.

"Boire de l’eau chaude, ce n’est vraiment pas cool"

Et dimanche pour la course, il faut s’attendre à voir « plus de stratégie que d’habitude », sur ce circuit du Castellet, peu réputé pour ses dépassements en piste. Avec la probabilité de voir les équipes faire un arrêt supplémentaire. « Avec une plus forte dégradation, les équipes seront peut-être tentées de faire deux arrêts, alors que normalement ici la stratégie la plus rapide est un seul arrêt au stand avec des médiums, puis des durs. Surtout que cette année avec les nouvelles voitures et les nouveaux pneus, c’est plus facile de dépasser lors des arrêts. L’undercut peut être puissant », confie Mario Isola.

Du côté des pilotes, même s’ils sont « habitués à ça », selon Frédéric Vasseur, la chaleur va aussi influer sur leurs courses, comme l’explique Zhou Guanyu, un brin inquiet : « Il faut vraiment rester hydraté. Je n’ai pas l’habitude d’utiliser le système de boisson à l’intérieur de la voiture, les seules courses où je l’ai utilisé c’est à Miami et à Barhein. Mais je suis presque sûr de le mettre pour ce week-end. Mais quand vous buvez de l’eau chaude, ce n’est vraiment pas cool pendant une course. Je pense que ce week-end va être difficile, pas seulement pour les pilotes, mais aussi pour les mécaniciens dans les garages, parce que ce n’est pas si souvent que nous avons des températures aussi élevées. » De quoi se livrer à une nouvelle bataille d’eau à quelques minutes de prendre le volant ? « Non, un Ricard bien frais », préfère plaisanter Frédéric Vasseur.

Des climatisations de compète ont été installées dans les garages d'Alfa Romeo F1 Team Orlen.
Des climatisations de compète ont été installées dans les garages d'Alfa Romeo F1 Team Orlen. - Adrien Max / 20 Minutes

Ce vendredi, les granitas et autres bonbons à la menthe rafraîchissants étaient plus légion que les « Ricard bien frais » dans les mains des mécaniciens, entre deux sessions d’essais. Dans les garages par contre, les puissantes climatisations et autres ventilateurs trônaient afin de rafraîchir les mécaniciens, les mains affairées sous les monoplaces.

Concernant la piste, peu de chances de voir des camions balancer de l’eau pour refroidir la piste comme on l’a pu apercevoir récemment sur le Tour de France. « La piste du Paul-Ricard est habituée à ce genre de chaleur, donc pas d’arrosage prévu. L’incidence se fera plus sur les pneus », prévient André Rey, directeur sportif du circuit. Les pneus seront sans aucun doute les premières victimes de cette canicule.