Athlétisme : Mo Farah, arrivé illégalement au Royaume-Uni, « soulagé » par le soutien reçu après ses révélations

TEMOIGNAGE Arrivé sous une fausse identité au Royaume-Uni quand il était enfant, le quadruple champion olympique Mo Farah s’est dit « soulagé » mercredi qu’aucune poursuite à son encontre ne soit engagée

A.H. avec AFP
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Mo Farah en 2020 à Bruxelles.
Mo Farah en 2020 à Bruxelles. — Sipa

« Je suis soulagé : pour moi, c’est mon pays. Aucun enfant ne veut être dans cette situation. On a pris la décision pour moi. Et je suis juste reconnaissant pour toutes les opportunités que j’ai eues au Royaume-Uni et fier de représenter mon pays comme je l’ai fait. » Mo Farah est soulagé. Anobli par la reine d’Angleterre pour ses exploits sur les pistes d’athlétisme – quatre médailles d’or aux JO de Londres 2012 et Rio 2016 –, l’athlète a révélé mardi dans un documentaire diffusé sur la BBC qu’il était arrivé illégalement au Royaume-Uni avant d’être forcé de travailler comme domestique.

Sa femme, Tania, a expliqué qu’elle avait ressenti « tristesse » et « colère » en apprenant la vérité. Selon elle, son mari « s’autorise enfin à ressentir ces sentiments de douleur et de blessure » et le documentaire aura été pour lui « une forme de thérapie ». Malgré ces révélations, le ministère de l’Intérieur britannique a confirmé mardi qu’il n’engagerait « aucune poursuite contre Sir Mo Farah et que suggérer le contraire était faux ».

La politique migratoire controversée du Royaume-Uni

Mo Farah dévoile dans le documentaire qu’il se nomme en réalité Hussein Abdi Kahin. Son père a été tué en Somalie lorsqu’il avait quatre ans. Sa mère et deux frères vivent dans la région séparatiste du Somaliland, non reconnue par la communauté internationale. Son histoire est un « rappel choquant des horreurs auxquelles font face ceux qui sont trafiqués et nous devons continuer de combattre les criminels qui tirent avantage des gens vulnérables », a souligné un porte-parole à Downing Street.

Dans le cadre de sa politique très controversée de lutte contre l’immigration, le gouvernement britannique prévoit de déporter au Rwanda des demandeurs d’asile​, une stratégie critiquée par les associations de défense des droits humains et pour le moment bloquée par la Cour européenne des droits de l’homme.