F1 : Bientôt un Grand Prix de Nice ? La capitale azuréenne en accueillait déjà un il y a 90 ans

FORMULE 1 Un projet, qui ne fait déjà pas l’unanimité, serait à l’étude selon le patron de la F1. De 1932 à 1935, puis en 1946 et 1947, le Grand Prix automobile de Nice attirait déjà les meilleurs coureurs de l’époque

Fabien Binacchi
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Les affiches originales des éditions de 1934 et 1946
Les affiches originales des éditions de 1934 et 1946 — Fonds du Comité des fêtes / Archives Nice Côte d'Azur
  • « Il y a un projet incroyable avec Nice, qui veut un Grand Prix », a expliqué le patron de la Formule 1, Stefano Domenicali, dans L’Equipe.
  • Ce ne serait pas une première pour la capitale azuréenne qui a accueilli son propre Grand prix automobile sur la promenade des Anglais dans les années 1930-1940.

Des gradins installés dos aux galets et des bolides à toute berzingue sur le bord de mer ? Mi-juin, dans L’Equipe, le patron de la Formule 1, Stefano Domenicali, a laissé entendre que la capitale azuréenne pourrait accueillir le futur Grand Prix de France alors que le contrat avec le circuit du Castellet expire cette année. « Il y a un projet incroyable avec Nice, qui veut » sa propre étape, a-t-il expliqué, tout en réaffirmant la possibilité d’une alternance entre plusieurs destinations.

Ce ne serait en tout cas pas une première pour la préfecture des Alpes-Maritimes. De 1932 à 1935, puis en 1946 et 1947, le Grand Prix automobile de Nice, parfois dénommé « Grand Prix international de la ville de Nice » ou plus simplement « Grand Prix de Nice », attirait déjà les meilleurs coureurs de l’époque.

En 1934, 50.000 spectateurs sur la prom’

L’événement avait rencontré un certain succès auprès du public, notamment à ses débuts. Dans les colonnes du Figaro daté du 20 août 1934, que 20 Minutes a pu consulter sur Retronews, le site de la Bibliothèque nationale de France, Jean Rouillot écrivait que « la foule avait afflué à Nice par train, autos, autocars, bateaux » et ce « dès les premières heures de la matinée ».

Au total, cette année-là, « plus de 50.000 personnes se pressaient dans les diverses enceintes » pour assister au sacre de l’Italien Achille Varzi, au volant d’une Alfa Romeo. Organisé sur la promenade des Anglais et autour du jardin Albert-1er, sur une boucle de 3,2 km, l’événement avait été surnommé « la course des freins », rapportait aussi Le Petit Provençal du 19 août 1935. « Toutes les voitures avaient terminé, en effet, avec cet organe important, usé complètement », était-il écrit.

Une pétition déjà en ligne pour s’y opposer

Un circuit en ville exigeant. Et une organisation signée Jean Médecin, député-maire, également président du Comité des fêtes et de l’Automobile club de Nice Côte d’Azur, que Christian Estrosi aurait donc envie de faire revivre ? Interrogé, l’édile, qui est également président du Groupement d’intérêt public Grand Prix de France, ne dément pas. Il se félicite simplement que Nice soit « au centre de tous les intérêts comme destination d’organisation des plus prestigieux événements sportifs ».

« Vous en saurez plus d’ici la fin du mois de juillet », promet de son côté Stefano Domenicali. Le circuit du Castellet accueillera (pour une dernière fois ?) le Grand Prix de France le 24 du mois.

Le Collectif citoyen 06 de son côté n’a pas attendu une éventuelle officialisation pour dire « non » à cet hypothétique Grand Prix de France à Nice. Une pétition a recueilli un peu plus de 1.500 signatures sur change.org. « Alors que la ville est très bruyante et polluée, le maire multiplie les projets à contre-sens des urgences environnementales, sanitaires et sociales », avance le collectif. Une vision partagée par l’ancien élu PS de Nice Patrick Allemand, qui ajoute : « Ce Grand Prix [en ville] ne pourra jamais paraître autre chose que le parent pauvre de […] celui de Monaco ».