Paca : Une nouvelle grille tarifaire pour les bus et les TER dès janvier

TRANSPORT Cette refonte ramène le nombre de tarifs des trajets en car de 430 à 10 et introduire une progressivité des réductions selon l'intensité de l'usage. Une réforme qui ne satisfait pas les associations

20 Minutes avec AFP
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La gare Saint-Charles, à Marseille
La gare Saint-Charles, à Marseille — Alexandre Vella / 20 Minutes
  • L'assemblée régionale a voté ce vendredi la refonte des tarifs de TER et bus.
  • En 2022, la collectivité régionale a injecté 480 millions d'euros sur son réseau Zou.
  • Une enveloppe qui restera inchangée, a-t-elle promis.

Présentée comme « plus simple, plus juste et plus écologique », une nouvelle grille tarifaire des trains et cars a été votée par la région Provence-Alpes-Côte-d'Azur vendredi, malgré l’opposition d’associations d’usagers et de défense de l’environnement exprimant leur « incompréhension ». « Je veux doubler le nombre de personnes qui sont dans nos cars et dans nos trains », actuellement 200.000 chaque jour, a affirmé en session plénière le président de la région l’ex-LR Renaud Muselier.

Cette région d’environ cinq millions d’habitants comptabilise 67 millions de voyages annuels sur les TER et cars et espère « à moyen terme » en engendrer par cette réforme 4,2 millions de plus. Le 5 janvier 2023, différentes mesures seront mises en place dont une simplification du nombre de tarifs (de 430 à 10) sur les lignes de car et un système différent d’abonnements.

480 millions d’euros par an injecté par la région

Plus l’usager prendra le train, plus la part du billet pris en charge par la Région augmentera. L’exécutif régional injecte actuellement 480 millions d’euros par an dans son réseau de transport en commun et annonce qu’elle maintiendra cette somme. Le même système progressif sera mis en place pour les tickets de groupe pour « offrir la possibilité d’utiliser les transports collectifs en concurrence avec le covoiturage », a indiqué le vice-président chargé des Transports Jean-Pierre Serrus.

S’ajoute un volet « solidaire » où le nombre de personnes pouvant bénéficier de réductions gratuitement – c’est-à-dire sans acheter une carte spécifique – doit « doubler » – et concerner jusqu’à 25 % des cinq millions d’habitants de Paca – grâce à un élargissement de la fourchette des quotients familiaux éligibles. « Une tarification doit permettre d’avoir des leviers pour mener une politique en matière de mobilité durable », a renchéri Jean-Pierre Serrus, affirmant que la nouvelle grille tarifaire est « plus simple, plus juste, plus écologique et de nature à fidéliser les usagers sur nos services de transports publics ».

Opposition des associations d’usagers, du RN et des écolos

La réforme ne satisfait toutefois pas les associations d’usagers (dont une pétition a recueilli 3.500 signatures) soutenus par les oppositions (Rassemblement national et écologistes) du fait de la suppression d’une carte qui accordait des réductions importantes pour tous les usagers. « On ne comprend absolument pas la logique », a déploré le président de Nosterpaca Stéphane Coppey, une des associations de défense des transports publics qui a lancé la pétition avec des organisations écologistes comme Alternatiba.

« L’idée de cette carte était d’amener au train des gens qui naturellement n’étaient pas des usagers », a-t-il souligné. « Nous faisons le choix d’orienter plutôt vers l’utilisation régulière que sur l’utilisation occasionnelle », a répondu Jean-Pierre Serrus : « Nous pensons évidemment aux déplacements du plus grand nombre », plutôt que des usagers occasionnels.