Roland Garros : Après des mois de galère, Grégoire ne se met plus de Barrère dans le tennis

TENNIS Le Français s'est qualifié dimanche pour le second tour en éliminant le Japonais Taro Daniel en 5 sets (3-6, 6-2, 0-6, 6-3, 6-4)

François Launay
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Grégoire Barrère s'est qualifié dimanche pour le 2e tour de Roland-Garros
Grégoire Barrère s'est qualifié dimanche pour le 2e tour de Roland-Garros — AFP
  • Grégoire Barrère s’est qualifié dimanche pour le deuxième tour de Roland-Garros.
  • Le joueur français, 209e mondial, a pu compter sur le soutien du public du court 14.
  • Un vrai atout pour un tennisman qui relève la tête après plusieurs mois de doutes.

A Roland-Garros,

« Merci Grégoire, merci Grégoire, Merci ! » Déchaîné après plus de trois heures d’un combat en cinq sets, le public bouillant du court 14 n’a pas boudé son plaisir quand Grégoire Barrère a enfin levé les bras. Sur le papier, le match du 209e joueur mondial face au Japonais Taro Daniel, 105e à l’ATP, n’avait pourtant pas de quoi faire lever les foules. Cependant, c’était sans nul doute la plus belle ambiance de ce premier jour à Roland. L’ambiance de stade de foot à base de « Chalalalala », « Po po po po », Ola et même Marseillaise ont clairement porté ce grand fan du PSG vers le deuxième tour de Roland-Garros.

« Le public a été chaud bouillant, c’était vraiment sympa. Quand ils scandent ton nom, qu’ils chantent la Marseillaise, t’as un peu de frissons. Il faut réussir à bien se reconcentrer, mais ça donne forcément de l’énergie en plus. Dans les moments importants, ça t’aide à t’engager plus et à aller chercher des points. Ils m’ont soutenu tout au long du match et je les remercie », se réjouit, plein d’étoiles dans les yeux, le joueur de 28 ans.

Il faut dire qu’il y a encore trois semaines, Grégoire Barrère ne s’imaginait même pas passer un tour aux qualifications de Roland. La faute à un début de saison catastrophique où il a accumulé les galères sur et en dehors des terrains. Voiture emboutie dans un parking, Covid, départ retardé à l’Open d’Australie et crise de résultats, il fallait un miracle pour voir le joueur en pleine confiance sur la terre battue de la Porte d’Auteuil. Mais le déclic a eu lieu début mai au Challenger d’Aix où Barrère a atteint la finale du tournoi. Suffisant pour décrocher sur le fil une wild-card.

Une discussion décisive à Split avec son coach

« C’est un sacré hold-up ! Au premier tour à Aix, Jo (Tsonga) a servi pour le match et il perd rarement en servant pour le match. Je suis bien content de l’avoir tué comme ça », chambre Barrère très proche de Tsonga dans la vraie vie. « Je ne me voyais pas du tout ici il y a encore trois semaines. Je suis très content, je suis très relâché, je joue libéré, je ne me prends pas la tête. C’est plutôt cool ce qui se passe. »

Un nouvel état d’esprit que Barrère attribue surtout à une discussion décisive mi-avril à Split. Sorti dès le premier tour par un Australien, le tennisman se fait alors sèchement recadrer par son coach. « Il y a toujours des conversations importantes dans une carrière et celle-ci en fait partie. J’étais un peu perdu, je ne m’entraînais pas très bien. Les intentions n’étaient pas là et mon coach m’a bien défoncé, ce qui est très rare de sa part. Quand il le fait, c’est que ça ne va pas du tout. On est repartis à l’entraînement, il y a eu du mieux et de fil en aiguille, la confiance est revenue. Il a su me rentrer dedans et trouver les mots. Si j’en suis là aujourd’hui, c’est grâce à cette conversation. Je ne pensais pas que ça paierait aussi rapidement. »

Ce fan du PSG a hésité à célébrer sa victoire à la façon de Mbappé

Qualifié pour la deuxième fois de sa carrière au deuxième tour de Roland-Garros, Barrère affrontera mercredi l’Américain John Isner. Pas forcément un cadeau mais ne comptez pas sur lui pour se prendre la tête. Plutôt que de parler de la suite du tournoi, le grand fan du PSG a préféré s’épancher sur la prolongation de Mbappé dans la capitale. « Je suis content qu’il l’ait annoncé hier [samedi], du coup j’étais assez serein pour mon match aujourd’hui », sourit le joueur.

« Par contre, je suis un peu en galère avec mon préparateur physique qui est pour le Real. J’ai hésité à faire la célébration de Kylian en fin de match pour l’achever mais j’ai pas osé », conclut Barrère dans un grand sourire. Dommage, la célébration n’aurait pas dépareillé sur ce court transformé l’espace d’un après-midi en un stade de foot. Vivement mercredi pour se rattraper.