Girondins de Bordeaux : Ces cinq matchs de la saison qui ont envoyé le club en Ligue 2

FOOTBALL C'est officiel, les Girondins de Bordeaux sont relégués en Ligue 2. Cela faisait 31 ans que le club n’avait pas connu une descente. Retour sur une descente aux enfers

Clément Carpentier
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Mbaye Niang, l'attaquant des Girondins de Bordeaux.
Mbaye Niang, l'attaquant des Girondins de Bordeaux. — Romain Perrocheau / AFP
  • Les Girondins de Bordeaux joueront (au mieux) en Ligue 2 la saison prochaine. Leur dernière relégation datait de 1991.
  • Cette rétrogradation est le résultat d’une décennie de descente aux enfers entre problèmes financiers et déclassement sportif.
  • Cette saison, les Bordelais n’ont jamais sorti la tête de l’eau, même après le remplacement sur le banc de Vladimir Petkovic par David Guion. Le club a été au bord de l’implosion à plusieurs reprises durant l'année.

C’est désormais officiel : les Girondins de Bordeaux évolueront (au mieux) en Ligue 2 la saison prochaine, malgré leur victoire à Brest (4-2) samedi. La dernière rétrogradation du club datait de 1991. Elle avait été administrative en raison de très grosses difficultés financières qui rappellent un peu la situation actuelle des Marine et Blanc. Pour retrouver, la dernière descente sportive, il faut alors remonter à 1960. Pour l’anecdote, les Girondins sont donc voués à descendre en deuxième division tous les 31 ans.

Celle de 2022 n’est que le résultat d’une décennie de descente aux enfers. Entre problèmes financiers, échecs des rachats et déclassement sportif au fil des dernières années. Et comme d’autres avant eux, à force de jouer avec le feu, les Girondins ont fini par se brûler. Aujourd’hui, le seul objectif est qu’il ne reste pas que des cendres dans quelques semaines et que le club puisse repartir en Ligue 2 et commencer à se reconstruire. D’un point de vue sportif, cette équipe n’a jamais réussi à sortir la tête de l’eau que ce soit avec à sa tête Vladimir Petkovic puis David Guion.

Clermont, le jour où les Girondins n’étaient pas prêts

Premier match de la saison et première défaite. Rien de dramatique à l’époque même si perdre logiquement à domicile face à un promu, ça fait toujours mauvais effet. Mais avec le recul, on peut aujourd’hui dire que ce revers illustre que tout allait de travers dès le départ. Et pour le coup, la nouvelle direction n’y est pas pour grand-chose. Le club a abordé cette rencontre après un été très mouvementé, trois semaines seulement après son rachat, et avec un entraîneur arrivé une semaine avant le début de la saison à la tête d’un effectif sans aucune recrue. Les Girondins n’étaient tout simplement pas prêts. Résultat des courses, trois défaites et deux nuls lors des six premières journées et une équipe déjà bonne dernière de la Ligue 1.

Marseille, le jour où le club a commencé à imploser

Ce vendredi soir de janvier, le club va imploser pour la première fois de la saison. Avant même la rencontre, le contexte est extrêmement compliqué. Malgré une épidémie de cas de Covid-19 dans leur effectif, les Girondins n’obtiennent pas le report de la rencontre. Ils doivent en plus jouer « le match de l’année » pour eux à huis clos. La punition est terrible : après une erreur de leur gardien, Benoit Costil, les Marine et Blanc perdent leur invincibilité de 41 ans à domicile face à l’OM. Un véritable drame pour les supporteurs.

En coulisse, un autre « drame » se joue. Après cette défaite historique, le club annonce vouloir se séparer de son capitaine et défenseur, Laurent Koscielny. La direction avance que c’est officiellement pour des raisons économiques mais en réalité, elle reproche aussi à l’ancien international ses performances sportives et son hygiène de vie. Le joueur prend lui-même la parole pour dire qu’il ne comprend pas ce qu’il lui arrive. Vladimir Petkovic, le coach de l’époque, n’est absolument pas consulté et bien sûr le vestiaire vit très mal cette décision. C’est la première cassure franche entre les dirigeants et une partie des joueurs. Certains d’entre eux sont d’ailleurs eux aussi écartés (Baysse et Zerkane).

Reims (0-5), le jour où les joueurs ont lâché Petkovic

Malgré une saison jusqu’ici catastrophique, Vladimir Petkovic tient toujours la barre avant ce déplacement en Champagne. L’ancien sélectionneur de la Nati vient même de sauver son poste, une semaine plus tôt face à Strasbourg (4-3). Mais à Reims, ses joueurs vont pour la première fois complètement le lâcher. Les Girondins reçoivent une nouvelle fessée face aux Rémois (0-5), trois semaines après celle reçue à Rennes (0-6). Ce sera la défaite de trop pour les dirigeants bordelais, ils limogent leur entraîneur dans la semaine suivante. Un licenciement qui pourrait coûter très cher au club à moyen terme.

Vladimir Petkovic, l'entraîneur des Girondins.
Vladimir Petkovic, l'entraîneur des Girondins. - Romain Perrocheau / AFP

Pour le remplacer, David Guion débarque en Gironde. Le club lance l’opération maintien et espère vite redresser la barre grâce à un nouveau mercato plutôt intéressant sur le papier (Guilavogui, Marcelo, Ignatenko et Ahmedhozic).

Montpellier, le jour où le club a touché le fond

Ce dimanche 20 mars, David Guion n’a toujours pas gagné un match (deux nuls et deux défaites) un mois après son arrivée. Il n’y a pas eu d’effet psychologique et les Girondins traînent leur peine à la dernière place de la Ligue 1. Mais cette après-midi-là, le club va complètement partir à vau-l’eau. Dès la mi-temps, une altercation éclate au bord du terrain entre Benoit Costil et l’un des leaders des Ultramarines, le plus grand groupe de supporteurs bordelais. Sur le terrain, les Girondins sont incapables de revenir au score face à des Héraultais réduits à neuf pendant cinquante minutes.



En tribunes, la situation est très tendue. Les Ultramarines finissent par accuser de racisme leur propre gardien avant d’aller attendre les joueurs à la sortie du stade. Une explication musclée a alors lieu. Benoit Costil annoncera dans un premier temps vouloir quitter le club en raison de ces allégations avant de finalement revenir sur sa décision. Face à l’absence de réaction forte de la direction, le CSE du club et les joueurs iront jusqu’à faire leur propre communiqué pour apporter leur soutien au gardien bordelais et démentir les accusations. C’est le chaos.

Saint-Etienne et Nantes, le jour où les Girondins se sont « autodétruits »

Le scénario de ces deux matchs disputés à quatre jours d’intervalle symbolise la saison des Girondins de Bordeaux. Les coéquipiers de Mbaye Niang manquent deux énormes opportunités de revenir dans la course au maintien en menant dans ces deux matchs 2 à 0 avant de se faire rejoindre face à l’ASSE (2-2) et carrément de se faire battre par les Canaris (5-3).​ Ce qui fera notamment dire à Gérard Lopez, le propriétaire et président du club, que les Marine et Blanc se sont « autodétruits » cette saison avec notamment la pire défense des cinq grands championnats européens (89 buts encaissés en 36 matchs soit 2,5 pions pris par match).



Une statistique pour résumer cela : les Marine et Blanc ont perdu 28 points après avoir mené au score cette saison (à 17 reprises, pour seulement cinq succès au final). C’est le plus fort total de L1. Le constat est limpide, cette équipe bordelaise n’a tout simplement pas le niveau technique et mental pour jouer en Ligue 1.