France-Kazakhstan : Koundé-Coman, le ticket qui va faire gagner la droite en 2022 ?

FOOTBALL Les deux hommes ont fait preuve d’une belle complicité côté droit lors de la démonstration tricolore (8-0)

Julien Laloye
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Kingsley Coman président.
Kingsley Coman président. — Michel Euler/AP/SIPA
  • L’ailier du Bayern Munich a été préféré à Benjamin Pavard dans une position de piston droit qui est en souffrance en équipe de France
  • Deschamps continue de douter de la pertinence du Bavarois à ce poste contre des équipes plus huppées malgré son excellent match contre le Kazakhstan.

Au Parc des Princes,

Reins, foie, poumons, pancréas, il ne reste plus rien à Maksat Taykenov. Le pauvre a dû léguer tous ses organes après une partie de Docteur Maboule qui a mal tourné avec Kingsley Coman. Comme attendu, l’ailier du Bayern, disponible une fois tous les 36 du mois en équipe de France, a fait vivre l’enfer de Dante à la défense Kazakhstanaise, en pire. Positionné en ailier de débordement plus qu’en piston défensif, le King a labouré le couloir droit jusqu’à ce qu’il ne reste plus âme qui vive en face.

Un dribbleur indispensable… quand il n’est pas blessé

On a bien compté dix débordements dans la première demi-heure, dont la moitié après des crochets à vous filer le tournis, avec centre délicieux inclus à la clé. Deux passes décisives pour Mbappé, c’est presque mal payé en y repensant.

Ajoutons dans l’affaire le rôle primordial de Jules Koundé, le cher Watson de Sherlock Coman. Dans ce rôle d’axial droit d’une défense à trois, l’ancien bordelais a offert une complémentarité inédite avec l’ailier du Bayern, n’hésitant pas à la lancer à plusieurs reprises dans la profondeur sur des passes laser que ne tente plus depuis un bail Raphaël Varane, bien calé comme chez le barbier avec ses chaussons et sa pipe quand il enfile la tunique tricolore.

Le duo a eu le mérite de profiter du choix hasardeux de Taygat Basufino, le sélectionneur du Kazakhstan, qui avait demandé à ses hommes de resserrer les lignes dans l’axe pour « empêcher les passes à l’intérieur du jeu dans la partie centrale », offrant des boulevards aux Bleus sur les côtés, Théo Hernandez offrant lui aussi deux passes décisives à gauche. La question à 100.000 dollars, maintenant : cette option Coman en piston droit est autrement plus excitante que les contrôles patins à glace et centres au troisième poteau de Pavard, mais peut-elle être retenue quand l’adversité monte d’un cran, en grande compétition ?

« C’est une option qui dépend du rapport de force »

DD n’a pas vraiment fait semblant d’y croire en conférence de presse : « C’est une option qui dépend du rapport de force. Aujourd’hui ce n’était une option risquée du tout, j’imaginais qu’on aurait beaucoup le ballon et que Kingsley passerait beaucoup de temps dans la moitié de terrain adverse, même s’il a dû défendre une ou deux fois, ce qu’il a bien fait d’ailleurs ». Quoi d’autre. « Aujourd’hui, il avait de très bonnes sensations, on connaît ses qualités de centre, de percussion et tout ce qu’il peut nous amener dans le domaine offensif ».

Faut-il voir dans ce « Aujourd’hui » une forme de méfiance durable du staff vis-à-vis d’un joueur qui fait des allers-retours entre le terrain et l’infirmerie depuis qu’il est arrivé en sélection, en 2016 ? Ou bien une incompatibilité durable avec le système de jeu choisi, comme l’avait sous-entendu Deschamps dans son interview confession après l’Euro ? Un peu des deux, sans doute, sans que jamais ne soient remises en cause les qualités intrinsèques du dragster de Bavière. La dernière fois qu’on s’est penchés sur son cas, lors de la trêve de septembre, on avait interrogé Patrick Guillou, commentateur attentif des exploits du Français en Allemagne ;

« En équipe de France, on a toujours ce qu’on mérite. Par rapport à ses qualités intrinsèques et ce qu’il démontre au Bayern, il y a un goût d’inachevé sur ce qu’on le voit faire avec les Bleus. On aimerait le voir performer sur la durée, mais il y a toujours une blessure, un coup qui peut le diminuer, et cela conduit à une sorte de fatalisme. » Le lendemain, la FFF annonçait dans un communiqué médical que Coman quittait le groupe à cause d’une gêne au mollet. On croise les doigts pour ne pas recevoir un email de ce genre avant la Finlande.