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Comment les voiliers de course font-ils pour éviter les collisions ?

Transat Jacques-Vabre : De quels outils disposent les voiliers pour éviter les collisions au large ?

VOILEDans l'Atlantique nord, les concurrents de la Transat en double redoutent particulièrement le trafic maritime, les cétacés et les objets flottants
Frédéric Brenon

Frédéric Brenon

L'essentiel

  • La Transat Jacques-Vabre s’est élancée le 7 novembre du Havre. Objectif : rejoindre le plus vite possible Fort-de-France.
  • Quelque 79 bateaux répartis dans quatre catégories sont au départ.
  • Le voilier LinkedOut, du duo Thomas Ruyant- Morgan Lagravière, est l’un des favoris chez les Imoca.

Bientôt une semaine que les bateaux de la Transat Jacques-Vabre ont quitté Le Havre avec l’objectif de rallier le plus vite possible Fort-de-France (Martinique). La plupart des concurrents sont en train de quitter les côtes européennes, les premiers ont même dépassé l’archipel des Canaries. Au-delà des conditions météo (dont le fameux pot-au-noir), les skippers savent bien que le risque majeur d’une navigation à fond la caisse dans l’Atlantique nord est lié aux collisions. Surtout à bord d’un foiler capable de tutoyer les 40 noeuds de vitesse (70 km/h).

« Il faut l’avoir à l’esprit dans cette zone du globe qu’on n’est vraiment pas tout seul sur l’eau, explique Thomas Ruyant, actuellement en tête de la catégorie Imoca sur LinkedOut. Il y a beaucoup de trafic maritime, des cargos, beaucoup de pêche, que ce soit le long des côtes espagnoles, portugaises, ou même le long de la Mauritanie. Il faut être extrêmement vigilant. On a tous connu des moments un peu chauds. Ça n’a rien à voir avec le grand sud où, là, on peut ne croiser personne pendant des jours. » « Dans l’Atlantique, on peut se faire des frayeurs, confirme Morgan Lagravière, le coskipper de LinkedOut. Heureusement on a des outils pour nous aider. »

AIS, radar, caméras…

Pour éviter un accident ou une manœuvre dangereuse, la grande majorité des bateaux sont en effet équipés d’un système d’identification automatique, appelé AIS, leur permettant de se repérer à distance. « C’est un système de positionnement sur lequel on a un retour sur notre ordinateur de bord. On voit sur écran des infos sur le profil du navire, sa route, sa vitesse. Je peux y associer des alarmes, en particulier la nuit. Si, par exemple, je m’approche trop près, j’ai une alarme qui va se déclencher. Avec ça on est relativement tranquille aujourd’hui. Mais il faut faire attention le long des côtes parce qu’il y a des pêcheurs qui ne sont pas équipés de ce genre d’outil. On en a aussi qui en ont mais qui ne le branche pas. »

Pour assurer le coup, le voilier LinkedOut dispose également d’un radar, d’une caméra en tête de mât, et d’une caméra thermique. Grâce à cette dernière on « distingue bien les points chauds, comme un moteur, c'est très pratique ».

Le skipper Thomas Ruyant installé devant son ordinateur de bord.
Le skipper Thomas Ruyant installé devant son ordinateur de bord. - F.Brenon/20Minutes

Mais il n’y a pas que les embarcations qui constituent un danger potentiel. Moins visibles, les objets flottants non identifiés (Ofni) sont particulièrement nombreux dans l’Atlantique nord. « Dès que la mer est un peu agitée, tout ce qui flotte à la surface on ne le voit pas. Ça peut faire rapidement de très gros dégâts. On pense aux billes de bois, aux bouées dérivantes, aux conteneurs… Ça on ne sait pas trop les éviter. Les caméras ont fait de gros progrès mais elles ont leurs limites. C’est une vraie problématique de la course au large. Heureusement, c’est plus facile quand on est deux à bord comme sur une Transat que sur une course en solitaire comme le Vendée Globe. »

Un pinger pour tenter d’éloigner les cétacés

Le problème est similaire avec les animaux marins, les cétacés en particulier. « Le risque de collision augmente en raison de la vitesse croissante des voiliers de course, constate Thomas Ruyant. Pour les cétacés on a un pinger à l’avant: c'est un élément qui émet des ultrasons sous l’eau et qui est censé les faire réagir et s’éloigner. Mais il faut reconnaître que ce n’est pas miraculeux. Il peut nous arriver de taper et, là encore, les dégâts pour le bateau peuvent être importants. On risque aussi de blesser le poisson ce qui ne nous fait jamais plaisir. »

S’ils parviennent à traverser l’Atlantique sans encombre, les concurrents de la Jacques-Vabre, légèrement en retard sur les prévisions pour le moment, sont attendus à partir du début de semaine prochaine en Martinique. Les Imoca, bateaux stars du dernier Vendée Globe, pourraient arriver à partir de mercredi.

20 secondes de contexte

Partenaire de Thomas Ruyant lors de la Transat Jacques-Vabre 2019 et du Vendée Globe 2020, 20 Minutes continue d’accompagner le skipper sur la Transat Jacques-Vabre 2021.