Transat Jacques-Vabre : Taille, poids, foils… C’est quoi la catégorie Ultime ?

VOILE Cinq maxi-trimarans prendront le départ de la course Transat Jacques-Vabre qui part du Havre ce dimanche pour rejoindre Fort-de-France

Camille Allain
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A l'image du Sodebo Ultim 3 de Thomas Coville, cinq maxi trimarans prendront le départ de la Transat Jacques-Vabre le 7 novembre au Havre.
A l'image du Sodebo Ultim 3 de Thomas Coville, cinq maxi trimarans prendront le départ de la Transat Jacques-Vabre le 7 novembre au Havre. — Vincent Curutchet / Team Sodebo
  • Sur les 79 bateaux participants à la Transat Jacques-Vabre, qui part ce dimanche du Havre, on compte cinq Ultime, ces maxi-trimarans.
  • Ces bateaux de la catégorie Ultime ne peuvent pas mesurer plus de 32 m de long et 23 m de large.
  • Ces Formule 1 des mers sont capables de flirter avec les 90 km/h. Le prix d’achat est conséquent : plus de dix millions d’euros.

Ils seront cinq. Un chiffre qui fait sourire les 74 autres équipages engagés dans la Transat Jacques-Vabre. Mais qui représente un plateau de rêve pour tous les adeptes de la catégorie Ultime. Dimanche, cinq maxi-trimarans prendront le départ de la transatlantique en double, espérant être les premiers à arriver en Martinique quinze à vingt jours plus tard.

Ces immenses multicoques font partie des voiliers les plus rapides du monde grâce à leur impressionnante voilure et leur technologie de pointe empruntée aux sports mécaniques et à l’aéronautique. Ces véritables Formule 1 des mers ont des pouvoirs magiques. Malgré leur poids lourd, ils sont capables de voler et d’atteindre des vitesses folles. Autopsie de ces machines de mer.

Quelles sont les règles pour boxer dans la catégorie ?

La classe Ultime a longtemps été réservée aux bateaux de plus de 60 pieds. Depuis 2018, la fédération française de voile a cependant limité la catégorie aux bateaux n’excédant pas 32 m de long et 23 m de large, excluant de fait les immenses trimarans comme Spindrift.

La hauteur des mâts de ces monstres des mers donne le vertige et dépasse les 30 mètres. Celui du Maxi Edmond de Rothschild culmine à 37 mètres, soit l’équivalent d’un immeuble de 12 étages. La règle concernant la voilure est plus complexe. Le tirant d’air ne peut pas être supérieur « à 120 % de la longueur de coque la plus grande trouvée sur le bateau ». Pour Sodebo Ultim 3, cela représente 450 m² de voile quand il navigue au près, et jusqu’à 700 m² quand il sort son spi en vent arrière.

Ça file à quelle vitesse ?

Malgré leur poids dépassant les 15 tonnes, ces bateaux sont capables de flirter avec les 50 nœuds, soit une vitesse proche des 90 km/h. Un exploit rendu possible par les foils situés sur les coques, qui permettent aux ultimes de « voler » au-dessus de l’eau et donc de limiter les frottements.

Combien ça coûte un bateau comme ça ?

Attention, ça pique. Dans cette catégorie, la conception de la plupart des bateaux est estimée à 10 à 12 millions d’euros. Le « moins cher » de la catégorie est celui skippé par Yves Le Blevec. Cet Actual Ultim 3 a été racheté d’occasion cinq millions d’euros. Il s’agit de l’ancien trimaran Macif de François Gabart.

Des manœuvres très longues à réaliser

« Nous ne sommes pas plus forts que les autres skippers. C’est juste que chaque manœuvre nous prend plus de temps ». Habitué des ultimes, Thomas Rouxel (team Sodebo) sait combien il faut être affûté et attentif pour skipper de tels bateaux. « Chaque manœuvre nous prend au moins vingt minutes, parfois plus d’une heure ». Imaginez-vous passer une heure à tourner des manivelles dans une mer démontée… « Quand ça bouge dans tous les sens, moi j’essaye juste de m’accrocher et de ne pas être malade. Mais eux doivent manœuvrer dans ces conditions et garder leur calme. Je ne sais pas comment ils font », résume un technicien.

Qui sera au départ de la Transat Jacques-Vabre et qui est favori ?

Il n’y a pas besoin d’être un spécialiste de la voile pour comprendre que le plateau de cette Transat Jacques-Vabre est ultra-relevé. Dimanche, la catégorie Ultime verra s’affronter ce qui se fait de meilleur dans le monde de la voile. Facile vainqueur de la dernière Rolex Fastnet Race, l’impressionnant Maxi Edmond de Rothschild, skippé par Franck Cammas et Charles Caudrelier, fait figure de favori. Derrière lui, l’expérimenté Thomas Coville, associé à Thomas Rouxel sur Sodebo Ultim 3, a fait de la Jacques-Vabre son objectif de l’année.

François Gabart a mis à l'eau son nouveau trimaran géant ce jeudi à Concarneau.
François Gabart a mis à l'eau son nouveau trimaran géant ce jeudi à Concarneau. - Fred Tanneau / AFP

Armel Le Cleac’h et le rescapé du Vendée Kevin Escoffier semblent aussi armés pour emmener Banque Populaire XI. Le prodige François Gabard, associé au jeune skipper Tom Laperche, découvre peu à peu son bateau SVR Lazartigue, dont on ne connaît pas encore la fiabilité. A bord d’Actual Ultim 3 un peu plus ancien, Yves Le Blevec et Anthony Marchand iront sans doute moins vite. Mais ils ont la garantie de la solidité de leur maxi-trimaran.

Quel parcours pour les Ultimes ?

Pour la première fois, la Transat Jacques-Vabre proposera trois parcours différents pour les quatre catégories de bateaux. Les Ultimes devront parcourir 7.500 milles depuis le port du Havre pour rejoindre Fort-de-France. C’est presque le double des Class 40 (4.600 milles) et plus que les Imoca et Multi50 (5.800 milles). L’objectif ? Que les bateaux arrivent à destination dans des délais assez proches. Il faudra 15 à 18 jours aux ultimes pour effectuer ce parcours, même si la météo a un rôle prépondérant.