Stade Rennais-PSG : Paris peut-il gagner avec si peu de joueurs qui défendent ?
FOOTBALL•Battue pour la première fois de la saison sur la pelouse du Stade Rennais (2-0), l’équipe de Mauricio Pochettino a sombré en défenseCamille Allain
L'essentiel
- Le Stade Rennais a battu le PSG 2-0 ce dimanche, infligeant à Paris sa première défaite de la saison.
- Cinq jours après la victoire face à Manchester City, Paris avait aligné Di Maria, Messi, Neymar et Mbappé, pas vraiment réputés pour bien défendre.
- Leur titularisation a coupé l’équipe en deux et offert de nombreuses situations de contres aux Rennais.
Au Roazhon Park.
On avait rarement vu le PSG subir autant d’occasions cette saison. Pas même mardi quand il a affronté Manchester City en Ligue des champions. Sur la pelouse du Stade Rennais, modeste 14e de Ligue 1 au coup d’envoi, Paris a beaucoup subi. L’ogre parisien qui marchait sur la Ligue 1 avec 24 points sur 24 a fini par tomber (2-0). Et il y a mis la manière face à des Rennais très entreprenants. Puni par deux buts de Gaëtan Laborde juste avant la mi-temps et de Flavien Tait sur l’engagement de la seconde, Paris a montré ses carences. Quand son secteur offensif ne marque pas, son secteur défensif doit compenser. Mais Paris pouvait-il gagner avec si peu de joueurs qui défendent ? A l’issue de ce premier revers, on peut se poser la question.
Neymar, Mbappé, Messi et Di Maria. Un quatuor offensif qui fait baver d’envie bon nombre de grosses cylindrées européennes. Mais sur le plan défensif, on est proches du néant. Ce dimanche au Roazhon Park, les quatre superstars ont pesé dans cette première défaite de la saison du PSG. Mais pas dans le bon sens. Réputés pour l’absence totale de leur investissement défensif, les quatre hommes ont souvent coupé l’équipe en deux. Au point de la déséquilibrer. « Je ne pense pas qu’on peut analyser le résultat sur le système. Il y a déjà eu d’autres animations par le passé, qui ont fonctionné. Mais ce n’est pas ça qui doit conditionner notre analyse », résume Mauricio Pochettino. Battu pour la première fois de la saison, l’Argentin a même vu beaucoup de choses qui lui ont plu. « Je crois qu’on a fait les 25-30 premières minutes les plus abouties de la saison mais on n’a pas su marquer », ajoute le coach parisien.
Brillants mardi soir et auteurs d’un match de mammouth face à Manchester City, Verrati et Gueye ont cette fois sombré. Incapables de jauger les contres des Bretons et de compenser les ballons perdus par leurs offensifs. La faute à leurs attaquants mais aussi au bon coaching de Bruno Genesio. Avec quatre victoires face au PSG, l’ancien coach de l’OL a su s’adapter à son adversaire pour placer beaucoup de vitesse en contre. « J’ai beaucoup apprécié les prises de risques offensives même si parfois ça a créé des déséquilibres. Le peu de fois où on a été moins organisés, on a été sanctionnés. Mais c’était un risque qu’il fallait assumer, je l’avais dit aux joueurs. Face au PSG, il faut savoir prendre des risques, quitte à avoir une défaite large », explique Genesio.
« L’impact psychologique des buts a été important »
L’analyse de Pep Genesio est intéressante. Car Paris n’a pas été ridicule ce dimanche au Roazhon Park. Il a parfois gagné cette saison en jouant moins bien. Avec un peu plus de réussite, il aurait même pu marquer à plusieurs reprises sur un coup franc de Messi qui a frappé la barre ou le but de Kylian Mbappé finalement annulé pour hors-jeu. Et bien d’autres situations que le PSG s’est créé en première période. « L’impact psychologique des buts juste avant et juste après la mi-temps a été important. Mais il ne faut pas en faire une question personnelle. Le responsable c’est moi qui suis devant vous », a ajouté Pochettino en réponse à une question sur le non-match de Neymar. Car le Brésilien n’est pas le seul à s’être raté ce dimanche. « On est un peu frustrés de ne pas avoir matérialisé les occasions eues et de concéder ces buts. Ce type de situation nous laisse un peu amers », ajoute Pochettino.
Au coup d’envoi, on s’est dit que les Parisiens auraient sans doute du mal au milieu de terrain face à la densité proposée par le 4-4-2 de Genesio. Cela s’est vérifié, notamment sur les ailes où Kamaldeen Sulemana et Gaëtan Laborde ont fait très mal face à une équipe coupée en deux. « On peut dire ça oui. On savait qu’on aurait des espaces en contre. On les a fait tomber mais ils ont des occasions en première. On a senti dans le dernier geste, il leur manquait quelque chose. En leur faisant mal, on pouvait jouer en contre pour les mettre à mal derrière », analysait Flavien Tait après la rencontre. La bonne nouvelle pour Paris, c’est que ses poursuivants au classement sont loin. Et que cette défaite n’est pour l’instant qu’un petit caillou dans la chaussure. C’est gênant mais pas handicapant.


















