JO 2020 : Déclics et des claques à tout le monde... Les sports collectifs régalent à Tokyo (et c'est pas fini)

JEUX OLYMPIQUES Les sports collectifs nous font plaisir, mais jusqu'où iront-ils? 

William Pereira
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Les sports collectifs régalent à Tokyo
Les sports collectifs régalent à Tokyo — SIPA
  • Cinq équipes de france se sont qualifiées pour les demies de leurs tournois olympiques respectifs
  • Le hand, le basket mais aussi le volley brillent à Tokyo
  • 20 Minutes revient sur le parcours de chaque équipe et se mouille un peu avant la suite des événements

A Tokyo, l’union fait la force. Le football – dont on se gardera de faire le millième procès – mis de côté, les équipes de France olympiques brillent depuis le début de la quinzaine. Cinq d’entre elles se sont hissées en demi-finale de leurs tournois respectifs : le hand (féminin et masculin), le basket (féminin et masculin) et le volley, suscitant plus ou moins de frissons tout au long de leur périple. Si la satisfaction et l’envie de porter aux nues le modèle français en matière de sports collectifs nous envahissent à l’instant T, une réalité les réfrène aussitôt. C’est que, tout demi-finalistes qu’elles sont, ces formations ne sont absolument pas assurées de décrocher une médaille d’ici la fin des JO 2021. Gardons donc le champagne au frais pour plus tard et faisons, à deux matchs du sacre olympique, un petit état des forces en présence.

Handball masculin : le retour des Experts ?

Le déclic : La victoire contre les Allemands en phase de poules, assurément. Déjà, parce qu’elle a permis aux Français de se mettre dans le mode JO contre une opposition digne de ce nom (même si ce n’est plus la grande Allemagne) , comme le prouve la victoire dans les derniers instants du match. Ensuite, parce qu’elle a permis aux Bleus de se qualifier dès le troisième match et par extension de s’assurer une place dans la bonne partie du tableau.

La décla : Guillaume Gille, sélectionneur, après la victoire contre le Bahreïn. « Depuis le début de l’aventure de ce nouveau staff, on a toujours pointé Tokyo avec l’ambition de gagner les JO. Mais encore une fois entre l’ambition et la réalisation, il y a beaucoup de combats à gagner. »

Le pronostic : Médaille d’argent. S’il y a bien une équipe qui sait que dernier carré ne veut pas dire podium, ce sont les Bleus du hand. Les revoilà au même point qu’à l’Euro 2021, où ils avaient échoué à la 4e place. Le tableau paraît cette fois plus clément, avec l’Egypte en demies. On veut bien qu’il n’y ait pas de petite équipe à ce stade de la compétition, m’enfin là, une défaite serait à la limite de l’acceptable. Derrière, ça sera vraisemblablement le Danemark, un peu trop costaud pour les Français à première vue.

Dika Mem aka la gachette
Dika Mem aka la gachette - Nicolas Datiche/SIPA

Handball féminin : en mode diesel

Le déclic : La victoire contre le Brésil. Sans elle, pas de qualif ni de dérouillée infligée aux championnes du monde néerlandaises. Certes, il s’agissait de l’équipe la plus faible du groupe en face, mais les joueuses de Krumbholz restaient sur deux défaites et un nul (contre la Suède, qui aurait dû être une victoire si Zaadi n’avait pas vendangé un penalty au buzzer). En battant la Seleção de sept points, elles se sont non seulement qualifiées mais ont aussi pris confiance, ce qui s’est avéré utile en quarts.

La décla : Amandine Leynaud, gardienne « De l’intérieur, j’ai senti une montée en puissance depuis le départ. On a eu une poule vraiment très compliquée, des matchs serrés, des matchs où il faut se battre, des matchs où on prend des coups. Ce qui se passe entre nous, c’est du travail, du travail, du travail. Et en même temps, le travail paie. »

Le pronostic : médaille d’or. Si la montée en puissance se confirme, rien ne peut a priori arriver à cette équipe, qui a tout pour aller au bout, surtout après avoir écarté les championnes du monde. A condition de marquer à 7m contre la Suède en demies, n’est-ce pas, Grâce ?

Volley masculin : la folie qu’on n’attendait pas

Le déclic : La victoire de déglingo contre la Russie aura été l’acte fondateur de l’équipe de Laurent Tillie. Après un début cata contre les Etats-Unis et une autre défaite contre l’Argentine, la France jouait sans trop qu’on y croit face à la Russie, ou plutôt le ROC. Et, contre toute attente, Jean Patry a sorti le match de sa vie pour remettre les Français dans le bon sens.

La décla : Laurent Tillie, sélectionneur : « Faut pas que ça s’arrête, on est vraiment des survivants. On a battu une des meilleures équipes du monde. […] Ce serait beau d’aller chercher une médaille, on est contents d’être là. »

Le pronostic : Médaille d’argent. Si une revanche contre l’Argentine en demies est largement envisageable, le tournoi semble promis aux Brésiliens, un peu au-dessus des Ngapeth et compagnie.

Basket féminin : sur un fil

Le déclic : La qualification contre les Etats-Unis au terme d’un match un peu bizarre où les bons comptes – les Bleues ne devaient pas perdre par plus de 14 points d’écart – ont fait les bons amis, mais qui a permis aux Françaises de tracer leur route dans ce tournoi olympique.

La décla : Valérie Garnier, sélectionneuse, sur France 2. « Cette fin de match [en quarts], c’est terrible ! Et ça ne peut être que comme ça un France-Espagne en quart de finale olympique. On a eu des moments de faiblesse mais on a su rester debout. Elles ont eu de la volonté et c’est top. C’est un moment important pour le basket féminin français. »

Le prono : Médaille d’argent. Se faire surprendre une fois par le Japon, oui, deux fois, non. Encore que, si les Japonaises sont là, ce n’est pas par hasard… Quoi qu’il en soit, les Bleues ne feront pas mieux que finalistes. L’Or est à l’Amérique.

Basket masculin : jusqu’ici, tout va bien

Le déclic : Juste avant de sortir un match triple XL contre des Etats-Unis encore un peu sonnés, les Bleus avaient pris une énorme gifle lors de leur dernier match de préparation contre le Japon. Une défaite humiliante dont le point d’orgue – une première mi-temps calamiteuse – aura fait figure de seau d’eau froide sur les têtes endormies des hommes de Collet, qui finiront par échapper au sombre destin que d’aucuns leur prédisaient à Tokyo.

La décla : Vincent Collet, sélectionneur : « C’est le match d’une carrière. Les Jeux c’est la plus belle compétition en basket, la référence. […] Je rêve d’aller en finale des Jeux olympiques. Les deux matchs qui viennent, car il y en aura deux (finale ou pour la 3e place ensuite), seront ceux d’une carrière. »

Le pronostic : Médaille de bronze. Luka Doncic est une équipe à lui tout seul et on peut avoir toute la bonne volonté du monde, les basketteurs bleus seront obligés de s’incliner face à la grandeur du meneur de Dallas. Mais ils se reprendront pour aller nous chercher la troisième place contre l’Australie.