Coming-out : « Petit, j'avais appris à me détester », Guillaume Cizeron revient sur son homosexualité dans un livre émouvant

PATINAGE Le quadruple champion du monde de danse sur glace explique comment il est arrivé à révéler son homosexualité dans un livre

J.L. avec AFP
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Guillaume Cizeron et Gabriella Papadakis, le couple star du patinage tricolore.
Guillaume Cizeron et Gabriella Papadakis, le couple star du patinage tricolore. — Daniel MIHAILESCU / AFP

« Je suis en paix avec qui je suis », assure à l’AFP le champion du monde Guillaume Cizeron à l’occasion de la sortie d’un livre touchant dans lequel il décrit les affres d’une homosexualité longtemps subie, que le patinage artistique l’a aidé à assumer.

« Je ne suis pas militant, c’est plus pour sensibiliser les gens »

« Ce n’est pas militant », assure le quadruple champion du monde de danse sur glace, en expliquant la démarche de son premier livre,  Ma plus belle victoire (Editions XO) lors d’une interview à Montréal. C’est là que le patineur français vit et s’entraîne depuis 2014 avec sa partenaire de toujours, Gabriella Papadakis.



Il ne prétend pas s’ériger en porte-parole d’une cause, plutôt aider ceux qui souffrent. « C’est vraiment plus pour sensibiliser les gens, pour faire vivre de l’intérieur à quelqu’un qui ne s’est peut-être jamais posé la question de savoir comment c’était de grandir pour quelqu’un qui est homosexuel », dit-il. « Je trouve ça intéressant pour moi, de partager et peut-être d’aider certaines personnes à s’accepter ou à regarder peut-être avec un point de vue différent ce qu’elles ont vécu et ce qu’elles vivent en ce moment ».

Une « maladie » dont il espérait se débarrasser en tapant les murs

Dans ce récit émouvant, il raconte les insultes subies dès l’âge de 6 ans par l’enfant efféminé qu’il était, qui préférait jouer aux poupées Barbie avec ses sœurs plutôt qu’aux petites voitures ou au foot. Il y décrit ses tourments face à ce qu’il pensait d’abord être une « maladie », dont il espérait se débarrasser en se tapant la tête contre les murs.

Il se souvient de ce jour où son père, cultivé et a priori ouvert, a lâché un « Dégueulasse ! » alors que deux hommes s’embrassaient à la télévision. Pour autant, il n’est en colère ni contre sa famille, aimante et soudée, ni contre ceux qui l’ont raillé. « Je suis en colère envers les idées, les croyances, les préjugés. Je trouve ça tellement dommage. Parce que j’ai appris à me détester, je ne me détestais pas par nature. »