OM : Du mercato à la L1 à 18, Pablo Longoria fait le point sur les dossiers marseillais et du foot français

FOOTBALL Le président de l’Olympique de Marseille, Pablo Longoria, a balayé toute l’actualité de son club avec beaucoup d’aisance

Adrien Max

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Pablo Longoria lors de sa conférence de presse le 28 avril 2021.
Pablo Longoria lors de sa conférence de presse le 28 avril 2021. — Nicolas TUCAT / AFP
  • Pablo Longoria donnait une conférence de presse pour évoquer les sujets d’actualité de l’Olympique de Marseille, et rompre avec le quasi-silence médiatique de son prédécesseur Jacques-Henri Eyraud.
  • Il a évoqué les rumeurs de vente, le mercato, Jorge Sampaoli et une Ligue 1 à 18 clubs, entre autres.

« Une bonne communication, une bonne façon de faire les choses avec du respect, c’est important. » Le jeune président de l'Olympique de Marseille, Pablo Longoria (34 ans) donnait une conférence de presse ce mercredi matin pour balayer l’actualité du club. Nommé depuis seulement deux mois, celui qui s’est « déjà habitué » à son nouveau rôle veut rompre avec les habitudes de son prédécesseur, Jacques-Henri Eyraud, pour qui les relations avec la presse étaient devenues quasi inexistantes.

Il a réaffirmé sa volonté de s’inscrire dans la durée à l’Olympique de Marseille, « un club avec toutes les valeurs que j’aime dans le foot, que j’ai choisi pour vivre sa passion, vivre des émotions uniques, j’ai la sensation d’avoir trouvé ma place dans le monde, je suis très content ici en ville ». Une déclaration d’amour à l’OM et à la ville, après avoir abordé de très nombreux sujets d’actualités.

La vente du club

Beaucoup s’imaginaient cette conférence de presse comme une possible annonce de la vente du club, il n’en a rien été. « C’est un sujet sur lequel je suis surpris. Depuis janvier notre propriétaire a fait un communiqué : "Je ne vends pas le club". Il a discuté avec les supporters et a réaffirmé à tout le monde que le club n’est pas en vente. Il veut se pérenniser ici et encore faire des projets. Dans mes conversations à titre individuelles, il me parle de futur. Pour le moment, le club n’est pas en vente. Et dans mes expériences, lorsqu’un club est en vente, rien ne sort publiquement dans la presse. »

L’arrivée de Sampaoli

« Je suis très content avec le coach. La prochaine saison, il travaillera avec des profils de joueurs adaptés à son idée de jeu, maintenant c’est la phase d’adaptation. Mon travail tous les jours avec Jorge très positif. On était vraiment en difficulté, il a changé la dynamique, il a donné de la confiance à tout le monde. C’est une personne qui s’est très bien intégrée au club, il vit le club. Il y a des jours où il mange avec les gamins du centre de formation, c’est la chose qu’on avait envie de voir au club. C’est un très grand coach, il a les valeurs pour travailler dans ce type de club. Il a un impact sur les résultats, mais aussi sur le quotidien et la vie du club. »

Le mercato

Une chose est sûre, il sera très animé cet été avec plus de 15 départs potentiels. Mais des dossiers semblent prioritaires sur d’autres, comme l’avenir de Milik : « Je n’aime pas prendre des positions catégoriques mais on a le contrôle de Milik, oui. Tous les joueurs cherchent un plus dans leur carrière et jouer dans un top club en fait partie. Mais il répète qu’il est très heureux ici, dans ce grand club. »

Sur le prolongement d’Amavi et de Thauvin : « On avance et on continue de discuter, ce qui est plutôt positif dans le moment actuel. Les situations de fins de contrats en Europe sont très compliquées, tous les clubs sont en difficultés, le marché a changé radicalement. Certains joueurs attendent beaucoup en salaire alors qu’on va vers une réduction. »

Et le recrutement de Balerdi et Lirola : « Nous sommes toujours en communication avec leurs agents. On discute tous les jours sur les possibilités de faire ces dossiers. On ne va pas faire de négociations trop offensives, on veut trouver un point d’équilibre mais nous sommes très contents de Pol et de Leo. »

Les difficultés économiques

« Tous les clubs, et pas seulement en France sont en difficulté. C’est encore plus compliqué pour le foot français avec les droits TV, il y a beaucoup d’insécurité. J’en profite pour apporter tout mon soutien aux salariés de Bordeaux, nous devons tous être solidaires. Pour l’Olympique de Marseille, les jours de match génèrent beaucoup d’argent avec le stade donc c’est une situation difficile à gérer. Nous nous posons beaucoup de questions sur la pérennité mais le club n’est pas dans une situation critique. Le propriétaire est très solide et je dois le remercier. C’est une situation très difficile et tous les acteurs doivent réfléchir ensemble. »

La Ligue 1 à 18 clubs

Une des solutions serait le passage à une Ligue 1 à 18 clubs selon Pablo Longoria. « Une des tendances du foot européen et français serait une réduction du nombre de joueurs dans l’effectif. On joue beaucoup de matchs et les joueurs sont les acteurs les plus importants d’un club. Je suis pour une Ligue 1 à 18 clubs, pour améliorer la compétitivité du championnat, attirer plus d’attentions et chercher comment respecter les acteurs prioritaires que sont les joueurs. »

Le centre de formation et la cellule recrutement

La nomination de Pablo Longoria au poste de président de l’OM a un peu chamboulé le secteur sportif, avec la nomination de David Frioo en tant que directeur technique et l’arrivée de Mathieu Louis-Jean en tant que responsable de la cellule de recrutement. « Il a une expérience internationale, c’est une personne importante pour le futur du club, l’un des meilleurs recruteurs français. Nous avons mis un nouvel organigramme en place avec une méthodologie de travail sur le modèle et l’esprit du jeu. Cette méthodologie est très importante pour nous aider dans ce projet de jeu. Nous avons de bonnes relations avec les clubs de la ville et nous voulons recruter les meilleurs joueurs de la ville. Je considère que tu ne peux pas aller recruter des joueurs en Suisse ou en Afrique si tu n’es pas crédible dans ta propre ville. »

Ses propos sur la formation en France

Il jugeait les joueurs formés en France comme trop « individualistes » dans leur approche au détriment du collectif. « Chacun a une opinion bien précise sur les évolutions et la réalité du foot français, je me basais sur la question du classement UEFA de la France. Cette année la France a 7.900 points quand Israël en a 7.000. Pourquoi sommes-nous arrivés à cette situation ? Je me permets, avec beaucoup de respect car il y a de très bons coachs en France, une réflexion générale sur cette situation compliquée. Et pour moi l’un des problèmes qu’on a c’est le type de formation très individualiste. Leur adaptation est toujours différente à l’étranger, sans dire qu’elle est pire ou meilleure. Quand on voit un joueur français arriver, il vient avec son préparateur personnel, son nutritionniste individuel, on a plus l’impression d’un joueur de tennis que d’un joueur de foot. Et quand tu es dirigeant, tu te poses beaucoup de questions. On peut aussi avoir une réflexion sur le style de l’équipe nationale. Avoir un style propre comme l’Espagne en 2010 a permis à beaucoup de techniciens espagnols de s’exporter vers d’autres pays ».