Equipe de France : Les dix enseignements de la liste de Deschamps

FOOTBALL Le sélectionneur a livré une liste de 26 noms pour les trois matchs éliminatoires pour la Coupe du monde 2022 qui se profilent en mars-avril

Julien Laloye
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Didier Deschamps, le 18 mars 2021 au siège de la FFF.
Didier Deschamps, le 18 mars 2021 au siège de la FFF. — FRANCK FIFE / AFP

Ce n’est pas encore la tension du mois de mai, celui des explosions de joie spontanées devant sa télé ou des déceptions insondables de ne pas voir son nom dans la liste des 23, mais il y avait quand même l’impression que les affaires sérieuses reprennent boulevard de Grenelle, quand Didier Deschamps a donné sa liste des 26 (because Covid-19) pour les trois matchs face à l’Ukraine, le Kazakhstan et la Bosnie. Lemar, Dembélé et Ndombélé reviennent de loin notamment. 20 Minutes fait le tour de ce qu’il faut en retenir.

Ça va être chaud pour Fekir et Nzonzi

Parmi les champions du monde qui auraient pu être et qui n’y sont pas là malgré une liste de 26 noms et quelques prétendants éventuels laissés officiellement à disposition des espoirs, Nabil Fekir et Steven Nzonzi ont clairement du souci à se faire. La faute à une saison anonyme dans un club de seconde zone européenne pour les deux, même si on a longtemps pensé que DD avait une faiblesse secrète pour les dribbles chaloupés de Nabilon. Même si évidemment « personne n’est condamné, et qu’il vaut mieux être dans la liste de mai que de mars ».

Dembélé peut dormir tranquille s’il ne se blesse pas

Deux ans qu’il n’avait pas mis les pieds en équipe de France, mais Ousmane Dembélé reste un profil à part dans l’esprit du staff. Trois mois sur pied avec ses qualités et ses défauts (grosse capacité d’élimination, finition discutable) lui auront suffi pour être rappelé : « Il enchaîne les matchs, il a retrouvé ses capacités athlétiques avec toujours cette capacité à faire des différences même s’il pourrait gagner en efficacité. Il a retrouvé le niveau qu’il avait ». Si pas de blessure d’ici juin, Ousmane en sera.

Pas encore mort pour Aouar et Camavinga

Retenus en début de semaine par Sylvain Ripoll pour la phase de poule de cet Euro espoir baroque, Camavinga, Aouar ou Jules Koundé, la nouvelle hype andalouse, n’ont pas forcément perdu toute chance de monter dans la loco pour l’Euro, si l’on en croit DD : « Vous savez que j’échange souvent avec Sylvain. J’ai pris la décision de lui laisser tous les joueurs de la catégorie espoirs à disposition pour cette phase finale. Evidemment avec le staff technique on les suivra tous attentivement. Il y a encore deux mois où là bien évidemment l’équipe de France A redeviendra prioritaire ».

Bizarre, alors que Deschamps, depuis le temps qu’il est dans la place, a toujours avancé que la « grande » équipe de France avait priorité quoi qu’il arrive. Mais il aurait aussi pu dire que les deux traversaient un hiver délicat et qu’ils n’avaient pas leur place chez les grands de toute façon. Il reste donc un petit trou de souris pour le Rennais, en théorie, puisque le Lyonnais n’avait emballé personne à l’automne à un poste qui n’est pas le sien.

Ferland Mendy n’est pas un plan B

On peut déloger Marcelo à Madrid et arpenter le terrain dans les endroits les plus improbables avec Zidane sans pour autant avoir d’avenir immédiat en équipe de France. Si Ferland Mendy fait bien partie de la liste du moment, c’est surtout parce que DD a pris un 9e défenseur au cas où en ces temps de Covid-19. Lui-même nous l’a avoué à demi-mot : « Il ne passe pas après tout le monde, c’est vrai qu’il joue dans un club où l’aspect médiatique prend beaucoup d’ampleur, au détriment d’un Lucas Digne qui a été très bon avec nous et qui a pu être oublié à un moment du fait de son exposition médiatique moindre, peut-être par moi aussi à un moment. Ferland peut couvrir les deux postes, même si je le considère comme un arrière-gauche avant tout, mais il y a de la concurrence. »

Pas de regrets pour Adbou Diallo

« Je n’ai jamais bloqué un joueur pour l’empêcher de jouer pour un pays, et dans l’autre sens, je respecte le choix des joueurs ». Deschamps a été cohérent avec son discours habituel concernant le choix d’Abdou Diallo, ancien capitaine des Espoirs, de représenter un autre pays chez les A (le Sénégal). Tant pis pour lui, au suivant.

Sissoko, l’indestructible

On n’a même pas évoqué son cas une seconde, comme on n’y aurait pas pensé si son nom n’était pas sorti du chapeau. Mais voilà, Sissoko fait partie des gars sûrs de DD, il compte pour Mourinho à Tottenham, et il ne sera jamais loin du cut final, y compris pour la compétition qui nous intéresse en juin.

Benzema, plus personne n’y croit

Le dernier confrère à s’être risqué à poser la question sur le sujet s’était pris une volée de bois vert en retour à l’automne. Pour voir un jour le cinquième meilleur buteur de l’histoire de la C1 régaler avec Mbappé, il faudra espérer que Florentino Perez vide son assurance vie l’été prochain.

Lenglet ira à l’Euro malgré sa saison cataclysmique

L’ancien sévillan enchaîne les boulettes depuis l’automne en Catalogne, il coûte un penalty par match à son équipe, mais le staff des Bleus ne le lâchera pas en rase campagne. D’abord parce que Deschamps n’a aucun feeling avec Laporte, qui en plus ne joue plus beaucoup à City, et ensuite parce qu’Umtiti est retourné au fond du banc du Barça après une petite éclaircie en février. Next.

Tolisso sera trop juste pour l’Euro

Au détour d’une réponse anodine sur le temps qu’il reste avant la vraie liste de mai, Deschamps a confirmé ce qu’on craignait pour Tolisso, à savoir qu’il serait « très compliqué » au milieu bavarois de se retaper à temps pour l’Euro. Cela offre un boulevard à Ndombélé, s’il ne se fâche pas avec le Salazar des Spurs d’ici là.

DD ne nous fera pas une Galthié

On ne pouvait évidemment finir cette conférence de presse sans se préoccuper des conditions de la bulle sanitaire qui devra protéger les Bleus au gré de leur périple au Kazakhstan puis en Bosnie après la réception de l’Ukraine, après la mascarade de Marcoussis. Réponse du sélectionneur, sans un sourire : « A partir du moment où tout le monde est réuni, les personnes qui sont dans cette bulle, personne n’en sort, et personne ne rentre. Ce n’est pas spécialement sur ordre du ministère, c’est le protocole UEFA qui est strict et qui ne l’est pas moins qu’au mois de novembre ». On a un peu plus envie d’y croire cette fois.