Le Stade Rennais réduit la voilure pour le projet d’agrandissement de son centre d’entraînement

FOOTBALL Depuis quelques mois, les défenseurs de l’environnement se mobilisent pour préserver la Prévalaye

Camille Allain

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Les joueurs du Stade Rennais, ici le 1er juillet 2020 sur la pelouse du centre d'entraînement Henri Guérin, à la Piverdière. Lancer le diaporama
Les joueurs du Stade Rennais, ici le 1er juillet 2020 sur la pelouse du centre d'entraînement Henri Guérin, à la Piverdière. — C. Allain / 20 Minutes
  • Un comité de gestion de la Prévalaye s’est réuni ce mardi pour évoquer l’agrandissement du centre d’entraînement du Stade Rennais.
  • Depuis plusieurs mois, des associations environnementales s’inquiètent de cette extension sur ce site sensible.
  • Le Stade Rennais a revu son projet à la baisse et envisage la création de deux terrains, contre cinq envisagés au départ.

Deux camps qui ne se parlent pas, qui ne se côtoient pas et qui ne se comprennent peut-être pas. A Rennes, le projet d’extension du centre d’entraînement du Stade Rennais fait des remous. La faute au lieu d’implantation de la Piverdière, nichée au cœur de la Prévalaye, un site collé à la rocade mais souvent présenté comme un réservoir de la biodiversité de la capitale bretonne. Ce mardi, le club de François Pinault a présenté ses premières esquisses aux membres du comité de gestion. Présidée par l’élu écologiste Didier Chapellon, cette instance compte plusieurs farouches opposants au projet d’extension, dont plusieurs associations de défense de l’environnement. Dimanche, elles avaient organisé un rassemblement de « plantation rébellion » au cours duquel 500 arbres ont été plantés non loin du centre d’entraînement du club de football.

Contrairement à ce qui était envisagé, seuls deux nouveaux terrains devraient être créés, contre cinq au départ du projet, a fait savoir le club ce mardi. Plusieurs bâtiments devraient être construits en lieu et place de l’existant afin de limiter la bétonisation des terres. « Des façades et toitures en bois brûlé, des toitures végétalisées, la structure bois et des matériaux bio-sourcés », seront adoptés.

L’ambition du Stade Rennais est de regrouper ses activités sur un seul et même lieu. Aujourd’hui, le centre de formation est installé dans de modestes locaux situés au pied du Roazhon Park. « On va regrouper tous les sites. Le centre de formation viendra à la Piverdière, c’est notre priorité », avait annoncé Nicolas Holveck à son arrivée au club l’été dernier. L’intégration d’une section féminine était également à l’étude.

De 11 à 15 hectares d’ici 2023

Lundi, le président s’était exprimé à ce sujet en conférence de presse. « Le projet n’est pas finalisé. Nous aussi on écoute. La Piverdière, c’est 15 hectares sur les 150 que compte la Prévalaye. On est un confetti. Mais je le répète, tout n’est pas établi. On a écouté les remarques et on a fait évoluer notre projet, qui peut encore évoluer ». Le club a présenté trois pistes au comité de gestion (voir visuels dans notre diaporama en illustration). L’ambition serait d’augmenter la capacité d’environ 3,5 hectares et de passer de 11,4 hectares à 15 hectares, « soit 0,8 % de la superficie totale du site de La Prévalaye », précise le club. Dans son communiqué, il ajoute que le Stade Rennais « a la volonté de reboiser » et précise que « 1.000 arbres seront plantés et des haies bocagères seront développées ».

Le club prévoit également d’ouvrir des espaces au public, notamment avec des installations de sport-santé comme des parcours de santé ou des terrains de foot à 5 en libre accès.

Depuis plusieurs semaines, des voix s’élevaient contre cette extension du centre Henri-Guérin, à commencer par celle de Mickaël Hardy, qui a fondé la ferme en permaculture baptisée PermaG'rennes et située juste à côté. Très remonté, ce dernier a souvent exprimé sa crainte de voir « des jardins ouvriers, des parcelles agricoles et des espaces de biodiversité disparaître ». Selon les trois projets présentés retenus, ce sont soit des terres agricoles soit des jardins ouvriers qui seraient « absorbés » par le Stade Rennais, soit un peu des deux. S’il est validé, ce projet d’agrandissement pourrait être opérationnel en 2023.

En 2019, plusieurs associations avaient alerté la ville sur certains aménagements, notamment des pistes goudronnées où scooters et motos massacraient les salamandres et tritons