Rennes : Comment la ville espère encourager le développement de l'agriculture urbaine

ALIMENTATION Plusieurs projets d’installation de structures professionnelles sont à l’étude dans la capitale bretonne

Camille Allain

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Des jardins familiaux côtoient une exploitation maraîchère professionnelle dans le quartier du Blosne à Rennes.
Des jardins familiaux côtoient une exploitation maraîchère professionnelle dans le quartier du Blosne à Rennes. — C. Allain / 20 Minutes
  • Plusieurs projets d’installation d’agriculteurs vont se concrétiser en 2021 à Rennes.
  • La municipalité souhaite encourager l’agriculture urbaine dans les années à venir.
  • Un enjeu écologique, alimentaire, mais aussi d’éducation pour ramener la nature et les cultures dans les milieux urbains.

Des fleurs, des couleurs et des saveurs au milieu du béton de la ville. Des abeilles qui butinent, des mésanges qui nichent et des papillons qui s’y reposent. Alors que les métropoles françaises tentent toutes de se verdir, bon nombre d’entre elles se laissent tenter par l’agriculture urbaine. Capitale de l’une des principales régions maraîchères de l’Hexagone, Rennes a déjà prêté ou loué une partie de ses terres à des agriculteurs. Un choix que la municipalité compte développer cette année en lançant plusieurs appels à projets aux quatre coins de la ville. « Nous souhaitons développer des lieux de production dans tous les quartiers. Ce sont des outils précieux pour sensibiliser les habitants à une consommation locale et durable. Il faut remettre l’alimentation au cœur des enjeux urbains », explique Ludovic Brossard, adjoint en charge du dossier auprès de Nathalie Appéré.

Sur ces surfaces en friche, souvent de taille modeste, la ville a déjà installé plusieurs projets comme l’emblématique ferme en permaculture PermaG’Rennes, à la Prévalaye, ou sa voisine Le Jardin des Mille Pas. Pas question pour autant d’espérer nourrir plus de 200.000 habitants avec ces fermes urbaines. Le maire écologiste de Grenoble Eric Piolle le sait depuis qu’il s’est fait sérieusement tacler en évoquant « l’avancée vers l’autonomie alimentaire » de sa ville, après l’inauguration d’une ferme urbaine de 3.000 m², qui ne pourra nourrir que quelques habitants. « On ne parle pas d’autonomie alimentaire. Notre rôle, c’est d’accompagner une transition, de montrer des choses oubliées, de recréer un lien avec la nature », explique Hélène Brethes, coordinatrice des Cols Verts.

Son association a fait appel à une maraîchère professionnelle il y a un peu plus d’un an pour cultiver des terres au milieu des tours du quartier du Blosne. La ville vient de lui octroyer deux nouvelles parcelles sur un hectare et demi à côté du garage atelier du métro à la Poterie. « Depuis que nous avons commencé, nous voyons plein de gens qui demandent à nous acheter nos légumes. Il y a un retour au local, à la volonté de soutenir les gens du quartier », poursuit la coordinatrice.

Au-delà de la vente aux restaurants solidaires du quartier, le potager est surtout un support d’éducation pour les Cols Verts, qui animent quinze ateliers par semaine auprès de scolaires. C’est dans cette direction que la municipalité rennaise souhaite s’engouffrer. Un projet de guinguette culturelle portée par l’association 35 Volts va voir le jour dans l’ancienne ferme de Quincé. Une autre guinguette sera déployée autour de jardins potagers à la Prévalaye grâce au projet Basse-Cour. « Nous ne pouvons pas lancer 25 appels à manifestation d’intérêt en même temps mais nous avançons progressivement et nous voulons encourager toutes les formes d’agricultures. On devrait bientôt voir des poules pondeuses en bas des immeubles de Beauregard et des vaches pie noire à la Prévalaye », assure l’élu Ludovic Brossard. Une première graine.