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Qui est le plus fort entre le Losc 2011 et le Losc 2021 ?

Losc : Quelle équipe est la plus forte, celle de 2011 ou celle de 2021 ?

FOOTBALLAprès 22 journées, le club nordiste est leader du classement de la Ligue 1 et peut rêver d’être champion comme l’équipe de 2011
François Launay

François Launay

L'essentiel

  • Leader du championnat à seize journées de la fin, le Losc peut commencer à rêver du titre.
  • Sur le papier, l’équipe de 2021 rivalise dans beaucoup de domaines avec sa devancière de 2011 sacrée championne de France.
  • Mais les obstacles sont encore nombreux avant de décrocher le Graal.

Dans le film culte La Cité de la Peur, Dominique Farrugia se demandait avec raison qui était le plus fort entre l’éléphant et l’hippopotame. Il est aussi difficile de répondre à cette question que de savoir qui est le plus fort entre le Losc 2011 et le Losc 2021. Leader de Ligue 1 après 22 journées et 48 points, l’équipe actuelle réalise une saison exceptionnelle.

Au point de commencer à rêver d’égaler la bande à Hazard sacrée championne de France il y a dix ans. L’occasion d’entamer le jeu des comparaisons avec le regard extérieur de Gregory Tafforeau, ancien capitaine du Losc devenu consultant sur France Bleu Nord.

Attaque : avantage Losc 2011

Des joueurs interchangeables face à un trio de rêve. Cette saison, quand Yilmaz est blessé, c’est Yazici qui marque. Quand David galère, c’est Bamba qui prend le relais. Mais en 2011, l’association Hazard, Sow, Gervinho était indiscutable, irremplaçable et sans doute au-dessus. « En 2011, le Losc était plus dépendant de son attaque que l’équipe de cette saison. Hazard, Sow et Gervinho étaient hyper influents. Sow a fini à plus de 20 buts [24]. Il y avait vraiment une ligne d’attaque plus importante que cette année », analyse Tafforeau

Défense : avantage Losc 2021

Debuchy, Rami, Chedjou, Béria contre Celik, Botman, Fonte, Reinildo (ou Bradaric). Sur le papier, les défenses des deux équipes se valent. Avec un léger avantage à la charnière actuelle Fonte-Botman très complémentaire. « C’est le point fort de cette saison même si l’équipe est un peu plus en difficulté sur les côtés. Botman donne l’impression d’être là depuis des années alors qu’il est arrivé cette saison. Et sa complémentarité avec Fonte qui est joueur très expérimenté marche très bien. »

Milieu : avantage Losc 2011

Mavuba, Cabaye, Balmont contre André et Soumaré ou Sanches ou Xeka. En gros, André fait la pluie et le beau temps cette saison dans le milieu lillois. Ce qui rend le Losc dépendant de lui là où en 2011, Lille avait plus d’options. « Quand André n’est pas là, ça se ressent tout de suite. Il fait la transition. En son absence, tu sens que c’est un peu plus compliqué pour cette équipe ».

Style de jeu : avantage Losc 2011

Des buts à foison et un jeu tourné vers l’attaque. Quand on se souvient du Losc 2011, ce sont souvent les matchs au Stadium avec un tarif minimal de deux à trois buts d’écart qui reviennent en mémoire. A l’inverse, le Lille de cette saison, malgré un bel automne, est moins flamboyant depuis janvier mais très efficace.

« En 2011, c’était plaisant car on voyait des buts quasiment à tous les matchs. C’était assez spectaculaire. C’était l’année d’Hazard, il était impressionnant. Cette saison, on a pris beaucoup de plaisir au début mais on dirait que l’équipe est devenue un peu plus prévisible depuis janvier. En termes d’individualités, l’équipe de 2021 est un ton en dessous. Même s’il y a une force collective importante qui peut pallier les mauvaises périodes des individualités », analyse Tafforeau

Entraîneur : avantage Losc 2021

Garcia ou Galtier. Pour Tafforeau, qui n’a jamais vraiment porté dans son cœur l’actuel entraîneur de l’OL, le choix est vite fait. « En 2011, je pense que le Losc aurait été champion avec n’importe quel entraîneur. Alors que cette année, je ne pense pas que cette équipe-là soit au même endroit avec un autre entraîneur. Pour moi, Galtier est largement supérieur à Garcia. C’est vraiment la bonne personne au bon endroit »

Adversité : avantage Losc 2021

En 2011, le PSG qatari n’existait pas encore. Le Losc s’est battu pour le titre contre une belle équipe de Marseille, championne de France 2010. Mais rien de comparable avec les stars comme Neymar ou Mbappé qui jouent aujourd’hui à Paris. « Il y a plus d’adversité aujourd’hui. Il y a aussi plus de surprises. Les derniers peuvent taper les premiers. Et puis, en 2011, le Losc semblait programmé pour être championne ce qui n’est pas le cas cette saison », reconnaît l’ancien défenseur.

Banc de touche : avantage Losc 2021

S’il y a bien un domaine dans lequel l’équipe de cette saison semble largement supérieure à celle de 2011, c’est au niveau du choix des remplaçants. Christophe Galtier dispose d’un effectif bien plus large et plus compétitif que celui de Garcia. « Il n’y a pas photo. Il y a une profondeur de banc et un groupe plus étoffé. En 2011, Garcia avait moins de solutions et pouvait faire la saison avec 16 joueurs. La force de Galtier, c’est d’avoir un groupe concerné car chacun sait qu’il peut jouer à tout moment. Les joueurs du groupe semblent interchangeables. »


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Bilan

Avec quatre points contre trois, le Losc 2021, plus solide, plus complémentaire, semble sur le papier un peu plus fort que l’équipe de 2011. Mais rien ne dit que Lille rééditera sa performance de finir champion car le parcours est encore semé d’embûches à seize journées de la fin. « Ça va être compliqué d’aller au bout. Paris et Lyon sont très bien armés aussi. Et puis, le calendrier du Losc est difficile. Il faut encore aller à Paris, Lyon et Monaco. Ce ne sera pas simple », reconnaît Tafforeau. Aller chercher le titre ressemble à un exploit encore plus gros qu’il y a dix ans.

«La différence avec nous, c’est qu’ils n’ont pas d’Eden Hazard », estime Balmont

Membre important de l’équipe qui a réalisé le doublé en 2011, Florent Balmont jette son regard sur ce Losc 2021.

Trouvez-vous que l’équipe actuelle du Losc a des similitudes avec la vôtre ?

Oui. Ils ont une très bonne base défensive, ça va très vite devant. Et même s’ils sont un peu moins bien en ce moment, ils gagnent des matchs 1-0. Et ça pour moi, c’est aussi un plus. Ils n’ont perdu que deux matchs et peuvent vraiment embêter Paris. Il ne faut pas qu’il y ait trop de pépins physiques car ça peut se jouer à peu de choses.

Quelle est la principale différence entre les deux équipes ?

C’est dur à dire. Mais ils n’ont pas d’Eden Hazard qui était notre plus il y a dix ans. Même s’il y a de très bons joueurs, il y a peut-être cette différence-là. A l’inverse, ils ont un banc bien fourni. Nous, on était moins nombreux mais les entrants étaient toujours décisifs.

L’adversité est – elle plus relevée aujourd’hui ?

Oui et Non. A l’époque, Marseille avait aussi une bonne équipe. Après, Neymar et Mbappé, c’est du lourd. Mais quand on est champions, ce n’est jamais facile d’être très bons sur 38 journées. Là, il y a trois équipes voire quatre avec Monaco qui vont se battre pour le titre. Il reste encore beaucoup de matchs. On verra ce que donneront leurs confrontations directes. En 2011, le tournant avait été notre match à Marseille disputé fin février je crois. On était premiers, Marseille était deuxième et on gagne. Ça nous avait apporté énormément de confiance. On verra s’ils répondront présents dans les gros matchs où ils seront forcément attendus.

Recueilli par F.L