Rennes-OL : Le Stade Rennais a trouvé son nouvel attaquant sans débourser un euro au mercato

FOOTBALL Replacé en pointe, Martin Terrier a été très bon mercredi soir et c’est tout le collectif breton qui a brillé face à Lyon. Un match nul frustrant mais encourageant

Camille Allain

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Martin Terrier a livré un grand match samedi soir face à son ancien club l'Olympique Lyonnais.
Martin Terrier a livré un grand match samedi soir face à son ancien club l'Olympique Lyonnais. — Loïc Venance / AFP
  • Le Stade Rennais a concédé le match nul samedi soir (2-2) face à l’Olympique Lyonnais après un match très plaisant qu’il a longtemps dominé.
  • Le coach Julien Stéphan avait décidé de titulariser Martin Terrier en pointe, lui qui était peu en réussite sur son côté gauche.
  • Porté par les appels en profondeur de son attaquant et son milieu de terrain à trois voire quatre joueurs, Rennes aurait dû l’emporter et repart frustré. Mais veut en tirer des leçons.

Au Roazhon Park.

On va être honnêtes et francs (pour une fois). On n’avait pas pensé à cette éventualité. On l’a vue traîner sur Twitter avant de faire route vers le glacial Roazhon Park et l’idée nous a bien branchés. Julien Stéphan l’avait sans doute anticipé un peu plus que nous. Samedi soir, le coach du Stade Rennais a titularisé Martin Terrier à la pointe de son attaque pour défier le leader lyonnais. Un coup de poker pour relancer l’ancien de la maison ? Plutôt un moyen de répondre à la méforme de ses avants-centres habituels. Transparent face à Nantes mercredi, Adrien Hunou a cédé sa place à Martin Terrier, préféré à un Mbaye Niang souvent trop statique.

Bien lui en a pris ! Volontaire, la recrue estivale a livré un match plein et délivré deux passes décisives. Le match nul (2-2) concédé face aux Lyonnais a pourtant laissé un goût amer aux joueurs de Julien Stéphan, qui ont martyrisé le leader pendant soixante-quinze minutes, avant d’être punis par le génie de Memphis Depay, buteur puis passeur décisif. Mais cette dernière perf de la phase aller laisse présager des jours heureux si les Rennais arrivent à reproduire ce genre de prestation.

Il avait de l’allure ce 11 de départ concocté par Julien Stéphan pour défier l’équipe française la plus en forme. En titularisant Camavinga aux côtés de Nzonzi et Grenier en milieu, en offrant l’aile droite au jeune Doku et en blindant son flanc gauche avec le pugnace Bourigeaud, le coach breton optait pour un mélange de jeunesse et d’expérience qui sentait bon le ballon. « Rennes en voulait beaucoup plus que nous pendant une heure. On gérait mal la qualité du milieu de terrain. Avec la présence de Bourigeaud (auteur du second but) qui jouait devant mais qui ne jouait pas vraiment devant et jouait quatrième milieu, ça leur donnait une densité supplémentaire », reconnaissait l’entraîneur de l’OL Rudi Garcia.

Devant un milieu aussi dense, Martin Terrier s’est régalé, multipliant les appels et jouant à merveille avec l’autre ancien Lyonnais Clément Grenier, à qui il a offert le premier but. « Martin a la possibilité d’attaquer la profondeur et c’est ce que je lui avais demandé. Il a eu un geste de classe sur le but de Clément. Il y a une connexion technique entre ces deux joueurs, qui sentent le foot », expliquait Julien Stéphan à l’issue de la rencontre.

Mais ce n’est pas seulement la présence de Martin Terrier en pointe qui a métamorphosé les Rennais, inoffensifs quatre jours plus tôt à Nantes. C’est toute une organisation qui a mis à mal le leader de Ligue 1 et son milieu pourtant réputé Aouar, Paqueta, Thiago Mendes. Pendant soixante-quinze minutes, les Bretons ont marché sur leur adversaire du soir, passant même par des séquences brillantes de possession de balle, obligeant Anthony Lopes à plusieurs parades décisives pour ne pas que son équipe coule.

« On manque un peu de malice »

Il a cependant manqué du jus et de l’expérience aux Rennais pour infliger à l’OL sa première défaite depuis septembre. « On a fait 75 minutes de très haut niveau. Ça faisait très longtemps qu’ils n’avaient pas été bougés comme ça », reconnaissait Julien Stéphan, oscillant entre satisfaction et frustration. Capitaine en l’absence de Damien Da Silva, blessé, Hamari Traoré dressait le même bilan. « On est très frustrés. On a mieux joué pendant soixante-quinze minutes mais on manque un peu de malice. On aurait dû mieux négocier ces 15 dernières minutes. C’est une bonne leçon. Je pense que Lyon n’a jamais été aussi malmené. Mais on est frustrés. On aurait mérité de prendre les trois points », regrettait le latéral. Avant d’ajouter. « Il y a des leçons à en tirer. Ça va nous servir pour la suite ».

Le Stade Rennais boucle sa phase aller à la cinquième place avec 33 points, soit trois de moins que la saison passée. « L’an dernier, c’était un record. On est sur la même lancée. J’aimerais qu’on gagne en régularité », estimait Stéphan à l’issue du match. La saison dernière, son équipe avait terminé troisième d’un championnat amputé de ses derniers matchs. Avec une qualification historique en Ligue des champions. L’exploit sera sans doute difficile à reproduire tant le niveau de la Ligue 1 semble s’être élevé. Mais avec des matchs comme celui qu’il a livré samedi soir, le club peut en rêver.