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Pourquoi y a-t-il eu des pannes de pilote auto sur le Vendée Globe ?

Vendée Globe : Pourquoi a-t-on vu des pannes de pilote automatique en série ? C'est la question de la semaine

VOILEComme chaque semaine, « 20 Minutes » répond à une question autour de l'actualité de la course
William Pereira

William Pereira

A chaque phase de course sa peine. Les ofnis pour la descente de l’atlantique, les vagues briseuses de carènes à l’entrée de l’océan indien et maintenant les systèmes informatiques détraqués dans les mer du sud. Romain Attanasio mais surtout Damien Seguin et Louis Burton ont connu de gros soucis derniers jours. Pour eux, c'est le pilote automatique qui s'est mis à déconner, résultant sur des trajectoires improbables que l’on peut apercevoir sur la carte de la course et les poussant à s’abriter dans des zones sans vent pour réparer leur système électronique.

Double poisse pour le skippeur sur Apicil : non seulement son pilote automatique principal l’a lâché, mais en plus de ça, celui de secours a décroché à plusieurs reprises, entraînant plusieurs écarts de route (départs au tas, comme on dit dans le milieu). Pour Burton, sur Bureau Vallée 2, ce n’était guère mieux. Celui-ci a même songé à l’abandon après la défaillance de son pilote qui affichait un message d’erreur il y a pile une semaine.

« Le premier message où il nous informe qu’il est en galère, nous dit son boat captain Arthur Hubert, c’est à 16h. Sachant qu’il a commencé à bricoler avant parce qu’il a d’abord dû essayer de s’en sortir tout seul. La résolution du pilote en mode dégradé [en gros, le mode qui dit au bateau ‘’écoute va tout droit ‘’], on l’a trouvée à 2h du mat et on a réussi à voir un pilote du mode correct seulement plus tard. Autant dire qu’on a passé une bonne soirée. » Surtout le skippeur, forcé de mettre sa course entre parenthèses pour plonger les mains dans le cambouis avec une lampe frontale pour seule alliée.

Petit rappel de l’importance du pilote automatique : en 2020, on ne termine pas un Vendée Globe sans. C’est pour ça que les concurrents ont toujours une ou deux solutions de recours à bord. Et non, on vous voit venir, rabat-joie que vous êtes, ça n’a rien à avoir avec un quelconque déclin des talents de marins. Voilà ce que nous disait Thomas Ruyant​ (LinkedOut, actuel 2e de la course) sur l’utilité du dispositif à bord avant le grand départ : « La voile en solitaire aujourd’hui, sans pilote, c’est pas envisageable sur ces machines-là. Il faut dormir, il faut manger, faire de la navigation, donc même avec un pilote qui barre 99 % du temps on ne s’ennuie pas, il n’y a pas beaucoup de temps morts. » Si bien que, d’après une estimation au doigt mouillé d’Arthur Hubert, les navigateurs de la flotte ne barrent guère plus d’une heure par 24 heures.

« « Quand on est en équipage on peut se le permettre. Quand ils y vont c’est souvent en sortie de voile ou quand ils se sentent un peu lents. Par exemple si tu as un truc un peu bloqué sous le bateau, si tu traînes un petit filet, un truc dans l’eau ou que tu as une voile mal réglée, tu prends la barre et tu vas sentir que le bateau n’est pas comme d’habitude. » »

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Des systèmes qui craignent les conditions difficiles

Mais revenons donc à nos moutons. Comment explique-t-on cette cascade d’avaries à l’avant de la course ? Est-ce une coïncidence ? Certainement pas. Les pilotes automatiques sont des dispositifs fragiles, mais pas au point de déconner pour rien si la mer est calme et que les doux rayons de soleil vous caressent la peau. Froid, humidité, vitesse de vent extrême, l’enfer du sud est un terrain propice à la casse quelle qu’elle soit, et les dégâts de pilote sont sur la liste. Le boat manager de Louis Burton explique.

« « Les conditions de course jouent forcément, dans le sens ou le pilote est relié à un système électrique qui est dans le bateau et qui reçoit des infos de différents capteurs hypersensibles qui mesurent comment le bateau monte ou descend, va à gauche ou à droite… Dans les mers du sud, le bateau se fait des murs de vagues et il tombe du coup il y a des chocs et ça peut faire qu’il y a des petites casses électriques. Tu peux avoir un peu d’eau au fond du bateau qui va rebondir, une petite goutte qui va aller se mettre sur un fil électrique et le mettre en court-circuit, et là c’est un drame. Ou alors tu peux ‘’perdre’’ ton gps dans des chocs, juste une donnée qui saute pour une durée infime et qui met tout en défaut. » »

Et la galère ne s’arrête là-bas. Dans le cas de Louis Burton, l’avarie de pilote a provoqué des dommages collatéraux liés à des manœuvres incontrôlées. Des dégradations sur lesquelles l’équipe « ne veut pas communiquer », car dans le Vendée Globe comme à la guerre, on donne le moins d’informations possible aux ennemis, surtout quand on joue le podium. « Quand on regarde les vitesses sur 4h et même sur 24h, les données sont très bonnes, donc le bateau est quand même en bonne santé. » Avec le pilote automatique, la vie est quand même plus facile.