Tennis : «  Je ne voulais pas voir la lumière du jour », Kyrgios explique qu'il a connu la dépression sur le circuit

ATP L'Australien, qui a tiré un trait sur la saison 2020, s'est confié avec sincérité dans un média national

J.L. avec AFP
— 
Nick "tête à claque" Kyrgios, on aime ou on déteste.
Nick "tête à claque" Kyrgios, on aime ou on déteste. — Lee Jin-man/AP/SIPA

Le fantasque tennisman australien Nick Kyrgios a admis qu’il s’était trouvé dans une « situation sombre et solitaire » au cours des dernières années, alors qu’il luttait contre la dépression provoquée par le rythme écrasant du circuit ATP.

« Je ne pense pas que les gens comprennent à quel point le tennis peut être (un sport) solitaire », a-t-il déclaré dimanche dans un entretien au Sunday Telegraph de Sydney.

« Vous ne pouvez pas vraiment parler à qui que ce soit »

« Vous êtes seul sur le terrain. Vous ne pouvez pas vraiment parler à qui que ce soit. Vous devez trouver la solution par vous-même. J’ai eu du mal avec cet aspect », y explique le joueur de 25 ans, coutumier des algarades sur le court. Son comportement au Masters 1000 de Cincinnati en août 2019 lui a valu une amende de 113.000 dollars, ce qui l’avait ensuite conduit à qualifier l’ATP d’organisation « corrompue » avant de se rétracter.

« Je me souviens de m’être réveillé à Shanghai il y a un an, il était 16 h et j’étais encore au lit, les rideaux fermés. Je ne voulais pas voir la lumière du jour », décrit l’actuel 45e mondial, disant avoir été « sérieusement déprimé » par moments dans le passé. « J’avais l’impression que personne ne voulait me connaître en tant que personne, qu’on voyait juste en moi le joueur de tennis pour m’utiliser. Je ne me sentais pas capable de faire confiance à qui que ce soit. C’était un endroit solitaire et sombre », résume Kyrgios.

« Je suis devenu dépressif à cause de ce que je pensais devoir être »

« Beaucoup de gens me mettaient la pression, je me mettais beaucoup de pression moi-même. J’ai perdu toute joie de jouer et je devenais incontrôlable », ajoute-t-il.

« Je suis devenu dépressif à cause de ce que je pensais devoir être », assure le natif de Canberra, qui a choisi de ne pas prendre part cette année ni à l’US Open ni à Roland-Garros en raison de la pandémie de Covid-19.