Masters 1000 de Bercy : « Je me fais confiance »… Ugo Humbert fait plier Cilic et confirme son immense potentiel

TENNIS Le gaucher de 22 ans, qui réalise une saison pleine, va disputer vendredi son premier quart de finale dans un tournoi de cette importance

Nicolas Camus

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Ugo Humbert a battu Marin Cilic en 8e de finale du Masters 1000 de Paris-Bercy, le 5 novembre 2020.
Ugo Humbert a battu Marin Cilic en 8e de finale du Masters 1000 de Paris-Bercy, le 5 novembre 2020. — Anne-Christine POUJOULAT / AFP

La FFT aurait dû mettre un panneau à l’entrée de l’Accord Hôtel Arena. « Attention, un (H) Ugo peut en cacher un autre. » Un mois après le joli parcours d’Hugo Gaston à Roland-Garros (défaite en 8e de finale en 5 sets contre Thiem après avoir sorti Wawrinka), au tour d’Ugo Humbert de nous régaler, cette fois au Masters 1000 de Paris-Bercy. En pleine progression cette année, le gaucher de 22 ans, après avoir sorti Stefanos Tsitsipas au tour précédent, a battu jeudi Marin Cilic, ancien vainqueur de l’US Open, pour s’offrir son premier quart de finale dans un tournoi de cette importance.

Sacrée année pour Humbert

« C’est génial ! A Rome, je n’étais pas loin. Là, je suis vraiment très content, même si ce n’est pas une fin en soi, a-t-il réagi quelques minutes après avoir fait plier le Croate. Je ne me mets pas de pression sur le résultat final. Mon but est de progresser, de trouver des choses en moi. Je suis heureux d’en être là aujourd’hui. »

Humbert est en train d’apprendre à vitesse grand V. Vainqueur de ses deux premiers tournois cette année, à Aukland en janvier et à Anvers il y a dix jours, le Messin a trouvé des ressources insoupçonnées pour venir à bout de Cilic. Mardi soir, il avait bataillé plus de trois heures, achevant le 6e mondial à minuit passé. Alors les jambes étaient encore un peu lourdes en début de match.

Cela ne s’est pas trop vu, le Français menant rapidement 3-0 avant d’empocher la première manche, 6-3. Mais la fatigue l’a rattrapé dans la seconde, et on a craint l’explosion en vol lorsqu’il a l’a concédée au tie-break. Mais Humbert a trouvé la parade. Puisque les jambes suivaient difficilement, il a utilisé sa caboche.

« Ça a été dur aujourd’hui. Je savais que ce serait compliqué, mais je me suis accroché, surtout mentalement, a-t-il expliqué. J’y ai cru du début à la fin. Même quand j’ai perdu le second, je n’ai pas paniqué. En fait, je voulais trop contrôler alors que je n’arrivais pas à traverser la balle. Alors je me suis fait confiance et je me suis dit de lâcher mes coups. Je savais que sur quelques points, je saurais faire la différence. Je me suis reculé un peu sur son service, j’ai attendu ma chance et je l’ai saisie. »

Le physique ? « Je ne me fais pas de soucis, de toute façon ça n’aide pas »

Après avoir breaké à 3-2, il n’a plus lâché le morceau et « n’a pas douté au moment de conclure » sur son service. Solide. Il faudra encore l’être jeudi face à Milos Raonic, un grand gaillard qui sert le plomb et distribue les parpaings. « Demain est un autre jour. Je ne me fais pas de soucis, de toute façon ça n’aide pas, a-t-il balayé. Je suis capable de récupérer vite. »

Quoi qu’il arrive, Humbert, 34e mondial mais qui fait partie des 20 meilleurs joueurs de la saison, confirme son immense potentiel. Il est en train de s’installer solidement dans le gratin. Pour vraiment bien faire, il ne manquera bientôt plus que quelques cours d’anglais. Ça lui permettrait de passer des moments plus sereins face à la presse étrangère, de plus en plus intriguée par le Frenchie qui monte.