France - Côte d’Ivoire : Faut-il s’inquiéter pour les Bleus et leur défense avant la Coupe du monde ?
gruyère AOP•L’équipe de France a été battue en match amical par la Côte d’Ivoire, jeudi à Nantes, après avoir connu de gros trous en défenseAntoine Huot de Saint Albin
L'essentiel
- Pour leur premier match de préparation à la Coupe du monde, les Bleus ont perdu face à la Côte d’Ivoire (1-2), jeudi à Nantes.
- Comme lors des matchs amicaux en mars, l’équipe de France a été fébrile en défense, avec des pertes de balle dangereuses et des trous d’air sur les centres ivoiriens.
- S’ils ont estimé qu’il y avait des choses à améliorer, les Bleus ne se montraient cependant pas inquiets en vue du premier match face au Sénégal.
De notre envoyé spécial à Nantes,
Supprimons d’emblée les poncifs sortis à maintes reprises. Oui, il vaut mieux perdre une rencontre amicale de préparation qu’un match de poule de Coupe du monde. Oui, les Bleus sortent d’une grosse préparation physique. Oui, il y a des automatismes à créer entre des joueurs pas forcément habitués à jouer ensemble. Il n’empêche, on ne peut plus faire semblant : oui, cette défense tricolore nous fait flipper à quelques jours de lancer son Mondial.
Après déjà quelques hésitations lors de la tournée américaine en mars, qui s’était notamment soldée avec un carton rouge pour Dayot Upamecano face au Brésil, l’arrière-garde française a encore montré de nombreux signes de faiblesses, jeudi soir à Nantes, où les Bleus affrontaient la Côte d’Ivoire, dans ce qui devait être une préparation grandeur nature du premier match du Mondial face au Sénégal, à New York, le 16 juin.
« Deux trois choses à peaufiner », seulement ?
Et autant dire que dans l’état actuel des choses, il y a de quoi se faire du mouron en imaginant les Lions de la Teranga venir presser haut. Car c’est systématiquement sur ce genre de phase que les Bleus se sont mis bêtement en danger face aux Éléphants, comme ces pertes de balle horribles d’Adrien Rabiot (14e) ou Aurélien Tchouameni (42e) qui auraient dû être punies sévèrement. Heureusement Dayot Upamecano et Mike Maignan veillaient.
Il y a eu aussi ce duel perdu par Ibrahima Konaté, après un mauvais contrôle de la cuisse, face à Yann Diomandé (4e). Autant de situations dangereuses qui pourraient faire très mal si elles se répétaient de l’autre côté de l’Atlantique. Interrogé sur ces soucis répétés, Aurélien Tchouameni n’a pas nié les problèmes, mais n’en a pas fait non plus une affaire d’Etat : « Il y a deux trois choses à peaufiner, mais on reste confiants. On a des pertes de balles qu’on doit éviter et aussi sur transitions, on a fait face à une belle équipe. »
Une équipe qui a profité à merveille des largesses défensives des Bleus en seconde période, où Maxence Lacroix a été aligné en compagnie d’Ibrahima Konaté puis de Lucas Hernandez. Et leur manque d’expérience commun s’est vu. Une première fois, ils ont été happés vers le milieu de terrain par un décrochage de Elye Wahi, permettant à Guéla Doué d’ouvrir la mer rouge pour se retrouver seul face à Mike Maignan.
Le même Guéla Doué qui a adressé un centre parfait en retrait en fin de match à Hamad Diallo, laissé seul par Malo Gusto, pour offrir la victoire au peuple ivoirien, très nombreux et bruyant à La Beaujoire. Emerse Faé, le sélectionneur des Eléphants, avait d’ailleurs bien bossé son sujet, afin d’exploiter au mieux les faiblesses tricolores. « On a fait un pressing un peu plus haut et j’ai des ailiers de qualité, on avait vu que c’était un secteur dans lequel on pouvait rivaliser avec eux et leur causer des problèmes », s’est réjoui l’ancien milieu du FC Nantes.
« Je ne vais pas nous voir trop laids »
Et puis, au-delà des problèmes défensifs, il y a aussi l’apport offensif quasiment inexistant des latéraux Français. Jules Koundé a beaucoup joué en remise mais a été peu en vue offensivement, contrairement à son alter ego de l’aile gauche, Theo Hernandez, qui a, lui, connu un énorme déchet technique, à l’image de cette passe pour Fantomas (27e) au terme d’un joli mouvement collectif des Bleus.
Alors, faut-il s’inquiéter pour ces Bleus qui n’affichent pas à une solidité à toute épreuve et qui ont perdu leur premier match depuis près d’un an ? On n'espère pas, d'autant qu'il manque le patron William Saliba, laissé sur le banc hier après avoir eu quelques petits pépins de santé. Et Didier Deschamps, au micro de TF1, était plutôt dans la même veine : « Il y a eu des erreurs, des niveaux différents selon les joueurs. Ils (les Ivoiriens) vont vite, mais on leur a donné ces occasions-là, on était plusieurs fois en retard, notamment sur le deuxième but. C’est une étape qui n’est pas positive parce qu’il y a une défaite, mais je ne vais pas tout remettre en cause à cause de ça. »
« Je ne nous voyais pas trop beaux et je ne vais pas nous voir trop laids mais si on avait besoin d’une piqûre de rappel, on l’a eue », a poursuivi le sélectionneur en conférence de presse. Et il vaudrait mieux pour les Bleus ne pas avoir à recevoir une deuxième dose, lundi à Lille, face à une Irlande du Nord dont le potentiel offensif laisse à désirer. Cela laisserait présager d’une Coupe du monde bien compliquée. Bien plus que ce qui était prévu.


















