FC Nantes-Brest : Les Canaris gagnent enfin, mais Christian Gourcuff « n’est pas aveugle »

FOOTBALL Dominés dans le jeu, les Canaris ont su parfaitement exploiter les largesses défensives des Brestois pour s’imposer (3-1) ce dimanche à la Beaujoire

David Phelippeau

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La joie de Bamba sur le troisième but nantais.
La joie de Bamba sur le troisième but nantais. — Sebastien SALOM-GOMIS / AFP
  • Le FC Nantes, qui restait sur quatre matchs sans victoire (dont trois défaites), s’est imposé (3-1) contre Brest à la Beaujoire, ce dimanche.
  • Les Canaris ont opéré en contre-attaques et ont profité des absences de la défense brestoise.
  • Christian Gourcuff, le coach nantais, a regretté l’absence de maîtrise de ses joueurs.

Un succès, trois points, trois buts, mais pour la note artistique, on repassera. Ce dimanche, le FC Nantes (15e), qui restait sur quatre matchs sans gagner (dont trois revers), a remporté sa deuxième victoire de la saison en championnat en battant (3-1) Brest, dans une Beaujoire quasi vide, en raison d’une jauge abaissée à 1.000 personnes. Un écart au score qui ne reflète pas vraiment celui entre les deux équipes tant les Canaris ont surtout profité des largesses défensives des Finistériens. « On a donné confiance à l’équipe de Nantes… », s’est même agacé l’entraîneur du Stade Brestois Olivier Dall’Oglio. Ses joueurs ont pourtant eu le ballon 60 % du temps, mais ils n’ont pas su toujours quoi en faire ou l’ont fait tourner dans leur moitié de terrain, à entendre Christian Gourcuff.

« Ils ont gardé la balle très bas, on les a pris à leur propre jeu », estime le technicien nantais. Les Canaris ont ainsi montré une palette - récupération et jeu de transition rapide – qui correspond parfaitement aux profils de beaucoup de ses joueurs aimant les espaces et prendre la profondeur comme Coco, Simon, Bamba ou Kolo Muani. Ce registre inhabituel quand on connaît la philosophie de Christian Gourcuff a néanmoins abouti aux deux premiers buts nantais de Kolo Muani (16e) et Blas (30e). « La possession de balle, ça ne veut rien dire, a répondu Gourcuff, un poil irrité. Nous, on l’a eu dans leur camp et eux, le plus souvent, dans leur moitié de terrain. »

Aucune maîtrise dans le jeu

Olivier Dall’Oglio, lui, n’a pas été surpris par le style de jeu nantais. « On le savait, on l’avait dit, ils ont un bloc médian solide et dès qu’ils récupèrent le ballon, ils sont explosifs. C’est leur arme principale. » Le milieu de terrain nantais Mehdi Abeid a reconnu que ce n’était « pas le plan de jeu prévu ». « Ils nous ont harcelés, pressés et ont joué haut, et on les a contrés. » Avec un certain brio, il faut l’avouer. Comme sur le troisième but de Bamba, presque copie conforme dans l’esprit des deux premières réalisations. « On a su mettre la défense brestoise en grosse difficulté sur nos attaques rapides, notre percussion, analyse Gourcuff. Mais, le jeu ne doit pas reposer que là-dessus. On doit faire beaucoup mieux dans la maîtrise et la capacité à garder le ballon. »

Une « fébrilité » due à un « environnement particulier », selon Gourcuff

On l’aura compris, Gourcuff est loin d’être emballé par la prestation de sa formation malgré la victoire. « Je ne suis pas aveugle, j’aspire à beaucoup mieux, quand on perd des ballons faciles en milieu de terrain… Quand on n’a pas la maîtrise, ce n’est pas un match qu’on vit bien. » Cette « fébrilité » qu’il a évoquée à plusieurs reprises, le technicien breton la met sur le compte d’un « contexte » et d’un « environnement particulier » avant la rencontre. Il n’a pas précisé sa pensée, mais on a cru comprendre qu’il parlait de l’obligation de résultat très forte et de la pression qui pesaient sur ses épaules avant le match, et qui se sont un peu relâchées (pour l’instant) avec ce succès…