Nantes : « J’ai encore les boules ! », avoue Yoann Joubert au sujet de l’échec du projet YelloPark

INTERVIEW Le PDG de Réalités évoque YelloPark, tombé à l’eau en début d’année 2019. Avec Waldemar Kita, président du FCN, il était porteur de ce projet de nouveau stade dès 2017

David Phelippeau

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Yoann Joubert, PDG de Réalités.
Yoann Joubert, PDG de Réalités. — David Phelippeau/20 Minutes
  • Lundi soir, Yoann Joubert, qui va devenir le futur patron du NAHB (club de hand féminin à Nantes), est revenu longuement sur l’échec du projet YelloPark.
  • Le PDG de Réalités garde un souvenir amer de cet échec, mais se verrait bien repartir sur un nouveau projet.
  • Il maintient qu’il faut une réhabilitation de la Beaujoire plutôt qu’un stade flambant neuf à Nantes.

Il est marqué au fer rouge à l’entendre. Yoann Joubert, PDG de Réalités (promoteur immobilier), ex-associé de Waldemar Kita, le président du FC Nantes, dans feu le projet YelloPark (projet de nouveau stade), n’a pas hésité, lundi soir, à se confier sur un feuilleton qui avait duré plusieurs mois à partir de septembre 2017 et qui avait suscité beaucoup de débats. A l’époque, Joubert était à la tête d’un volet immobilier en parallèle du projet nouveau stade, mené par Kita. Il y a presque deux ans, Johanna Rolland décidait finalement de retirer le volet immobilier puis en début d’année 2019 d’abandonner l’ensemble du projet YelloPark.

Lundi soir, après avoir annoncé qu’il allait devenir avant le 30 juin le futur président du club de hand féminin de Nantes, le PDG de Réalités est revenu sur dossier, mais n’a pas souhaité s’exprimer sur l’envie qu’il avait rendue publique en février 2019 de racheter le FCN « avec des partenaires ».

En novembre 2018, il y a presque deux ans jour pour jour, Johanna Rolland annonçait la fin de votre volet immobilier dans le projet YelloPark. Quels souvenirs en gardez-vous ?

C’est loin et c’est proche car ça nous colle un peu. Ça a été une formidable transformation personnelle et pour l’entreprise. Ça a été aussi un échec lourd. C’était dur à avaler car on avait un très beau projet. J’en suis toujours persuadé, la ville en a besoin car on ne produit pas assez de logements. Le club a besoin de détenir son outil, ça, j’en suis persuadé aussi. Un outil réhabilité, ça, j’en suis sûr également. Après, on a fait des erreurs…

Lesquelles ?

Il y avait juste la concession à faire de ne pas construire un stade neuf, mais qu’il fallait réhabiliter la Beaujoire. Le groupe Réalités, c’était notre conviction au début. Je m’en veux d’avoir lâché cette idée-là car c’est une des raisons majeures de l’échec du dossier. On aurait proposé un projet de réhabilitation qui est possible, je pense que ce projet aurait démarré.

Pourquoi ?

Une réhabilitation, ça allait plus vite. Entre 50 et 80 millions d’euros, vous faites déjà quelque chose de très bien. On avait publié différents schémas… Moi, j’étais persuadé qu’il fallait faire un stade réhabilité de 32.000 places maximum, et pas un stade neuf de 40.000. Après, je suis respectueux. Il y a un propriétaire qui s’appelle Waldemar Kita. On s’est rangé derrière le projet de stade neuf qui était aussi soutenu par la Ville au début. C’était une erreur connaissant notre territoire, notre ville. On aurait dû le savoir que c’était une erreur.

Pourquoi était-ce une erreur selon vous ?

Le FCN, c’est comme une cathédrale à Nantes. Ça fait partie de l’identité complète de la ville. Quand je vais dans ma filiale au Maroc, on me parle du FCN, et pas de Johanna Rolland. Tout le monde connaît le FC Nantes. Moi, ça me touche vachement ce qu’il s’est passé il y a deux ans… Ce sont des choses qu’on a ratées. On a été défaillants, pourtant, on a travaillé comme des fous, avec une sincérité totale. On a gardé d’ailleurs avec les opposants une très bonne relation.

Vous n’avez pas assez écouté beaucoup de supporteurs qui voulaient garder la Beaujoire, à laquelle ils sont très attachés ?

On a essayé sincèrement. J’aurais voulu cosigner le permis de construire avec les supporteurs. Je ne concevais pas les choses autrement. Il faut construire avec les gens. J’ai encore les boules. Je le redis, si ça devait redémarrer demain, j’en serais le premier heureux, mais ça serait une réhabilitation ou rien.

Quelle est votre relation actuelle avec Waldemar Kita ?

On a très peu de relations. Je l’ai eu au téléphone la semaine dernière car la société YelloPark existe toujours. On en fait quoi ? On ne sait pas en fait. Sinon, il vit sa vie, je vis la mienne… Maintenant, on a l’impression d’être comme des blessés de guerre, l’impression d’avoir raté quelque chose pour la ville et pour le club. Moi qui déteste les échecs… On me dirait de recommencer, je recommence demain. Je sais que c’était hyper bon pour tout le monde.