OL-PSG : Le paradoxe lyonnais… Quand une défaite 5-1 ressemble à un match prometteur

FOOTBALL Les Lyonnais ont longtemps rivalisé avec les Parisiens en demi-finale de Coupe de France avant de s’écrouler, réduits à dix, dans la dernière demi-heure

Manuel Pavard

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Moussa Dembélé, ici à la lutte avec Thomas Meunier, a pesé sur la défense parisienne
Moussa Dembélé, ici à la lutte avec Thomas Meunier, a pesé sur la défense parisienne — JEFF PACHOUD / AFP
  • L’OL s’est lourdement incliné (5-1), mercredi, face au PSG en demi-finale de Coupe de France.
  • Malgré l’ampleur du score, les Lyonnais ont fait jeu égal avec les Parisiens pendant une heure, de quoi susciter de l’espoir pour les prochains rendez-vous.
  • Mais le penalty et l’expulsion de Marçal à la 60e minute ont achevé les Lyonnais qui ont ensuite plongé physiquement, un défaut qu’il leur faudra corriger en vue du 8e de finale retour de LDC contre la Juventus.

Au Parc OL,

Peut-on prendre une raclée – car difficile d’appeler autrement une défaite 5-1 – et réaliser tout de même un match globalement prometteur ? Les personnes n’ayant pas vu cet OL-PSG auront sans doute du mal à l’admettre. Dans le contenu pourtant, cette lourde défaite lyonnaise fut largement plus satisfaisante que bien des succès étriqués décrochés plus tôt dans la saison par les Gones.

Un match comprenant clairement deux parties distinctes pour l’OL : la première heure à 11 contre 11 et les 30 dernières minutes en infériorité numérique, après l’expulsion de Marçal. Sur les 60 premières minutes, Lyon a certainement livré l’une de ses meilleures prestations de la saison, faisant mieux que rivaliser avec le PSG, qu’il a bousculé comme peu d’équipes françaises l’ont fait cette saison.

L’OL n’a pas hésité à presser haut les Parisiens et à leur disputer la bataille de la possession

Désireux de surfer sur la vague de ses deux belles victoires contre la Juve et face à l’ASSE, Rudi Garcia avait choisi de reconduire un 4-3-3 et une quasi équipe-type : au milieu, le nouveau trio magique Guimaraes-Tousart-Aouar et devant, seul changement par rapport au derby, la titularisation de Toko-Ekambi à la place de Traoré, aux côtés de Terrier et Demerlé. Un pari d’abord gagnant puisque en première période, l’OL a regardé le PSG dans les yeux, n’hésitant pas à presser haut les Parisiens et à leur disputer la bataille de la possession.

Les Rhodaniens ont ainsi tenu le rythme d’un début de match à cent à l’heure, avec un ballon allant d’un camp à l’autre et des occasions à la pelle de chaque côté. Et si les Lyonnais n’ont malheureusement mené que trois petites minutes, Mbappé répondant très vite à l’ouverture du score de Martin Terrier, ils n’auraient pas volé un deuxième but avant la pause.

On avait rarement vu l’équipe lyonnaise à ce niveau

Avec un Dembélé pesant sur la défense parisienne et inspiré, à l’image de sa magnifique bicyclette au-dessus de la barre ou de sa superbe feinte de corps pour envoyer Terrier défier Navas, un Toko-Ekambi précieux dans la conservation du ballon, et un milieu à trois de nouveau dominateur et très complémentaire – Bruno Guimaraes a encore régalé par ses passes cassant les lignes en première mi-temps –, l’OL a tenu la dragée haute aux Parisiens. Jeu en triangle, combinaisons à une touche de balle, sorties de balle limpides… On avait même rarement vu l’équipe lyonnaise à ce niveau.

Malheureusement, le tournant du match avec la double peine penalty et carton rouge (pour un second jaune), à l’heure de jeu, a flingué les chances de l’OL. Comment analyser ensuite l’écroulement des hommes de Rudi Garcia ? En supériorité numérique et menant au score, le PSG se trouvait alors dans une position parfaite, avec la possibilité d’exploiter la vitesse de Mbappé pour mener des contres éclairs et profiter des espaces dans la défense des Gones.

Déjà contre la Juve et l’ASSE, l’OL avait plongé physiquement après la pause

Cependant, la question se pose : à 11 contre 11, l’OL aurait-il craqué également ? Sans doute pas autant mais il est tout de même permis de le penser. Car la situation s’était déjà produite contre la Juve en LDC et dans le derby face aux Verts. À chaque fois, les Lyonnais avaient payé après la pause les efforts très intenses fournis en première mi-temps et avaient fini par dangereusement reculer au fur et à mesure du match. On peut donc supposer qu’ils se sont encore une fois mis dans le rouge et qu’ils auraient dans tous les cas plongé au bout d’un moment, devant des Parisiens qui n’attendaient que ça.

En tout cas, pour Anthony Lopes, interrogé en zone mixte après la rencontre, cette fameuse 60e minute a vraiment constitué le tournant de la rencontre. « On en prend cinq mais au vu de la première mi-temps et du début de la deuxième, jusqu’au carton rouge, on n’a pas démérité, a estimé le gardien lyonnais. C’est un résultat très dur pour le groupe. On va éviter de parler du penalty et de l’expulsion. Mais c’est comme ça, c’est le foot. À 10 contre 11, ce n’était plus la même rencontre… Surtout face à une équipe comme le PSG. »

« On a montré qu’on pouvait se qualifier à 11 contre 11 », estime Rudi Garcia

Également satisfait du visage affiché par ses joueurs jusqu’à ce moment fatidique, Rudi Garcia était persuadé de ne pas être passé loin de l’exploit. « Pendant une heure, on a mis à mal cette équipe, s’est félicité le coach de l’OL. Mon équipe a été très bonne sur le plan tactique et technique. En infériorité numérique, c’était très dur mais on a montré qu’on pouvait se qualifier à 11 contre 11. »

Il lui reste maintenant deux semaines pour poursuivre sur cette voie et tenter d’aller décrocher une qualification héroïque sur la pelouse de la Juventus, qui ne pourra peut-être pas compter sur le soutien de ses tifosi.