OL-ASSE : Jean-Michel Aulas savoure une « belle revanche », Mathieu Debuchy déplore un match « insuffisant »

FOOTBALL Les Lyonnais, vainqueurs du derby ce dimanche (2-0), et les Stéphanois visent désormais des objectifs diamétralement opposés

Manuel Pavard

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L'OL a dominé l'ASSE dans une ambiance des grands soirs au Parc OL.
L'OL a dominé l'ASSE dans une ambiance des grands soirs au Parc OL. — JEFF PACHOUD / AFP
  • Pour les joueurs et dirigeants lyonnais, la victoire face aux Verts a eu comme toujours une signification particulière liée à la rivalité entre les deux clubs.
  • Mais ce succès permet surtout à l’OL de continuer à regarder vers le podium en Ligue 1 et de surfer sur la dynamique positive née de l’exploit contre la Juve.
  • Côté stéphanois en revanche, l’heure est grave et les Verts devront batailler pour sauver leur tête dans l’élite.

Au Parc OL,

En bon Lyonnais d’origine et fin connaisseur du derby, Jean-Michel Aulas n’a pu s’empêcher de glisser une petite allusion à son adversaire malheureux du soir. Après avoir salué le « match de très grande qualité » de ses joueurs, vainqueurs 2-0, le président de l’OL a rappelé, après la rencontre, une évidence pour ses supporters, certainement partagée par l’autre camp : « Quand on gagne contre Saint-Etienne, ça fait doublement plaisir. »

On ne prétendra pas décrypter les pensées de JMA mais on ne serait pas surpris que derrière la joie d’avoir vaincu le rival de toujours, se cache une autre satisfaction, plus sournoise : celle d’avoir contribué, par ce résultat, à enfoncer encore un peu plus les Verts.

Lucas Tousart « voulait faire oublier le match aller »

Anthony Lopes était d’ailleurs sur la même longueur d’onde en zone mixte, soulignant que « sur un match comme celui-ci, on peut se permettre d’éclater de joie en fin de match. C’est normal de le fêter avec nos supporters, c’est le plus beau derby de France », estime le gardien rhodanien, rappelant qu’à la phase aller, c’était l’ASSE qui avait célébré son succès avec son public.

Même son de cloche du côté de Lucas Tousart, qui affirme que les Lyonnais « voulaient faire oublier le match aller ». Mais si Jean-Michel Aulas savoure cette « belle revanche » pour « une équipe qui a été si décriée », ce n’est pas pour une simple question de suprématie régionale et de défaite à Geoffroy-Guichard à effacer.

« On était sur le fil du rasoir », estime Jean-Michel Aulas

Le président lyonnais a le regard tourné vers la suite d’une saison qui s’annonce aussi enivrante que passionnante. Un défi pourtant bien mal engagé il y a encore deux mois et demi lorsque l’OL, englué dans le ventre mou en Ligue 1 et qualifié au forceps pour les 8e de finale de Ligue des champions, se voyait privé de Memphis Depay et Jeff Reine-Adelaïde, tous deux victimes d’une rupture des ligaments croisés.

« On était sur le fil du rasoir, on ne savait pas de quel côté on allait tomber, indique Jean-Michel Aulas. Mais là, on est en train de réussir. J’en avais parlé avant le match de Metz, qui a été le déclic. » En dépression quasi totale avant la trêve hivernale, les Gones se retrouvent aujourd’hui devant un programme « exceptionnel : le match à la Juve​ pour peut-être jouer un quart de finale, la finale de la Coupe de la Ligue et on va jouer cette demie [de Coupe de France] contre Paris », détaille le boss de l’OL.

Lyon peut encore tout gagner ou tout perdre

Toujours engagé sur les quatre tableaux, Lyon peut encore tout gagner ou tout perdre. Mais pas question de bazarder l’une des compétitions, à en croire Lucas Tousart qui espère « enchaîner mercredi » face au PSG, avec en ligne de mire la possibilité de « faire une deuxième finale dans l’année ».

Remonté à la 5e place, à sept points du Stade Rennais, 3e et détenteur du dernier strapontin pour la phase de groupes de LDC, l’OL regarde désormais clairement vers le haut en championnat. Tout le contraire de Stéphanois pour lesquels l’heure est grave. Avec cette défaite, les Verts sont aujourd’hui 16e, avec seulement deux points d’avance sur le 18e, Nîmes, premier barragiste.

« Une première mi-temps comme ça, ce n’est pas possible » pour Debuchy

Pour les Foréziens, la lutte pour la C1 paraît désormais bien loin et il va falloir enfiler le bleu de chauffe. Apathiques et inoffensifs en première mi-temps ce dimanche, contraints de courir derrière la balle pendant 45 minutes, les hommes de Claude Puel se sont ensuite rebiffés après la pause. Mais avec une doublette offensive Diony-Bouanga imprécise et privés de la vista de ses créateurs Hamouma et Khazri, les Verts ont semblé en manque cruel d’inspiration.

« Si on avait joué dans la même lignée que la deuxième mi-temps en première mi-temps, ça aurait été un autre match », notait Loïs Diony en zone mixte, regrettant notamment son occasion manquée. Mais si certains, comme le jeune défenseur William Saliba, déploraient un « match moyen », d’autres, à l’image de Mathieu Debuchy, ont tenu à mettre les points sur les i. « Une première mi-temps comme ça, ce n’est pas possible, c’est insuffisant », affirme l’ancien latéral droit des Bleus. Loin des rêves de grandeur lyonnais, les Verts vont devoir batailler pour sauver leur tête.