OL : Comment faire sans Depay et Reine-Adelaïde, absents jusqu’en fin de saison ?

FOOTBALL Les graves blessures des deux joueurs handicapent lourdement le club lyonnais, qui va devoir plancher sur des solutions de remplacement

Manuel Pavard

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Memphis Depay s'est blessé lors de la défaite contre Rennes, comme son coéquipier Jeff Reine-Adelaïde.
Memphis Depay s'est blessé lors de la défaite contre Rennes, comme son coéquipier Jeff Reine-Adelaïde. — ROMAIN LAFABREGUE / AFP
  • Victimes tous deux d’une rupture du ligament croisé antérieur, Memphis Depay et Jeff Reine-Adelaïde seront absents au moins six mois et ne rejoueront plus avec l’OL cette saison.
  • Un gros coup dur pour l’OL qui perd deux de ses meilleurs joueurs et va tenter dans un premier temps de les remplacer en interne.
  • Mais une ou des recrues pourraient venir garnir l’effectif lyonnais au mercato pour compenser ces deux pertes.

Il était un peu moins de 22 heures, dimanche soir, lorsque le verdict est tombé, froid comme une lame, par le biais d’un communiqué de l’OL. Sortis sur blessure contre Rennes, Memphis Depay et Jeff Reine-Adelaïde souffrent tous deux d’une rupture du ligament croisé antérieur, respectivement du genou gauche et du genou droit. L’équation est connue : « se faire les croisés » – hantise de tout footballeur, professionnel comme amateur – équivaut à six mois d’absence minimum et donc à une saison terminée pour les deux joueurs.

Cette nouvelle tuile a quelque chose d’irréelle tant la poisse semble coller aux crampons des Lyonnais cette saison. Entre le départ de Sylvinho, le conflit entre Marcelo et les Bad Gones, la cassure entre joueurs et supporters et le faible niveau de jeu affiché lors des derniers matchs, il ne manquait plus qu’un tel coup du sort pour noircir le tableau. Et à en croire les dernières déclarations de Juninho, celui-ci est très mal vécu au sein du club.

« C’est vraiment le scénario catastrophe, le pire truc qui aurait pu nous arriver », juge Gerald, supporter lyonnais, qui se montre presque fataliste : « Je n’ai même pas été surpris. On vit une saison tellement galère que nos deux meilleurs joueurs qui se font les croisés, c’était limite la suite logique. »

À eux deux, ils sont impliqués sur 60 % des buts de l’OL

À deux mois du choc contre la Juventus en Ligue des champions, seul rayon de soleil dans la grisaille rhodanienne, le club de Jean-Michel Aulas a en tout cas perdu très gros dimanche. « Ce sont deux des joueurs les plus importants de l’équipe », estime Jean-Marc Chanelet, ancien défenseur des Gones entre 2000 et 2003. Avec neuf buts et deux passes décisives pour Depay (joueur le plus décisif de l’OL), trois buts et quatre passes décisives pour Reine-Adelaïde (meilleur passeur du club), inutile de faire un dessin. À eux deux, ils sont impliqués sur 60 % des buts lyonnais.

Après des débuts en dents de scie sous les couleurs de l’OL, qu’il avait rallié en janvier 2017 après un échec à Manchester United, Memphis Depay semblait enfin confirmer l’immense potentiel esquissé lors de ses débuts au PSV Eindhoven. L’international néerlandais, qui manquera aussi énormément aux Pays-Bas à l’Euro, s’était ainsi imposé cette saison comme l’atout offensif numéro un de l’équipe lyonnaise et l’une des principales attractions de la Ligue 1.

Créatif, inspiré, excellent dribbleur, passeur et frappeur, capable d’évoluer à quasiment tous les postes offensifs, le nouveau capitaine de l’OL avait enfin dépouillé son jeu de ses excès d’individualisme, au point d’être encensé par ses coéquipiers pour son leadership et sa faculté à bonifier le jeu de son équipe. « Memphis est devenu un vrai leader, sur le terrain et en-dehors », affirme Jean-Marc Chanelet.

Poste pour poste ou changement de système ?

Comment combler une absence aussi importante ? Avec Depay en soutien de Dembélé, Rudi Garcia avait trouvé un système en 4-2-3-1 idéal pour mettre en valeur les qualités du Néerlandais. Il peut choisir de le conserver en faisant du poste pour poste. Plusieurs joueurs peuvent en effet tenir ce rôle hybride entre 10 et 9 et demi : Houssem Aouar, qui a déjà joué à ce poste axial, Martin Terrier, Bertrand Traoré, voire le jeune Rayan Cherki, grand espoir du centre de formation de l’OL. Autre option : revenir à un 4-3-3 abandonné depuis plusieurs semaines en ajoutant un troisième milieu à la doublette Tousart-Mendes et en titularisant deux vrais ailiers.

Le dilemme va de toute façon se poser dans les mêmes termes pour combler l’absence de Jeff Reine-Adelaïde. Si l’ancien Angevin n’était pas un titulaire indiscutable depuis son arrivée, il faisait cependant partie des rares recrues satisfaisantes du dernier mercato, avec des qualités de percussion et d’élimination trop peu présentes dans l’effectif actuel.

Reine-Adelaïde possède surtout un profil extrêmement complet, capable d’évoluer aussi bien sur l’aile droite, son poste de formation, qu’en milieu relayeur, où l’avait repositionné le coach du SCO Stéphane Moulin. De Martin Terrier à Maxwell Cornet en passant par Jean Lucas, diverses options existent là encore selon le poste envisagé.

Le mercato pour « effectuer des réajustements »

Paradoxalement, indique Jean-Marc Chanelet, « ces absences peuvent permettre à d’autres de se révéler et jouer un effet booster ». Forcément « touchés » par les blessures de leurs partenaires et amis, les joueurs « peuvent se dire qu’il leur reste deux échéances avant la trêve – qu’ils doivent attendre impatiemment – et vouloir tout faire pour compenser les absences de leurs collègues », poursuit l’ex-Nantais et Lyonnais.

« Pour les joueurs, interdiction de baisser les bras, souligne-t-il. Connaissant Jean-Michel Aulas, il va galvaniser ses troupes comme il sait le faire. Et Rudi Garcia n’aura pas envie d’être le chat noir. » Au vu des prochaines échéances en championnat et Ligue des champions, l’OL devrait de toute façon « utiliser le mercato hivernal pour effectuer des réajustements, en fonction des souhaits de Garcia et Juninho », pense Chanelet.

Si des recrues semblent aujourd’hui presque indispensables, les joueurs actuels ont également des devoirs, selon l’ancien défenseur : « Actuellement, ils doivent se dire que c’est une saison galère mais à eux de traverser ces moments difficiles en montrant leur force mentale. C’est aussi ça la force d’une équipe ! »