Mort d’Emiliano Sala : Cardiff dépose une plainte contre X à Nantes

FOOTBALL La responsabilité du FC Nantes et celle des agents mandatés dans le cadre du transfert de l’attaquant argentin pourraient être engagées

F.B. et D.P.

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Le portrait d'Emiliano Sala affiché aux grilles à la Beaujoire.
Le portrait d'Emiliano Sala affiché aux grilles à la Beaujoire. — Michel Euler/AP/SIPA
  • Un peu plus d'un an après la disparition d'Emiliano Sala, le club de Cardiff a porté plainte contre X à Nantes ce mardi.
  • Le club de Nantes et son président Waldemar Kita sont visés par cette plainte, laquelle concerne les modalités du transfert et l’organisation du vol fatal.
  • Dans l'entourage du FCN, on se dit «stupéfait», mais totalement «serein».

Nouveau volet judiciaire dans l’affaire Sala. Le club gallois de  Cardiff City  a déposé mardi une plainte à Nantes pour faire la lumière sur le transfert et la mort de l’attaquant argentin, disparu il y a un an dans un accident d’avion, a appris 20 Minutes confirmant une information du journal L'Equipe.

Cette plainte contre X a été transmise au parquet de Nantes. Elle porte tout d’abord sur les modalités du transfert, mettant en cause directement le FC Nantes et son président, Waldemar Kita. « Nous souhaitons savoir quels rôles ont joué certains intermédiaires mandatés par le FCN dans ce transfert et qui semblaient ne pas avoir de licence officielle pour exercer leur activité en France, explique à 20 Minutes Me Antoine Vey, du cabinet parisien Dupond-Moretti & Vey. On parle là de Willie Mc Kay, de son fils, de Baba Dramé, entre autres. A quel titre et comment ont-ils été rémunérés ? Nous suspectons une série de rétrocommissions prévues dans le cadre de ce transfert. »

« Une mise en cause pour homicide involontaire » ?

Le second volet de la plainte porte sur l’organisation du vol au cours duquel Emiliano Sala et David Ibbotson ont trouvé la mort. « Elle a donné lieu à une série de manquements qui semblent imputables à Willie Mc Kay, poursuit Antoine Vey. On demande des investigations au niveau de l’aéroport de Nantes, au niveau de la compagnie aérienne qui a opéré le vol et au niveau de celui qui l’a affrété. Comment était-il possible de faire partir un avion qui n’avait ni assurance ni autorisation, avec un pilote daltonien qui n’était pas capable de naviguer avec les outils en cas de tempête ? Ces manquements caractérisés pourraient, de notre point de vue, justifier une mise en cause pour homicide involontaire. Nous demandons des actes d’investigation très concrets pour pouvoir étayer ces éléments. »

Pour rappel, le 21 janvier 2019, l’attaquant argentin Emiliano Sala, transféré deux jours plus tôt de Nantes à Cardiff pour 17 millions d’euros, est mort dans l’accident du petit avion de tourisme qui le conduisait à son nouveau club. Le vol a été organisé par le pilote britannique David Henderson, à la demande de l’intermédiaire Willie McKay et de son fils Mark, l’agent mandaté par Nantes pour mener à bien le transfert de Sala, qui déclarent avoir payé la totalité du voyage. Cardiff a toujours assuré pour sa part avoir proposé un vol commercial au joueur, qui l’a décliné, même s’il s’est inquiété avant le décollage de l’état du petit avion.

Le FC Nantes se dit « stupéfait »

Dans l’entourage du FCN, on est « stupéfait par la énième manœuvre de Cardiff qui ne cesse de manipuler ce drame et d’instrumentaliser la presse et l’opinion publique » et on est « d’une grande sérénité face aux provocations du club gallois qui durent depuis un an ». « Personne n’est dupe, poursuit ce très proche du club nantais. Comme par hasard, cette plainte tombe deux jours après les hommages à la disparition il y a un an de Sala et quelques jours avant le dépôt du mémoire de Cardiff devant le Tribunal arbitral du sport ».

En effet, une autre affaire judiciaire est ouverte depuis plusieurs mois. Nantes réclame le paiement du transfert à Cardiff, qui s’y refuse en évoquant des irrégularités dans le transfert et dans l’organisation du vol qui a coûté la vie au joueur de 28 ans et à son pilote, David Ibbotson, 59 ans. Fin septembre, la Fifa a donné raison à Nantes et ordonné le paiement d’une première tranche de 6 millions d’euros, mais Cardiff a saisi le Tribunal arbitral du sport, dont la décision n’est pas attendue avant juin. En revanche, la publication du rapport des enquêteurs britanniques sur l’accident est attendue fin mars.