Coupe du monde féminine: Les Bleues sont «obnubilées» par les Etats-Unis depuis décembre, admet l'adjoint Philippe Joly

FOOTBALL L'adjoint de Corinne Diacre était le préposé à la conf' du jour à Claireofontaine

N.C. avec AFP

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Philippe Joly, l'adjoint de Corinne Diacre à la tête de l'équipe de France féminine.
Philippe Joly, l'adjoint de Corinne Diacre à la tête de l'équipe de France féminine. — FRANCK FIFE / AFP

Deux jours après la qualification de l'équipe de France pour les quarts de finale de la Coupe du monde, l'entraîneur-adjoint Philippe Joly est venu en conférence de presse, ce mardi, à Clairefontaine. On ne sait pas si c'est fait exprès ou s'il s'agit d'un simple hasard, mais le timing est exactement le même que pour Guy Stéphan, qui était venu parler à la presse entre l'Argentine et l'Uruguay l'été dernier à Istra. Cela portera-t-il chance aux Bleues? En attendant de le savoir, l'adjoint a balayé de nombreux sujets, avouant notamment que ce quart qui arrive face aux Etats-Unis est dans la tête des joueuses depuis très longtemps. 

Comment appréhendez-vous ce match?

C'est le match de référence que tout le monde attendait depuis le tirage au sort. Inconsciemment, tout le monde avait ça derrière la tête, d'où la pression qu'il y a pu avoir sur le dernier match (contre le Brésil). Je pense que pour les Américaines aussi. Vous avez pu voir le match d'hier contre l'Espagne avec une performance un peu mitigée (...) Est-ce qu'elles n'étaient pas déjà sur ce match attendu contre le pays-hôte?

Les Bleues disaient pourtant ne pas y penser...

Il faut être honnête, depuis décembre, tout le monde est obnubilé par ce quart de finale. Après, dans notre préparation, on a pris match après match. Mais oui, inconsciemment, ce match contre les Etats-Unis était au fond de la tête. Maintenant, il va falloir le vivre à 100%.

Le trio d'attaque Rapinoe-Morgan-Heath est-il le meilleur du monde, la gardienne et la défense les points faibles?

Pour moi, l'axe central défensif a beaucoup d'expérience. Elles sont très performantes dans le placement et l'anticipation, avec un niveau rare, peut-être moins dans l'impact et le duel. Les trois attaquantes ont une expérience extraordinaire. Rapinoe et Morgan ont un palmarès extraordinaire. Elles sont capables sur un ballon de briser des lignes, de faire une différence. Heath sur le côté, je n'ai pas vu beaucoup de filles capables d'enchaîner crochet et frappe comme elle l'a fait contre la Suède. Elle a une vitesse balle au pied assez phénoménale, il y a un danger permanent.

Quels points communs entre votre quart contre elles et votre victoire amicale en janvier?

En janvier, c'est particulier. C'est une partie de la saison qui n'est jamais évidente pour les Américaines. Aujourd'hui, même si elles n'ont pas montré un grand visage sur le dernier match, moi je dis, vigilance ! Il y a des joueuses de qualité, un jeu bien rodé, avec des filles expérimentées qui sont capables de revenir sur leurs fondamentaux.

On parle beaucoup de la force mentale américaine, y a-t-il une force mentale française?

Vous ne voyez pas ce qu'il se passe tous les jours ou dans les vestiaires. Si les mots détermination, engagement ou concentration font partie de ce que vous dites, je pense qu'elles sont dans un état d'esprit et une force mentale qui est au top. Elles savent où elles mettent les pieds, elles ont pris conscience de tout ce qu'il y avait autour, d'extra-sportif. Mentalement, je pense qu'elles seront présentes au rendez-vous.

Corinne Diacre est moins expansive que vous, pourquoi prend-elle autant de distance?

Elle a sa personnalité. Tout le monde parle de rigueur et d'exigence, oui, mais pour moi, cette rigueur et cette exigence sont bien placées. C'est pour mettre les joueuses dans les meilleures conditions sur le terrain, leur donner des billes pour contrarier l'adversaire. C'est le job premier du sélectionneur. Sa communication, ça lui appartient.

Vous avez occupé les mêmes fonctions par le passé, qu'est-ce qui a changé ? Les Bleues feront-elles mieux?

En 2007, avec Bruno Bini (ancien sélectionneur), on avait des filles pas professionnelles, avec tous les profils de métiers. Aujourd'hui le professionnalisme fait qu'elles sont capables de faire des efforts différents athlétiquement. La préparation est totalement différente de ce que je pouvais faire à l'époque. Les clubs se structurent avec des entraîneurs de gardiennes de but, des préparateurs athlétiques. Après, sont-elles capables de faire des meilleures performances? Ce n'est pas le même contexte, mais je vais vous dire oui, parce que je le veux (sourire). Les filles sont concernées depuis le premier jour par cette compétition. Elles ont vraiment dans la tête cette finale à Lyon. Maintenant on est à deux petites finales pour arriver à la grande finale.