France-Brésil: «Elles étaient très tendues»… Pour la première fois, Diacre avoue que son équipe s’est mise trop de pression

FOOTBALL Face au Brésil, l'équipe de France a parfois paru dépassée par les événements

Aymeric Le Gall

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Corinne Diacre et Eugénie Le Sommer, après la difficile victoire sur le Brésil.
Corinne Diacre et Eugénie Le Sommer, après la difficile victoire sur le Brésil. — FRANCK FIFE / AFP
  • Malgré la qualification contre le Brésil, les Bleues sont apparues fébriles dimanche soir au stade Océane.
  • Après la rencontre, Corinne Diacre a admis que son équipe n’avait pas joué de manière assez libérée.
  • C’est la première fois du Mondial que la sélectionneuse admet que ses joueuses ont ressenti la pression de la victoire.

De notre envoyé spécial au Havre,

Il aura finalement fallu que le spectre de l’élimination plane réellement au-dessus de la tête des joueuses de l’équipe de France pour que les masques tombent enfin. Alors que jusqu’ici Corinne Diacre jurait que son groupe était imperméable à toute pression, la sélectionneuse a fini par avouer après la difficile qualification contre le Brésil que la réalité était peut-être un chouïa différente. Le vernis de la communication et des éléments de langage a fini par s’effriter sous l’effet d’une première période inquiétante de la part des Bleues pour enfin laisser la place à la sincérité.

On a donc eu dimanche la confirmation que les Françaises n’étaient pas que des machines sans émotion ni doute, et que, même si elles répétaient à l’envi qu’il ne peut pas y avoir de pression quand on joue au foot quand d’autres se lèvent aux aurores pour « aller travailler à l’usine », les Tricolores ont été inhibées par la force de l’événement.

« Ça ne nous ressemble pas »

Voilà pourquoi on a eu droit à cette première période préoccupante pendant laquelle « on n’arrivait pas à aligner trois passes de suite », dixit Wendie Renard. « On ne récupérait pas beaucoup le ballon, on courait beaucoup après et quand on l’avait on avait du mal à enchaîner les bonnes séquences. Ça ne nous ressemble pas », admettait Elise Bussaglia après le match. « Je ne peux pas dire que j’ai complètement reconnu mon équipe ce soir, concédait aussi la sélectionneuse en conférence de presse au terme de la soirée. C’était une première période difficile. J’avais un groupe très tendu. Effectivement, on n’a pas aligné trois passes, c’est ce que je leur ai dit à la mi-temps. Je leur ai demandé de jouer, de se libérer tout simplement, de prendre du plaisir à jouer au foot parce que jusque-là elles se mettaient une telle pression qu’on en oubliait complètement les fondamentaux. »

Pour Corinne Diacre, ce gros coup de moins bien n’est pas à rechercher dans le changement de système opéré face à la Seleçao. « Passer d’un 4-2-3-1 à un 4-4-2, je ne vois pas où est la difficulté, d’autant qu’on a déjà travaillé tout ça à l’entraînement. Pour moi, c’est à mettre sur le dos de la pression, sur l’enjeu. On sait que la pression est sur nos épaules. Vous savez, ce n’est pas facile… Il faut avoir été sportif, très sincèrement, pour le comprendre, ce n’est pas facile de jouer devant un public aussi nombreux, on peut accorder à un moment donné le droit aux joueuses d’avoir un peu de pression et de moins jouer sur leur valeur. »

Une piqûre de rappel avant les quarts de finale

Si Wendie Renard partage le constat de sa coach, elle ne croit pas en revanche que cela soit forcément dû à la peur de l’élimination. « En première mi-temps, on n’a pas joué du tout. On aurait dit que le ballon nous brûlait les pieds. Ce que j’ai vu, de derrière, c’est qu’on était trop loin les unes des autres, il n’y avait pas assez de mouvements, c’était compliqué de se trouver entre les lignes alors que c’était la consigne de la coach avant le match. Mais je ne crois pas que ce soit une question de peur ou de doute. On est à la maison, il ne faut pas qu’on ait peur ou qu’on doute. »

La sélectionneuse « voulait beaucoup plus de mouvements, plus d’audace. Et puis, surtout, elle nous a dit de nous lâcher, on était sur la retenue et ça s’est senti », confiait Amel Majri après le match. A l’arrivée, les Françaises ont fini par appliquer les consignes de leur coach et la deuxième période, sans non plus avoir été transcendantales, a au moins eu le mérite de montrer que ce groupe avait le mental pour réagir. « Ce match-là va servir à beaucoup de filles et je pense qu’on va en ressortir énormément de choses positives pour la suite », concluait Amel Majri, la tête probablement déjà au quart de finale de vendredi face à l’Espagne ou aux Etats-Unis.