Coupe du monde 2018: «Il a gagné en sérénité», Didier Deschamps (et les critiques) vu par son adjoint Guy Stéphan

FOOTBALL Guy Stéphan est venu en conférence de presse ce lundi, et c’était bien intéressant…

Nicolas Camus

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Didier Deschamps et Guy Stéphan avant France-Argentine, le 29 juin 2018 à Kazan.
Didier Deschamps et Guy Stéphan avant France-Argentine, le 29 juin 2018 à Kazan. — FRANCK FIFE / AFP

De notre envoyé spécial à Istra,

S’il y en a un qui connaît bien Didier Deschamps, c’est lui. Guy Stéphan est l’adjoint de DD depuis 2009, quand l’actuel sélectionneur de l'équipe de France est arrivé sur le banc de l’OM.

Les deux hommes, qui ont appris à se connaître lors de l’Euro-2000, quand l’un était le capitaine des futurs champions d’Europe et l’autre dans le staff de Roger Lemerre, ne se sont plus quittés depuis. Son passage en conférence de presse, ce lundi à Istra, était l’occasion de parler de leur lien, de leur travail ensemble, et de la façon dont Deschamps vit cette Coupe du monde.

« Je le trouve très à l’aise »

« La complicité s’est affirmée au fil du temps, des difficultés. Parce qu’il y en a eu, à Marseille, surtout la troisième année, retrace-t-il. On a aujourd’hui beaucoup de proximité, on échange beaucoup. Et je trouve que depuis neuf ans, il a gagné en sérénité. Je le trouve très à l’aise… détendu, pour reprendre ce qu’avait dit Sam [Umtiti]. »

La question qui taraudait les journalistes était de savoir comment le sélectionneur avait vécu le premier tour, avec des matchs gagnés mais compliqués, et l’approche des huitièmes de finale, avec des critiques naissantes à son égard. S’il avait perdu, il aurait tout entendu sur son incapacité à faire jouer cette belle génération. « Il n’était pas tendu, assure Stéphan. Il a bien préparé son affaire. Vous savez, on connaît les règles du jeu. On sait ce qui aurait pu se passer. C’était clair et net dans notre esprit, mais on ne l’a jamais évoqué. Il n’y avait pas de stress particulier. »

Ce qui n’empêche que ça a cogité sévère pendant tout le début du tournoi. Au sujet des critiques, la réponse de l’adjoint est longue, mais très intéressante - comme l’ont été toutes ses prises de parole, d’ailleurs. Voilà ce que ça donne, (presque) in extenso.

« C’est vrai que les matchs de poule ont été laborieux par moments. Mais mon sentiment personnel, c’est que toutes les équipes moyennes se sont améliorées, et nettement, sur le plan de l’organisation défensive. Regardez l’Iran, la Corée, et d’autres. Aujourd’hui, toutes les équipes savent bien défendre et ne laissent pas d’espaces. Le Pérou et le Danemark sont déjà de bonnes équipes à la base, mais maintenant elles défendent parfaitement. C’est dur de jouer, de trouver des solutions, contre ces équipes. On comprend cette excitation de voir l’équipe de France réussir, marquer des buts, mais il faut comprendre aussi que l’adversaire en face fait tout ce qu’il faut pour contrecarrer nos projets. Il y avait beaucoup de questions après le Danemark, il y en a moins aujourd’hui, mais dans quatre jours on aura d’autres problèmes Il ne faut pas qu’il y ait d’euphorie, la compétition nous attend, elle est difficile mais c’est plus agréable de préparer un quart de finale dans ce climat, c’est sûr ».

Parmi les grands moments de cette Coupe du monde, Stéphan retient la causerie après l’Australie, et celle avant l’Argentine. Des discours forts, qu’il a observés de son poste reculé. Comme d’habitude. « Un adjoint, c’est l’homme de l’ombre. Il faut l’accepter, bien le vivre, sinon il faut faire autre chose », dit-il. A priori, lui ça a l’air d’aller.