Équipe de France: Pour le fils de Guy Stéphan, «ce n’est absolument pas dégradant d’être le numéro 2 de Didier Deschamps»

INTERVIEW Entraîneur de l’équipe réserve du Stade Rennais, Julien Stéphan évoque la relation entre son père et le sélectionneur des Bleus…

Propos recueillis par Jeremy Goujon

— 

Guy Stéphan et Didier Deschamps, avant le début de l'Euro 2016.
Guy Stéphan et Didier Deschamps, avant le début de l'Euro 2016. — T. Camus / AP / Sipa

Avant les deux prochains matchs de qualification pour le Mondial 2018 de l’équipe de France, notamment celui contre la Bulgarie vendredi (20 h 45), entretien avec Julien Stéphan, entraîneur de l’équipe réserve du Stade Rennais (CFA), et fils de l’adjoint de Didier Deschamps chez les Bleus, Guy Stéphan.

À l’instar de votre père, vous avez arrêté très tôt cotre carrière de joueur, et démarré très vite celle d’entraîneur…

Oui, mais pour des raisons bien distinctes. Lui, malheureusement, n’a jamais pu revenir après un accident de voiture [à 29 ans, en juillet 1986]. Moi, c’était par choix [à 27 ans]. Aujourd’hui, on ne fait pas le même métier. Lui est orienté exclusivement sur le professionnalisme, alors que je travaille sur les jeunes et la post-formation. Je n’ai pas voulu être coach pour faire du copier-coller avec mon père, et je n’ai jamais souhaité tirer profit de sa position dans le foot français. Je me suis engagé là-dedans par passion, même si, bien sûr, on échange très régulièrement sur le job.

Julien Stéphan (à droite), ici lors d'un match amical entre la réserve du SRFC et celle du FC Nantes, en octobre 2015.
Julien Stéphan (à droite), ici lors d'un match amical entre la réserve du SRFC et celle du FC Nantes, en octobre 2015. - ROUGE Mémoire

Comment percevez-vous la relation Deschamps-Stéphan ?

Je trouve qu’il y a une très belle complémentarité entre les deux. Depuis maintenant quelques années, papa est redevenu le numéro 2, rôle qu’il avait au début de sa carrière [auprès de Raymond Domenech et Jean Tigana à Lyon, entre 1992 et 1995]. Ça lui convient parfaitement, dans le sens où la loyauté et la fidélité entrent en ligne de compte. Il a complètement ces valeurs-là en lui, et je suis fier de ce qu’il dégage.

Votre père n’a plus été le n°1 depuis la sélection du Sénégal (janvier 2003-juin 2005), et, en club, depuis Bordeaux (1997-1998). Être en première ligne ne lui manque pas ?

Pas du tout. Ce n’est absolument pas dégradant d’être le n°2 de Didier Deschamps. C’est un rôle à part entière, avec également beaucoup de responsabilités. Pas médiatiques, mais dans le fonctionnement du groupe, dans la cohérence du projet mis en place. Je sais qu’il s’épanouit dans cette mission-là.

>> A lire aussi : Stade Rennais: Ousmane Dembélé peut-il vraiment aller à l'Euro?

Avant l’Euro 2016, aviez-vous fait du « lobbying » en faveur d’Ousmane Dembélé, pour que celui-ci participe à la compétition ?

Non, ce serait me prêter beaucoup trop d’importance ! Tout le monde connaissait Ousmane, le staff de l’équipe de France l’avait déjà observé pendant plusieurs mois. Je suis content pour lui qu’il ait pu avoir sa première convocation contre l’Italie, et qu’il puisse s’exprimer au mieux avec Dortmund.