Roland-Garros: Chez les Burruchaga, après Jorge le champion du monde de foot, voici Román l'espoir du tennis argentin

TENNIS A 17 ans, l’Argentin Román Burruchaga participe au tournoi juniors de Roland-Garros. Il veut se faire un prénom dans un autre sport que son père, champion du monde de football avec Diego Maradona en 1986

Nicolas Stival

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Román le joueur de tennis et Jorge le footballeur, deux générations de Burruchaga.
Román le joueur de tennis et Jorge le footballeur, deux générations de Burruchaga. — Nicolas Stival / 20 Minutes et Le Sport / Sipa
  • Sorti des qualifications, puis tombeur d’une tête de série, Román Burruchaga dispute ce mardi le second tour du tournoi juniors de Roland-Garros.
  • Fan de Djokovic et Federer, le jeune Argentin de 17 ans est le fils de Jorge, ancien milieu offensif de Nantes et buteur décisif lors de la finale de la Coupe du monde 1986 contre l’Allemagne.
  • Resté au pays, l’ancien footballeur essaie de ne pas mettre une pression excessive sur les épaules de l’apprenti tennisman.

A Roland-Garros,

Burruchaga. Un patronyme qui convoque des souvenirs, noyé dans la masse anonyme du tableau juniors de Roland-Garros. Jorge Burruchaga, c’est sept saisons d’albums Panini à la page FC Nantes, de 1985 à 1992. Puis une autre année, plus oubliable, à Valenciennes.

C’est surtout un but mythique lors de la finale de la Coupe du monde 1986, celui de la victoire de l'Argentine contre la RFA (3-2), au bout d'une longue course précédée d'une merveilleuse ouverture de Diego Maradona. Mais en 2019, porte d’Auteuil, on ne parle que du fiston, Román (17 ans), qui participe à son premier Grand Chelem.

Sorti des qualifications, ce fan de Novak Djokovic et de Roger Federer, 65e mondial chez les juniors, dispute ce mardi son match du deuxième tour face à l’Italien Flavio Cobolli (41e), « un ami », assure l’Argentin. Pour cela, le frère de Mauro, milieu de terrain du Chievo Vérone, a dû créer l’exploit dimanche face à l’Australien Rinky Hijikata, son aîné d’un an, tête de série numéro 16.

Et ce qu’on en a vu sur le court 12 correspond à l’autoportrait que dresse le jeune homme, mené un set à zéro avant de lâcher les chevaux pour s'imposer après un combat de plus de deux heures (3-6, 7-5, 6-4) : « J’ai un jeu très agressif, j’aime contre-attaquer et monter au filet ». « C’est un combattant, qui ne lâche jamais rien », ajoute José Luis Domínguez, envoyé spécial du quotidien argentin La Nación à Roland-Garros.

Déjà champion du monde, comme papa

« Tout petit, je jouais au football et au tennis, mais à 6 ou 7 ans, le tennis me plaisait davantage et j’ai abandonné le foot. » Champion du monde par équipes des moins de 14 ans en 2016, sparring partner de l’équipe d’Argentine de Coupe Davis en septembre dernier, Román souhaite, assez logiquement, « évoluer contre les meilleurs joueurs du monde ». « Gagner un tournoi du Grand Chelem ? C’est un rêve », ajoute l’adolescent (1,80 m, 75 kg), bien plus démonstratif sur un court que devant un micro.

Et qu’en pense notre confrère argentin ? « C’est difficile à prévoir, répond José Luis Domínguez. Le passage de junior à pro, c’est toujours compliqué. Et puis, c’est aussi difficile d’être le fils d’un sportif de très haut niveau, même s'il ne s'agit pas du même sport. Pour l’instant, il n’est pas vu comme Román mais plutôt comme le fils de Jorge. »

L’ancien milieu offensif aux 57 sélections, qui a abandonné au mois de mars son poste de manager de l'Albiceleste, est resté au pays. Il a bien sûr félicité à distance l'apprenti champion après son succès de dimanche. « Il me conseille et m’appuie dans tout ce que je fais, assure Román, éliminé ce lundi du tournoi de double. C’est très bon d’avoir un père avec cette expérience. »

On sent toutefois le jeune homme réticent à s’épancher sur le rôle du paternel. Sans doute le bassine-t-on assez chez lui avec cette filiation, pour ne pas en rajouter devant un journaliste français inconnu.

Jorge Burruchaga et un ami, le 22 mai 2018 à Buenos Aires.
Jorge Burruchaga et un ami, le 22 mai 2018 à Buenos Aires. - Juan Mabromata / AFP

Apparemment, l'ancien footballeur de 56 ans prend bien soin de ne pas mettre trop de pression sur les épaules du plus jeune de ses quatre enfants. « Jorge n’a jamais dit : "c’est mon fils et il va faire une grande carrière", reprend le journaliste de La Nación. Il le laisse suivre sa voie. »