Roland-Garros: Benoît Paire s’en veut d’avoir perdu «tout seul» mais se réjouit de ce qu’il a vécu sur le Lenglen

TENNIS Benoît Paire a perdu contre Kei Nishikori après avoir servi pour le match

W.P.

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Benoît Paire peut s'en vouloir
Benoît Paire peut s'en vouloir — Michel Euler/AP/SIPA

Vous avez été frustré par Benoît Paire, défait en cinq manches contre Kei Nishikori en huitièmes de finale de Roland-Garros? Pas de panique, l’Avignonnais s’en veut aussi. « C’est moi qui le perds un peu tout seul et je m’en veux », a-t-il lâché en conférence de presse d’après-match. Lucide, le bonhomme est conscient d’avoir balancé un match pourtant loin d’être acquis sur sa partie dominicale (il était mené deux sets à un avant l’interruption dimanche) : « Ce match s’il se jouait en trois ou quatre sets, je dois le perdre, mais en cinq sets je dois le gagner. »

Le Japonais lui a donné tellement d’opportunités qu’on peut difficilement contredire Paire sur ce coup. Le Français a servi pour le match et eu une occasion de plier la rencontre sur le service adverse, mais les nerfs ont fini par gagner la partie en son for intérieur. « J’ai commencé à cogiter, à penser à la victoire, je sais que c’est ce qu’il faut pas faire mais c’est pas ma faute. C’est comme ça. Aller servir une première balle pour se retrouver en quarts c’est pas la même chose que le premier service du match. »

Paire enfin aimé du public

Frustré à chaud, Benoît Paire est à peu près sûr de se satisfaire de son Roland 2019, où il visait la deuxième semaine après une saison sur terre encourageant. « C’est bien je me sens quand même bien, j’ai pas de pépins, ça restera un bon Roland », se convainc-t-il. Le public du Lenglen, qui s’était déjà distingué lors de Wawrinka-Tsitsipas, y est pour quelque chose. Et le Sudiste, presque touchant, s’en est montré reconnaissant.

« J’ai rarement vu des ambiances comme ça, dès mon premier match c’était exceptionnel. Pour moi, des ambiances comme ça, voir un public acquis à ma cause c’était du jamais vu. D’habitude il y a toujours des gens qui m’aiment pas trop parce que je casse des raquettes (rires) mais là c’était un peu la France contre le reste du monde. Le public a de suite répondu présent. Hier ça m’a beaucoup aidé dans le tie-break du deuxième. Ça me fait un bien énorme de me retrouver en France d’avoir cette ambiance. Ils m’ont aidé et ils m’aideront par le futur quand je serai en difficulté. J’aurais pu faire mieux et j’en avais les capacités. J’ai envie de revivre ces choses-là. »

Coup de bol pour lui, il y a un autre tournoi du Grand Chelem le mois suivant. Par contre, pour performer à Wimbledon, il va falloir corriger ce service, Benoît. Quinze doubles fautes, c’est un tout petit peu trop.