Benoît Paire et Pierre-Hugues Herbert, deux amis mais une seule place pour le troisième tour de Roland-Garros.
Benoît Paire et Pierre-Hugues Herbert, deux amis mais une seule place pour le troisième tour de Roland-Garros. — Christophe Saïdi / Sipa et Kommersant / Sipa

TENNIS

Roland-Garros: Des vacances ensemble au deuxième tour de Roland… Paire vs Herbert, comment faire quand on joue contre un pote?

Benoît Paire et Pierre-Hugues Herbert, amis dans la vie, se retrouvent ce mercredi au deuxième tour de Roland-Garros

  • Le duel tricolore entre Benoît Paire et Pierre-Hugues Herbert, ce mercredi à Roland-Garros, est aussi un match entre bons amis.
  • « 20 Minutes » a interrogé le préparateur mental Raphaël Homat et Lucas Pouille, spécialiste de la question, pour analyser cette bromance tennistique.

A Roland-Garros,

Bon, ce n’est pas Montaigne et La Boétie, ni même Chevallier et Laspalès. Mais oui, Benoît Paire (30 ans) et Pierre-Hugues Herbert (28 ans) sont amis. Et ils se retrouveront ce mercredi sur le court Suzanne-Lenglen pour se disputer une place au troisième tour de Roland-Garros.

Après son entrée facile réussie contre Copil, le bouillant Avignonnais avait dressé un portrait flatteur de l’Alsacien, auteur d’une formidable remontada en cinq sets face à Medvedev : « Je l’apprécie beaucoup sur le terrain, j’aime son style de jeu, en dehors c’est un mec génial. On a passé quelques jours en vacances ensemble. »

Mais ce n’est pas trop dur de s’aligner contre un pote ? Quand l’autre monte à la volée, a-t-on plus de scrupules à l’allumer que s’il s’agissait d’un adversaire lambda ? Est-ce que ce type d’oppositions débouche forcément sur une purge ?

Le duel transalpin entre Fognini et Seppi a donné une première réponse ce mardi. Le beau Fabio estime sans surprise que « c’est toujours difficile de jouer contre un ami italien ». Mais le récent vainqueur de Monte-Carlo n’a pas eu trop d’états d’âme pour écarter son copain en jouant « un excellent tennis, surtout au premier set ».

Gare à la blessure !

Histoire de sortir la tête de l’ocre, on s’est aussi tourné vers un préparateur mental, qui officie auprès de nombreux sportifs. « Je ne pense pas que ça puisse avoir une incidence sur les joueurs, sauf si l’un des deux est diminué physiquement, car en face, ça reste un ami », juge Raphaël Homat.

Lequel estime toutefois qu’il y a à peu près autant de cas que d’individus. « Peut-être certains diront : » je coupe les ponts pendant 48 heures « alors que d’autres rigoleront encore sur WhatsApp une heure avant le match… Mais couper les ponts peut faire monter la pression, faire rentrer plus tôt dans le match, ce qui peut amener à laisser plus d’énergie mentale. »

Pour Lucas Pouille, « le hic, c’est le public »

En matière de bromance tennistique, on a aussi interrogé un spécialiste : Lucas Pouille. Le Nordiste aime passer des vacances avec Herbert (décidément) et David Goffin, voire Jo Tsonga. « Les deux vont réussir à faire abstraction, analyse le facile vainqueur du qualifié italien Simone Bolelli. Le hic, c’est le public. Quand tu joues contre un étranger à Roland, pas de problème. Quand c’est un match entre deux Français, les spectateurs sont partagés. C’est le seul truc de dommage quand on rencontre un Français et un ami. »

On l’a compris : leur amitié ne devrait pas empêcher Paire (38e mondial) et Herbert (43e) de se mettre une bonne peignée, comme à Marrakech mi-avril, lorsque le premier l'avait emporté (6-4, 6-2). A ce jour, le méridional mène deux à un dans ses confrontations face à son copain du nord-est.

Mais pour Raphaël Homat, « l’idéal, c’est l’indifférence, la neutralité ». « L’émotion génère du mouvement, interne ou externe, précise le préparateur mental. Si je joue contre quelqu’un que je ne supporte pas, cela risque de me faire déjouer. » Mais là encore, il peut y avoir des exceptions. Et l’on reparle de l’éruptif Fabio Fognini. « Visiblement, il est plutôt bon quand il est dans l’adversité. »